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Pascal Broulis attaque au pénal un journaliste du «Tages Anzeiger»

Le ministre des Finances n’en est pas à sa première procédure contre des journalistes.

Pascal Broulis semble se passionner pour la vie des médias. Et pas uniquement par le biais de la justice.
Pascal Broulis semble se passionner pour la vie des médias. Et pas uniquement par le biais de la justice.
Jean-Bernard Sieber

Alors que le projet d’aide à la presse annoncé par le gouvernement vaudois se fait attendre, la «Neue Zürcher Zeitung» révèle jeudi que le conseiller d’État Pascal Broulis a déposé une plainte pour diffamation contre Philipp Loser, journaliste du «Tages-Anzeiger». Le Ministère public zurichois a ouvert une instruction pénale. Il s’agit de la deuxième plainte du chef du Département des finances à l’encontre d’un journaliste du «Tagi», propriété de Tamedia, qui édite notamment «24 heures». En mars dernier, «Le Temps» avait signalé l’existence d’une procédure civile contre Philippe Reichen, le correspondant en Suisse romande du «Tages-Anzeiger», qui avait révélé des «incohérences» dans le statut fiscal du ministre des Finances.

Cette fois, le doyen du Conseil d’État attaque au pénal. En réalité, cette plainte est vieille d’une année. Elle a été déposée le 21 décembre, selon la «NZZ». Elle trouve son origine dans un papier du 29 septembre 2018 de «Das Magazin», un supplément du «Tages-Anzeiger». Philipp Loser avait alors écrit que Pascal Broulis «faisait de l’optimisation fiscale de manière éhontée». Le mois suivant, l’élu vaudois avait eu un droit de réponse. Mais il a été jugé incomplet par l’intéressé qui a fini par déposer une plainte.

Le Conseil d’État vaudois n’est pas encore prêt à clarifier la nature de ces procédures. À la question de savoir si M. Broulis agit en tant que citoyen ou comme chef du Département des finances et si l’État de Vaud prend en charge les frais liés à ses plaintes, le chancelier répond comme suit: «Le Conseil d’État s’est doté d’un règlement interne en la matière et prévoit d’en informer le Grand Conseil d’ici à la fin de l’année au travers de la réponse à l’interpellation de M. Buclin.» Pour rappel, le député d’Ensemble à Gauche a déposé son interpellation le 14 mai dernier. L’Exécutif avait un délai légal de trois mois pour y répondre.

Pascal Broulis semble se passionner pour la vie des médias. Et pas uniquement par le biais de la justice. Le 18 novembre, le ministre des Finances a accordé une longue interview au «Temps» pour vendre un colloque sur l’avenir de la presse organisé par la Fondation pour la collaboration confédérale, qu’il préside. Vendredi dernier, il s’est encore fendu d’une tribune sur la question dans le journal «La Région Nord vaudois». Le conseiller d’État y écrit: «Au premier rang des dangers relevés figure l’intrusion – même bien intentionnée – du politique dans les rédactions.»

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