Passée inaperçue, la mort d’un requérant interpelle

AsileMalgré des contrôles quotidiens, le cadavre d’un homme est resté plusieurs jours dans sa chambre du foyer de Malley.

Les faits ont eu lieu début septembre au sein du foyer Lausanne-Chablais, situé à Malley.

Les faits ont eu lieu début septembre au sein du foyer Lausanne-Chablais, situé à Malley. Image: PHILIPPE MAEDER

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Mort dans l’indifférence. Les faits sont relatés par Le Courrier et remontent à la première semaine de septembre. Le vendredi 8, précisément, un requérant d’asile est retrouvé sans vie dans sa chambre du foyer Lausanne-Chablais de l’Établissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM), situé à Malley. Problème: le décès semble remonter à plusieurs jours et personne ne s’en est rendu compte, pas même les surveillants qui contrôlent les lieux tous les soirs entre 20h et 22h.

La victime est un homme majeur, séparé de la mère de son enfant et au bénéfice de l’aide d’urgence. C’est justement parce que sa petite fille lui rend parfois visite qu’il dispose d’une chambre individuelle au sein de la structure.

Le Courrier affirme qu’un surveillant a vu l’homme dans son lit le lundi et le mardi, malgré l’obscurité, avant qu’il ne soit signalé absent les mercredi et jeudi puis retrouvé mort le vendredi. Or, toujours d’après nos confrères, sa carte magnétique indiquerait qu’il est entré pour la dernière fois dans sa chambre le lundi.

«Nous pouvons simplement annoncer que les investigations menées sous la conduite du procureur n’ont mis en évidence aucun indice en faveur de l’intervention d’un tiers, précise Raphaël Pomey, porte-parole de la police de Lausanne. Les constatations médico-légales parlent en faveur d’une mort naturelle.»

À noter que, les soirs en question, différents surveillants employés par l’EVAM et une société privée se sont relayés sur place. Les vérifications ont donc pu varier d’un soir à l’autre, étant plus ou moins poussées et intrusives en fonction des agents. «Toute la difficulté est de trouver un équilibre entre contrôle des présences et respect de la vie privée, concède Erich Dürst, directeur de l’EVAM. Parfois il est préférable de mener des vérifications légères, plutôt que d’être indiscrets.» Les agents de sécurité frappent à la porte, peuvent entrer s’il n’y a pas de réponse mais ne le font pas systématiquement par respect pour l’intimité des résidents. Ils peuvent néanmoins balayer la pièce avec une lampe torche si elle est plongée dans le noir.

Le directeur souligne que l’EVAM n’a pas vocation à pister les requérants majeurs hébergés dans ses structures. «Ces derniers ne sont pas sous notre tutelle. Si quelqu’un est absent cinq jours ou plus, ses prestations financières seront déduites en conséquence. S’il n’est pas là, nous considérons qu’il n’en a pas besoin. C’est différent avec les mineurs, qui doivent être présents tous les jours. Si ce n’est pas le cas, une procédure est immédiatement enclenchée pour les retrouver au plus vite.»

Dans les colonnes du Courrier, la prise en charge de l’événement par la direction de l’EVAM est également questionnée. Le voisin de palier de la victime indique notamment qu’il attend «les condoléances de l’institution». «Le soir où le décès a été constaté, nous avons laissé la police gérer la situation, répond Erich Dürst. Par la suite, des séances ont été mises sur pied pour favoriser le dialogue mais je ne sais pas combien de personnes y ont participé. Par ailleurs, il est toujours difficile de savoir à quel point un requérant est proche de son voisin de palier afin de mettre en place une prise en charge personnalisée.» (24 heures)

Créé: 15.11.2017, 20h08

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