Mais où sont passés les mendiants Roms?

LausanneLa majorité des Roms qui faisaient la manche serait partie en France voisine. Que trois amendes depuis l'interdiction.

Une minorité de Roms a décidé de rester à Lausanne et d’exercer une activité de rue, jouer de la musique ou vendre des fleurs en papier, soumise à autorisation.

Une minorité de Roms a décidé de rester à Lausanne et d’exercer une activité de rue, jouer de la musique ou vendre des fleurs en papier, soumise à autorisation. Image: Vanessa Cardoso

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C’était le 1er novembre dernier à minuit. L’interdiction de la mendicité était étendue à tout le canton de Vaud. Si la chose était déjà entendue depuis plusieurs années du côté de la Riviera ou encore à Nyon, par le biais de règlements communaux, il en allait tout autrement à Lausanne où une soixantaine de mendiants Roms étaient recensés. Une semaine a passé. Et force est de constater qu’on ne tend plus la main sur les trottoirs de la capitale vaudoise. «Nous observons désormais une présence faible de ces personnes», reconnaît la police municipale par la bouche de son porte-parole, Raphaël Pomey. Mais alors, où sont-ils passés?

Alors qu’on s’attendait à une pluie d’amendes infligées par les forces de l’ordre à des mendiants soudain devenus illégaux, le chiffre parle tout seul: en une semaine, il n’y a eu que trois contraventions. «Nous avons constaté un report de certains mendiants sur les activités de rue, qui nécessitent une autorisation délivrée par le service de l’économie, mais là encore, cela reste marginal», poursuit Raphaël Pomey. Il s’agirait surtout d’activités musicales. Des contrôles ont été effectués durant cette première semaine. Tout le monde était en règle.

Les membres de la communauté roumaine de Lausanne sont également moins présents dans les lieux d’accueil d’urgence de nuit, à savoir la Marmotte, le Sleep-In et l’Étape. Pour rappel, ils y étaient les plus nombreux de 2013 à 2016. L’année dernière, ils arrivaient en seconde position derrière les ressortissants du Nigeria. En ce qui concerne la semaine dernière, les personnes de nationalité roumaine (ndlr: sans savoir si ce sont des Roms ou des mendiants) étaient au nombre de 66 dans ces abris, contre 99 en 2017. Soit un tiers de moins.

Aucun n’a trouvé un job

«La majeure partie d’entre eux est partie en France voisine, parfois auprès de membres de leur famille, en attendant des jours meilleurs. Ou un travail», dévoile Vera Tchérémissinoff. Elle est la présidente d’Opre Rrom, l’association lausannoise d’action et de solidarité avec les Roms. D’autres seraient rentrés en Roumanie comme ils l’avaient annoncé. Quelques-uns sont restés à Lausanne malgré tout. «Ils ont demandé une autorisation pour exercer une activité de rue, comme la femme qui vend des fleurs en papier ou le couple et son ours en peluche géant», explique Vera Tchérémissinoff.

Combien ont trouvé un travail après la manifestation de jeudi dernier, durant laquelle hommes et femmes brandissaient des pancartes avec leur prénom et leur numéro de téléphone? «Aucun, admet la présidente d’Opre Rrom. Mais nous ne baissons pas les bras. Nous allons continuer à lancer des opérations de sensibilisation auprès d’éventuels employeurs.» (24 heures)

Créé: 09.11.2018, 06h48

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