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Pour les pasteurs, la robe est bien plus qu’un simple habit

Cet automne, l’Église réformée vaudoise va accueillir quatre nouveaux ministres. Comment choisissent-ils leur robe?

Les pasteurs et diacres consacrés et agrégés cette année. De gauche à droite, Catherine Novet, diacre officiante; Noémie Heiniger, pasteure; Sabine Pétermann-Burnat, pasteure; Céline Michel, diacre; Isabelle Graesslé, pasteure; Laurent Bader, pasteur officiant.
Les pasteurs et diacres consacrés et agrégés cette année. De gauche à droite, Catherine Novet, diacre officiante; Noémie Heiniger, pasteure; Sabine Pétermann-Burnat, pasteure; Céline Michel, diacre; Isabelle Graesslé, pasteure; Laurent Bader, pasteur officiant.
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«Je n’étais pas très à l’aise les premières fois que j’ai porté la robe, je ne savais pas trop comment bouger. Je craignais de m’encoubler», se rappelle le pasteur Didier Halter, directeur de l’Office protestant de la formation. Si l’habit ne fait pas le moine, la robe pastorale garde toute son importance. L’Église réformée vaudoise va accueillir officiellement quatre ministres, le 7 septembre, à la cathédrale de Lausanne. L’événement se vit en robe. Mais laquelle choisir?

«Dans le christianisme, traditionnellement les prêtres portaient une robe comme signe distinctif. Il s’agissait d’un vêtement liturgique blanc. À la Réforme, les protestants ont voulu se différencier et affirmer un rôle de magistère en revêtant une robe noire, signe d’une formation académique», explique Olivier Bauer, professeur de théologie pratique à l’Université de Lausanne. Cette habitude a évolué à partir du début du XXe siècle. «Un retour à une tradition chrétienne idéalisée et une tendance à resacraliser les Églises réformées ont ramené le vêtement blanc dans les milieux protestants», ajoute le professeur.

«J’en possède une blanche et une noire», précise la pasteure Sabine Pétermann-Burnat, qui va être agrégée dans l’Église vaudoise. «Actuellement, je porte presque exclusivement la noire, j’assume le côté réformé entre réflexion et expérience.» Sa robe n’est toutefois pas intégralement noire. «Je l’ai fait faire sur mesure et elle présente une coquetterie. La doublure est fuchsia, mais cela ne se voit pas.» Avant de rejoindre les terres vaudoises, la ministre a été consacrée en 2011 à Genève. «Avant ma consécration, je portais une aube blanche. Je n’avais pas encore terminé mes études et j’aime particulièrement le côté œcuménique de cet habit», explique cette pasteure de La Tour-de-Peilz.

Marque protestante

Le pasteur Ludovic Papaux, qui sera consacré le 21 septembre dans l’Église réformée fribourgeoise, en possède deux également, mais il privilégie la noire. «En terres catholiques, une marque propre au protestantisme est bienvenue. Tout spécialement pour les offices œcuméniques, car en portant du blanc on risque de passer pour le servant de messe.» De son côté, Agnès Thuégaz, prochainement consacrée en Valais, préfère la blanche, même si elle possède les deux modèles. «Mon père était pasteur dans l’Église vaudoise. Je l’ai toujours vu en blanc. En Valais, on m’a demandé de porter la noire pour les cérémonies œcuméniques et les apparitions à l’extérieur, notamment pour affirmer l’identité protestante.»

«Revêtir la robe fait partie d’un processus d’acquisition de l’identité pastorale et des responsabilités qui vont de pair», explique Didier Halter. «J’étais terrorisée la première fois que j’ai dû présider un culte, mais dès que j’ai revêtu mon aube je me suis sentie au service de l’Évangile», se rappelle Sabine Pétermann-Burnat. «C’est bizarre de porter cet habit, car il véhicule un statut. Il donne une position d’autorité qui ne me plaît pas forcément. Mon objectif est d’être proche des gens», explique Macaire Gallopin, pasteur stagiaire dans l’Église protestante de Genève (EPG).

De nombreuses robes pastorales ou diaconales se transmettent d’une génération à l’autre. Pour l’habit noir, il faut compter environ 1000 francs. L’aube blanche est moins onéreuse. «L’habillement a de l’importance, mais pour moi la robe pastorale n’est pas nécessaire et tout dépend des traditions. Par exemple en France, à Tahiti ou au Canada, on prêche souvent «en civil». Le complet cravate y fait parfois fonction de vêtement liturgique», relève Olivier Bauer.

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