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La patronne des localités quitte le Grand Conseil

A la tête de l’Union des communes vaudoises, Claudine Wyssa raccroche. Son regard sur les frères ennemis Canton-communes.

La députée-syndique PLR quitte le Grand Conseil et restera présidente de l’UCV.
La députée-syndique PLR quitte le Grand Conseil et restera présidente de l’UCV.
J.-B. SIEBER/ARC

Le Grand Conseil ne comptera plus dans ses rangs la présidente de l’Union des communes vaudoises (UCV), Claudine Wyssa. «Sereinement», elle a décidé de raccrocher après avoir siégé une première fois de 1999 à 2002, puis de 2007 à mardi passé. La syndique de Bussigny, 64 ans en novembre, veut «laisser la place» et «faire de l’air» dans son agenda même si «l’intérêt et la passion demeurent». Très active, elle a encore du pain sur la planche puisqu’elle va rester encore à la tête de l’UCV.

Ces six dernières années, Claudine Wyssa a eu un pied au Canton et un autre parmi les communes. De quoi jouir d’une vue imprenable sur les relations entre ces deux échelons de la démocratie. Dans le canton de Vaud, les relations ne sont pas toujours amènes, même si les hostilités d’autrefois ont laissé la place à un partenariat circonspect. Les enjeux sont chauds. D’autant que Canton et communes parlent le plus souvent d’argent.

De gros dossiers sont en cours. La députée-syndique évoque en tout premier lieu la péréquation, soit la solidarité financière entre les communes, que le Conseil d’Etat veut modifier en vue de la réforme de la fiscalité des entreprises. «A ce stade, note Claudine Wyssa, on est dans un no man’s land puisque la RIE III fédérale a été refusée et que l’on attend de voir ce qui va se passer à Berne.»

Qui paie le squelette?

Autre sujet épineux, la police coordonnée dont la Cour des comptes vient de démontrer l’opacité (notre édition de jeudi): «A l’UCV, nous avions vu ça. Il va falloir reprendre le dossier. Je ne pense pas qu’il y a un problème au niveau de la sécurité, mais il faut régler les choses sur le plan institutionnel et sur le plan financier.»

Autre thème, l’école, où les rapports entre l’Etat et les localités sont encore bien plus fragiles. Depuis la réforme EtaCom des années 1990-2000, les communes ne payent plus les enseignants mais prennent à leur charge les bâtiments scolaires. «Nous avions proposé quelque chose de simple, reprend Claudine Wyssa. Les communes allaient financer le bâti et le mobilier, l’Etat le matériel pédagogique, y compris l’informatique. Mais tout cela patine depuis trois législatures. On en est à se demander qui va payer le squelette dans la salle de sciences ou le piano.»

Enfin, s’il fallait citer encore un domaine sensible, ce serait celui de l’aménagement du territoire. Le Plan directeur cantonal vient d’être mis sous toit avec un fort engagement du lobby des communes qui est parvenu à faire plier le Conseil d’Etat pour obtenir davantage de droits à bâtir. Le débat va reprendre cet automne sur les compétences des communes en matière d’aménagement et sur la taxe de plus-value. «La question des zones industrielles devra également être abordée.»

Fallait-il vraiment démissionner du Grand Conseil à l’aube de tous ces chantiers? «Le fait de siéger au Grand Conseil et d’être présidente de l’UCV n’est pas la norme, répond Claudine Wyssa (ndlr: Daniel Burnand avait eu cette double casquette il y a trente ans). En outre, cinq membres du comité siégeront au Parlement dès la nouvelle législature. Mon départ me permettra aussi d’être moins étiquetée politiquement, notamment face au Conseil d’Etat.»

Au cours de sa carrière, qui a démarré en 1986 au Conseil communal de Bussigny, la future ex-députée aurait bien aimé se porter candidate au Conseil d’Etat ou au Conseil national. L’alignement des planètes politiques en a décidé autrement. Elle en a pris son parti et a trouvé de quoi satisfaire son plaisir de la chose publique à d’autres échelons: «Je ne suis pas frustrée.»

Elle quitte un parlement qu’elle a vu beaucoup changer: «Par rapport à l’époque où nous siégions à Perregaux, le Grand Conseil est devenu un vrai contre-pouvoir. Et si le Conseil d’Etat arrive devant lui aujourd’hui avec des projets déjà lissés, c’est précisément parce qu’il a pris la mesure de ce contrepoids.»

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