Les paysans sont toujours en tête des candidatures

Elections communales 2016Parmi les 1935 candidats aux Municipalités, un sur quatre est un indépendant. Attachement au patrimoine et flexibilité expliquent notamment cette proportion.

«On travaille sur place, ce qui permet d’être à disposition de la population», souligne le syndic de Montricher, Didier Amez-Droz.

«On travaille sur place, ce qui permet d’être à disposition de la population», souligne le syndic de Montricher, Didier Amez-Droz. Image: JEAN-PAUL GUINNARD

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Ils représentent 1,7% de la population vaudoise. Mais ils comptent pour 14% des 1935 candidats aux Municipalités pour les élections communales du 28 février. Ils, ce sont les agriculteurs. Avec les artisans et les entrepreneurs, ils représentent même un quart des Vaudois qui briguent un poste de syndic ou de municipal.

Les profils professionnels des candidats aux Exécutifs vaudois sont extrêmement variés, révèle l’enquête de 24 heures auprès des communes. Les données sont disponibles sur notre site Internet, rangées dans une dizaine de catégories professionnelles. Les métiers de l’agriculture viennent donc en tête avec 270 candidats, dont 11 femmes. Ils sont éleveurs, viticulteurs ou arboriculteurs. Dans 17 communes, ils sont trois ou plus à se présenter aux élections.

Viennent ensuite les représentants des arts et métiers, et les entrepreneurs: 258 personnes. A la troisième place, 160 concurrents travaillent dans la finance et de l’économie. Les 145 ingénieurs sont quatrièmes, devant les 136 retraités. Les domaines «santé-social» et «enseignement» comptent chacun 109 candidats, tandis que les juristes et les avocats sont 47. Seuls 5 candidats disent être étudiants. Enfin, 674 candidats n’entrent dans aucune de ces catégories, avec des métiers parfois très rares.

Les métiers des candidats (source: 24heures)

Pourquoi la première place revient-elle aux paysans? D’une part, les communes rurales sont très nombreuses dans le canton. En outre, les agriculteurs sont fréquemment au centre de la vie d’un village: «On travaille sur place, ce qui permet d’être à disposition de la population», estime le syndic de Montricher, Didier Amez-Droz, également agriculteur.

«Ils possèdent le territoire»

«Sans compter que nous sommes des indépendants et pouvons organiser notre emploi du temps sans mettre en péril notre exploitation», explique Jacques-Yves Deriaz, agriculteur et municipal à Baulmes. Autre facteur influent, un agriculteur est un propriétaire. «Il a donc un patrimoine et s’intéresse à défendre la commune où sa famille se trouve depuis plusieurs générations», ajoute Jacques-Yves Deriaz.

Les agriculteurs ont certains intérêts à sauvegarder, comme la politique agricole ou la défense du paysage, selon le politologue René Knüsel, professeur à l’Université de Lausanne. «Ce sont aussi eux qui possèdent l’essentiel du territoire et ils veulent donc le défendre. Il ne faut pas oublier qu’un agriculteur est un indépendant et, dans cet esprit, il sait qu’il doit monter seul au filet.»

A la direction du Centre Patronal, Christophe Reymond fait la même analyse pour les entrepreneurs et les artisans. «Ils ont l’habitude de prendre des responsabilités dans leurs entreprises et en prennent donc plus facilement en dehors.» N’est-on pas aussi avantagé dans les affaires en étant municipal, un poste à grande visibilité? Christophe Reymond n’y croit pas. «Les avantages sont compensés par les désagréments du poste. De plus, on peut se faire des ennemis en tant que municipal.»

Et les conflits d’intérêt?

Didier Amez-Droz voit même un désavantage pour certains métiers. «Si vous êtes électricien et municipal, et que vous effectuez un travail pour la Commune, on peut vous reprocher d’avoir obtenu ce mandat grâce à votre poste et vous pouvez être ennuyé, note-t-il. Heureusement, comme agriculteur, je n’ai pas ce souci. La question des conflits d’intérêts ne se pose pas, sauf éventuellement dans le cas d’une vente de terrain.»

Créé: 08.02.2016, 09h01

Des métiers rares ou peu connus

Manuel Reis, silotier à Croy

Dans le mot «silotier», il y a bien sûr le mot «silo». C’est la réponse de Manuel Reis quand il explique son métier. Il travaille au centre collecteur de Landi
à Orbe. «Mon job consiste à gérer la collecte des céréales produites par des paysans de la région, leur stockage et leur triage. Elles sont ensuite acheminées vers différents moulins dans toute la Suisse, qui les transforment.» Côté politique, il voit dans sa candidature un prolongement de son intégration dans le village, où il habite depuis cinq ans et où il est entraîneur de foot. (Image: Jean-Paul Guinnard)

Sellière

Claire Thévenaz (Fiez)

Comme sellière, Claire Thévenaz travaille avant tout le cuir. Et des selles? Elle-même ne fabrique pas de selle, mais les répare. «En fait, je travaille le cuir, répare certains objets et réalise des articles sur mesure», explique-t-elle. Parmi ses œuvres, elle cite des courroies de cloches de vaches notamment, mais aussi des brides et des harnachements pour les chevaux, des sacoches et des ceintures. Sa candidature à la Municipalité, elle veut en profiter pour promouvoir ses convictions sociales et écologiques. (Image: Jean-Paul Guinnard)

Gemmologue

Jacques Serneels (Tartegnin)

Son métier, c’est l’identification des gemmes, c’est-à-dire des pierres précieuses ou semi-précieuses comme le diamant, le rubis, le saphir ou l’émeraude. Jacques Serneels a formé avec plusieurs spécialistes un centre de compétences pour l’horlogerie à Lonay. «Maintenant que mon entreprise fonctionne, j’ai davantage de temps pour me consacrer à mon village. Un travail que l’on ne peut pas faire à moitié! Avec le projet de fusion autour de Rolle, il y a de beaux défis à relever.» (Image: Vanessa Cardoso)

Articles en relation

Découvrez notre annuaire de tous les candidats aux Municipalités

Elections communales Notre plateforme permet de connaître l'âge ou le domaine d'activité des candidats aux élections du 28 février. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.