Les «petites mains» de la restauration en vedette

HôtellerieGastroVaud et le Canton lancent la campagne «Respect!» pour valoriser les métiers de casseroliers, femmes de chambre ou serveurs

Image: Jean-Bernard Sieber

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Au siège de GastroVaud ce vendredi, c’est peu dire qu’on y faisait le grand écart. Au restaurant, on célébrait les 125 ans de l’institution à l’enseigne du Repas des Etoiles: 7 grands chefs aux fourneaux, 125 convives et 16 tables au nom de prestigieux toqués, de Girardet à Rochat en passant par Rabaey ou Crisci. Les petits plats dans les très grands. Au même étage, changement radical d’ambiance puisqu’on y appelait au respect des petites mains que sont les serveurs, les casseroliers et les femmes de chambre. «Densément étoilée, notre hôtellerie-restauration ne serait rien sans la contribution d’employés que la lumière des guides n’atteint jamais», a rappelé Gilles Meystre, président de GastroVaud.

C’est justement pour valoriser ces métiers «connotés négativement» qu’une campagne d’affichage est lancée. On y découvre trois employés sur leur lieu de travail. L’image est barrée du slogan «Respect!» «Notre message s’adresse aux professionnels. Le but est de renforcer le placement des chômeurs et de faciliter le recrutement sur le marché local. Valoriser ces métiers de l’accueil est essentiel», a expliqué le conseiller d’Etat Philippe Leuba, en charge de l’Economie et du Sport. La branche affiche en effet un taux de chômage de 10% dans le canton de Vaud, soit le double des autres secteurs d’activité. En 2016, près de 2500 personnes cherchaient un boulot auprès des Offices régionaux de placement dans ce secteur. Pour moitié, ces demandeurs d’emploi n’avaient pas de formation professionnelle achevée. Le paradoxe, c’est que durant cette même période, on recensait près de 900 places vacantes.

«Faire entrer ces personnes dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, ce n’est pas compliqué. Ce qui l’est davantage, c’est de les faire rester», poursuit Gilles Meystre. Il faut dire que ces métiers sont éprouvants. Un casserolier peut laver jusqu’à 800 assiettes par jour, une femme de chambre prendre soin de 22 chambres et un serveur parcourir près de 18 kilomètres. «C’est Morat-Fribourg», image Philippe Leuba. La campagne vise aussi à lutter contre le travail au noir, quand on sait que sur 500 contrôles effectués par année, 25% des employés n’ont pas de permis de séjour.

Un employé sans formation, qu’il soit casserolier ou femme de chambre, gagne 3417 francs par mois. Le salaire minimum d’un serveur avec CFC se monte quant à lui à 4120 francs. (24 heures)

Créé: 17.03.2017, 18h43

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