Une pétition pour sauver le libre choix du médecin

PolitiqueLe Parti socialiste appelle les Vaudois à se mobiliser.

La conseillère nationale vaudoise Rebecca Ruiz (PS) en est convaincue: «Aujourd’hui, c’est le libre choix de son médecin qui est menacé.»

La conseillère nationale vaudoise Rebecca Ruiz (PS) en est convaincue: «Aujourd’hui, c’est le libre choix de son médecin qui est menacé.» Image: KEYSTONE

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L’abandon du moratoire sur l’ouverture de cabinets médicaux, décidé par le National le 18 décembre, n’en finit pas de faire des vagues. Surtout dans le canton de Vaud, où les élections communales se tiennent le 28 février. A gauche, on assume: c’est un bon terrain pour se différencier du Parti libéral-radical et de l’UDC, responsables du vote controversé.

Indignation

Le conseiller d’Etat socialiste Pierre-Yves Maillard a proclamé son indignation et durcit le ton contre les assureurs. Quant à son parti, il juge la situation «assez grave» pour «mobiliser la population». Une pétition a été lancée entre Noël et Nouvel-An par le PS vaudois. En solo pour aller vite. Sur le modèle de la pétition lancée il n’y a pas si longtemps contre les primes maladie payées en trop.

L’appel est baptisé «Pour le libre accès au médecin – Contre l’explosion des coûts!» comme si l’abandon du moratoire mettait fin au libre choix du médecin. La conseillère nationale Rebecca Ruiz reconnaît un raccourci discutable, mais elle défend la démarche: «Le camp qui a voté l’abandon du moratoire poursuit un objectif: la fin de l’obligation faite aux caisses de rembourser tous les médecins. Il faut empêcher cette politique.»

Paradoxe

L’angle d’attaque sacralisant le libre accès aux médecins renvoie à un paradoxe. D’un côté, les Suisses sont très attachés au libre choix du médecin. La votation du juin 2012 sur les réseaux de soins l’a montré de manière éclatante: 76% des votants, et même 92% des Vaudois ont balayé la loi qui voulait favoriser les réseaux de médecins et donc les modèles d’assurance alternatifs. Mais les Suisses sont toujours plus nombreux à contracter un modèle d’assurance limitant leur liberté – le plus répandu est le passage obligé chez le généraliste, seul habilité à aiguiller le patient vers un spécialiste. En 2014, 63% des assurés ont fait ce choix, tendance croissante (+3 à 5% par an selon SantéSuisse). Avec les franchises à option déjà retenues par près de 3 millions d’assurés, c’est le meilleur moyen de payer une prime plus basse.

Ce paradoxe renvoie à la grande difficulté de négocier des solutions d’avenir. Le réseau de soins, associé à un abandon du libre choix du médecin, est souvent considéré comme le moyen le plus prometteur pour maîtriser les coûts de la médecine ambulatoire.

Divisé

Le Parti socialiste, prompt à se présenter comme le grand défenseur des assurés, est toutefois profondément divisé sur cette évolution. Le conseiller fédéral Alain Berset a défendu avec conviction la loi sur les réseaux de soins. Pierre-Yves Maillard, lui, avait mis tout son poids à la combattre, plaçant ses espoirs dans la création d’une caisse publique, ce que les Suisses ne veulent pas.

Créé: 06.01.2016, 17h11

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