Les petits bleus font leur baptême du feu

Défense incendie Une volée de 507 recrues vient de commencer sa formation pour rejoindre la grande famille des pompiers volontaires. Reportage.

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Comment éteint-on un feu? Avec de l’eau, évidemment. En fait, rien n’est moins sûr, comme l’ont appris quelque 70 jeunes pompiers volontaires, dont une dizaine de femmes, la semaine dernière à la caserne de Gland. Autour d’un brasier allumé dans un champ, un groupe de jeunes gens équipés de pied en casque boit les paroles de l’instructeur. «Pour différents types de feu, il y a différents types de produits d’extinction. Face à un feu au magnésium, n’y allez jamais avec de l’eau!» prévient-il. Le tas de matières en train de brûler devant eux en contient justement. Aspergé avec un simple arrosoir, il s’enflamme de plus belle. «La démonstration est assez claire», conclut l’instructeur d’une voix ferme.

Ces «bleus», issus de la campagne de recrutement cantonale de l’automne dernier, participent à deux journées de formation de base, leurs toutes premières. Au total, cette année, ils sont 507 à avoir décidé de rejoindre les soldats du feu, un chiffre qui baisse à chaque recrutement annuel («24 heures» du 28 février). Tout est donc fait pour les intégrer le plus rapidement possible dans un corps de volontaires qui a tout d’une grande famille.

«Une fois qu’ils ont terminé ces deux jours de formation, ils sont officiellement pompiers», assène le major Patrick Munier, inspecteur régional des sapeurs-pompiers à l’Etablissement cantonal d’assurance (ECA). Et pourtant, leurs premières interventions attendront, car ce n’est que le début d’une longue période d’apprentissage. «On n’envoie pas les gens au feu sans qu’ils aient toutes les capacités. Avant d’intégrer un groupe d’alarme, ils ont un an d’exercices pratiques devant eux», précise Patrick Munier.

Autour de la caserne, plusieurs équipes survolent justement les aspects très variés du métier. Cela va du b. a.-ba, comme les précautions à prendre pour installer une échelle ou manier les tuyaux, jusqu’à la gestion des débits d’eau, en passant par la découverte de l’arsenal des pompiers.

C’est que les soldats du feu ont entre les mains une technologie en constante évolution, comme en témoigne par exemple l’impressionnant tableau de bord qui se cache à l’arrière des camions-citernes. «Ce qui me plaît, c’est l’aspect technique, le matériel qu’on utilise dans la défense incendie», commente Benjamin Roth, 29 ans, concierge à Nyon. Mais s’il s’est engagé dans les pompiers volontaires, c’est aussi pour se tester. Son objectif: passer les sélections pour devenir professionnel. Dans sa volée, ils sont au moins deux à nourrir ce projet, qui implique un parcours de formation bien différent que celui qu’il vient de commencer.

Pour la plupart, les autres recrues ont quant à elles décidé de s’engager en maintenant un autre métier en parallèle. Pourtant, elles aussi pourront devenir très qualifiées dans leur domaine. Une fois formées, les nouvelles recrues rejoignent un détachement qui agit en appui de pompiers plus expérimentés, actifs dans le détachement de premier secours. «Ce sont eux qui sont envoyés sur tous les types d’interventions, munis d’un appareil respiratoire, explique Patrick Munier. Cela demande un niveau de formation supplémentaire.»

Sur les 5780 volontaires vaudois, une bonne majorité d’entre eux se contentent d’être pompiers de base. Mais plusieurs spécialisations s’ouvrent à ceux qui veulent aller plus loin. Ils peuvent, par exemple, passer leur permis poids lourd, acquérir des compétences de machiniste et même suivre des cours de management, dispensés depuis quelques années aux membres des états-majors. Pour Patrick Munier, c’est un élément important dans l’attractivité des services de défense incendie: «Toutes ces compétences sont précieuses pour nos sapeurs-pompiers, mais aussi pour leur employeur. C’est un message que nous essayons de faire passer de plus en plus pour sensibiliser à la nécessité de cet engagement.» (24 heures)

Créé: 16.03.2017, 07h04

Samuel Cottier

17 ans, Le Vaud

Pas encore majeur, Samuel est sans doute le benjamin de la troupe ce jour-là. «Etre pompier, c’est mon rêve depuis toujours. Je fais partie des jeunes sapeurs-pompiers depuis l’âge de 9 ans!» Et pourtant, contrairement à beaucoup de ses camarades, la lutte contre le feu n’est pas dans ses gênes. «C’est un copain d’école qui m’en a parlé. Ça m’a mis le doigt dans l’engrenage!» Pour ce tout jeune contrôleur chez les CFF, c’est le service à la population qui fait toute la différence. Concilier son engagement avec son job ne s’annonce pas trop compliqué. Par contre, aucun doute: les pompiers auront la priorité sur les loisirs.

Marion Gallay

28 ans, Borex

«Pour moi, m’engager dans les pompiers était d’abord un challenge personnel.» Elle a beau être fille et petite amie de pompier, la jeune employée de commerce voulait surtout changer son quotidien, pas assez physique à son goût: «En voyant les affiches pour le recrutement, ça a été le déclic. Je me suis dit, c’est fait pour moi!» Et que pense-elle du fait d'être une fille dans ce monde d’hommes? Ça ne l’impressionne pas: «Dans ma caserne, je serai la seule, semble-t-elle réaliser d’un coup. Mais une bonne partie sont des copains. Rien que dans ces journées de formation, on sent tout de suite l’esprit d’équipe.»

Luca Giglio

18 ans, Nyon

«Mon père était pompier à Nyon. Quand j’étais petit, il m’emmenait souvent à la caserne. Quand on est plongé aussi tôt dans une passion, c’est facile de suivre la même voie.» L’apprenti gestionnaire de commerce a rejoint les jeunes sapeurs pompiers quand il avait dix ans, et pense rejoindre la même caserne que son papa, disparu entre-temps. «Ça m’a renforcé dans mon choix de rejoindre les pompiers. J’ai envie d’aider et donner de mon temps libre. Mais j’apprécie aussi le fait que c’est un engagement qui demande de l’entrain. Il faut avoir un peu de passion du risque, de l’incertitude. On ne sait jamais quand on va être appelé.» (Image: Odile Meylan)

Recrutement: On ratisse large

Le recrutement des sapeurs-pompiers volontaires se fait annuellement lors d’une campagne à l’échelle cantonale fixée cette année au 2 novembre. Les aspirants peuvent s’inscrire dans la caserne de leur choix afin de participer à cette journée d’information, pour autant qu’ils aient au moins 18 ans au moment de leur incorporation. Ils peuvent signer immédiatement, ou alors se donner un petit délai de réflexion avant de s’engager.

Les services de défense incendie ont actuellement de plus en plus de mal à recruter. Ainsi, seul un petit nombre d’entre eux organisent des sélections afin, notamment, de tester la motivation de leurs futures recrues. Autrement, seul un certificat médical suffit. Les jeunes qui ont suivi la formation des jeunes sapeurs-pompiers, entre 8 et 18 ans, peuvent en principe se passer de participer aux deux journées de formation de base. En pratique, ils sont encouragés à les suivre pour soigner dès que possible l’esprit de corps cher aux pompiers volontaires.

Infos sur le recrutement www.118-info.ch

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