Pour la pharmacienne, tenter de tuer sa fille était un effet secondaire de médicaments

ProcèsLa sexagénaire qui avait tiré plusieurs coups de feu sur sa fille à Lausanne en 2017 peine a expliquer son acte. «J'étais confuse.»

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les explications peinent à se dessiner pour tenter de comprendre ce qui a poussé une sexagénaire a ouvrir le feu sur sa fille un jour de juin 2017 dans un immeuble de l'avenue Vinet où toutes deux résidaient et dont l'accusée est propriétaire.

Au premier jour de son procès pour tentative d'assassinat, l'Italienne désormais détenue à la Tuilière, a invoqué son esprit confus en guise d'explication.

Avare de réponses ciblées mais généreuses en détails alambiqués, elle a confirmé avoir souffert d'une dépression assortie de pensées suicidaires. Bien qu'elle nie avoir été sous influence de substances au moment des faits, elle estime que son traitement médicamenteux a pu causer un état psychique propice au passage à l'acte.

En particulier, l'usage prolongé d'un somnifère puissant, normalement administré sur de courtes périodes, lui aurait causé des dommages durables: «Mon cerveau peut avoir subi des dégâts.»

Alors qu'elle avait évoqué par le passé devant témoins son intention de mettre fin à ses jours, emportant sa fille avec elle, y a-t-il eu un élément déclencheur? «J'avais des problèmes à 360 degrés, au travail, avec la gestion de l'immeuble.»

Pourquoi, alors qu'elle préparait son suicide, aurait-elle chargé l'arme de sept balles? «Parce que c'est ainsi que l'on fait au stand», informe la tireuse sportive.

Pourquoi, alors que sa fille l'appelle de son appartement, monte-t-elle la rejoindre avec son sac contenant son ordinateur et son arme? Pourquoi demande-t-elle à voir le petit lapin qui vivait dans l'appartement? A-t-elle voulu que sa fille lui tourne le dos pour tirer?

«V0us savez, quand on a décidé de se suicider, je vous assure que la tête n'est pas normale. Les gestes que l'on a fait, que l'on n'a pas faits, c'est difficile à expliquer», note-t-elle, sans laisser transparaître autre émotion que l'agacement de devoir se remémorer cet épisode.

Elle en déplore toutefois les conséquences: «Ce n'était pas une faute d'avoir tiré, c'était du désespoir. Maintenant j'essaye de tenir malgré la monstruosité de la situation. C'est monstrueux d'être en chaise roulante.»

«Je garde espoir qu'un jour nous ayons de véritables relations mère-fille»

Atteinte par deux voire trois projectiles, selon l'examen de l'unité romande de médecine forensique, la victime âgée aujourd'hui de 29 ans est restée paraplégique.

Entendue hors de la présence de sa mère, qu'elle n'a plus revue mais avec qui elle échange encore régulièrement, elle a déclaré avoir pardonné et imploré la clémence des juges.

«C'est quelqu'un de confus, pour qui j'ai de la peine. Oui, elle avait des problèmes d'alcool et de médicaments, je sentais que quelque chose de grave allait se produire. Mais quand elle allait bien elle avait toujours été là pour moi. Et j'ai tout fait pour tenter de l'aider, j'ai même raté des examens car j'étais restées auprès d'elle des nuits entières. Je garde espoir qu'un jour elle pousse mon fauteuil et que nous ayons enfin une vraie relation mère-fille.»

Créé: 24.06.2019, 13h52

Articles en relation

La tireuse était sa mère

Coups de feu à Vinet Jeudi, une femme de 61 ans a tiré sur sa fille de 27 ans dans un appartement de l’avenue de Vinet. La victime a été transportée à l’hôpital dans un état grave. Plus...

Jeune femme blessée par balle dans un appartement

Lausanne Une violente dispute aurait dégénéré entre un homme et une femme en fin de journée jeudi à l'avenue Vinet. Un suspect aurait été interpellé par la police. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 7

Paru le 19 septembre 2019
(Image: Bénédicte) Plus...