Pierre-Yves Maillard a gagné, tonnerre de Brest!

SyndicatsLe conseiller d'Etat vaudois a été élu ce samedi à la présidence de l'Union syndicale suisse. Il a devancé sa concurrente, la Saint-Galloise Barbara Gysi, par 115 voix contre 88.

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Le destin de Pierre-Yves Maillard sera syndical. Le ministre vaudois a été élu ce samedi à Berne à la tête de l'Union syndicale suisse (USS), la plus grande faîtière de travailleurs du pays.

Après une candidature ratée au Conseil fédéral en 2011, le socialiste a réussi son test devant les 212 délégués syndicaux réunis au Kursaal de Berne. Il quittera ses fonctions de ministre entre mai et juin 2019, après quatorze années au Conseil d'Etat.

Les candidats se sont présentés dans la matinée. Barbary Gysi, adversaire de Pierre-Yves Mailard, a pris la parole en premier. La Vaudois a pour sa part rappelé ses combats pour le social. Et évoqué les avancées concrètes apportées par la RIE III (troisipme réforme fiscale des entreprises) dans le canton de Vaud.

Des questions ont été posées aux candidats. Que faire, concrètement, pour attirer de nouveaux membres et des membres féminins? Pierre-Yves Maillard a rappelé la grève chez Charles Veillon en 2002, laquelle a permis à de nombreuses militantes de s'engager. «Quand on est présent sur le terrain, on permet à des personnes de s'engager ensuite dans les structures.»

Il a notamment évoqué ses combats politiques, comme le référendum réussi contre la libéralisation du marché de l'électricité au début de la dernière décennie. «Je suis pour une treizième rente AVS mais aussi pour un treizième salaire pour tous.» Et d'ajouter peu après: «Forcer des gens à aller à l'aide sociale après avoir travaillé pendant quarante ans n'est pas digne d'un pays comme le nôtre.» S'il est élu, a-t-il précisé, il prendra la présidence «entre mai et juin 2019, parce qu'il faut réélire quelqu'un au Conseil d'Etat vaudois... et peut-être une femme. »

La question féminine

Plusieurs délégués ont pris la parole pour soutenir un candidat ou l'autre. La question féminine a été largement abordée.

Depuis sa création« l'USS a presque toujours été présidée par un homme. A compétence égale, je donne la préférence à une femme», dit Cora Antonioli, du Syndicat des services publics (SSP). «Avoir une femme à la tête de l'USS, c'est un atout. Cela ne peut que donner de la crédibilité à notre organisation. Montrons l'exemple!»

«Je suis fière d'être syndicaliste, en tant que femme. Mais la Suisse romande et le Tessin sont sous-représentés, réplique Véronique Polito (Unia). Je soutiens sans hésiter la candidature de Pierre-Yves Maillard, qui a organisé des grèves avec des femmes et avec des hommes.»

Clément Dubois,de la commission LGBT, estime en revanche qu'il est« plus que temps de mettre une femme à la tête de l'USS. A plusieurs reprises pendant cette campagne Barbara s'est montrée plus respectueuse des différents courants et des minorités. En un mot, moins machiste. J'ai été étonné d'entendre dans les soutiens de Pierre-Yves Maillard qu'il serait plus décidé, plus viril, bref, qu'il aurait plus de testostérone.»

«Besoin d'un phare»

«Ce n'est pas une question de genre, mais de compétence, juge un autre délégué. Il sait faire des compromis et c'est un politicien confirmé. Les militants ont besoin d'un phare.»

Mike Nista, président de la commission du personnel de Bosch, a témoigné en faveur de Pierre-Yves Maillard. «Tu as permis de sauver l'entreprise, c'est quelque chose qu'on n'oublie pas.» C'est un «véritable syndicaliste, virulent et tenace, dit un autre. Je l'ai vu à l'oeuvre dans le monde de l'industrie, c'est un combattant.»

Certains, tel Agostino Soldini (SSP), ne se sont reconnus dans aucun des deux candidats, «trop éloignés de la militance, de la lutte des classes et anticapitaliste».

Le poids d'Unia

Au final, Pierre-Yves Maillard a été élu par 115 voix, alors que Barbara Gysi en a récolté 88. Un résultat net. Même si certains syndicalistes ont fait remarquer que «c'est à peine plus que le nombre de voix de la délégation d'Unia», qui pèse lourd dans la composition de l'USS (environ 200'000 membres sur 380'000). Le comité central d'Unia avait déclaré vouloir soutenir le Vaudois au début septembre déjà.

«Félicitations à Pierre-Yves Maillard pour son élection à la tête de l’USS avec un score si net», a réagi Nuria Gorrite, présidente du Conseil d'Etat vaudois, sur Facebook. «Je suis vraiment heureuse de savoir que les syndicats ont fait confiance à cet homme pugnace et droit pour porter les combats à mener. Et je suis aussi heureuse pour lui à titre personnel. Même si j’éprouve déjà le regret de le voir partir du gouvernement vaudois.» (24 heures)

Créé: 01.12.2018, 16h01

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