Pierre-Yves Maillard est bien parti dans la course

Union syndicale suisse En décrochant l’appui du comité d’Unia, le Vaudois se place en tête pour accéder à la présidence de l’Union syndicale suisse. Il quitterait le Conseil d’État au printemps 2019.

Pierre-Yves Maillard a fait un bond de géant vers la présidence de l’USS.

Pierre-Yves Maillard a fait un bond de géant vers la présidence de l’USS. Image: Laurent Gillieron/Keystone

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Pierre-Yves Maillard peut y croire. Le Vaudois a fait un bond de géant ce mardi vers la présidence de l’Union syndicale suisse (USS). Il a reçu l’appui du comité central d’Unia, le plus grand syndicat du pays. Auditionné en même temps que la Saint-Galloise Barbara Gysi, il s’est montré plus convaincant. Le comité d’Unia a décidé d’en faire son champion par 24 voix contre 3 et 4 abstentions. Un soutien massif, sachant qu’Unia, avec ses 200 000 membres, est la plus grande fédération de l’USS, laquelle en compte 350 000.

«Sa candidature est une chance»

Mais pas question pour Pierre-Yves Maillard de crier victoire. «Je suis touché par ce vote très net et par la confiance qui m’est accordée, dit-il. Mais ce n’est qu’un premier pas et le processus s’annonce encore long.» Il devra être élu par le congrès de l’USS le 1er décembre. D’ici là, le ministre vaudois va «prendre contact et dialoguer avec les autres fédérations. Ce n’est pas une élection politique et il est souhaitable d’être élu à une majorité confortable.» Pas question pour l’instant de lâcher son job de conseiller d’État. En cas d’élection le 1er décembre à la tête de la faîtière syndicale, il ne quitterait pas ses fonctions avant mai ou juin 2019.

Mardi, le PS vaudois s’est fendu d’un solennel «Bravo, Pierre-Yves!» Sa présidente, Jessica Jaccoud, chante les louanges du candidat vaudois: «Le fait que la plus grande fédération de l’USS lui apporte son soutien nous réjouit. Sa candidature est une chance: il incarne la lutte syndicale et les combats victorieux.» Secrétaire chez Unia et député PS, Arnaud Bouverat estime que Pierre-Yves Maillard est l’homme de la situation: «À l’époque où il était secrétaire syndical à la FTMH, à la fin des années 90, il y a eu un regain de conflictualité et plusieurs grèves sont apparues, dont il était la cheville ouvrière. Mais en même temps, il a su construire des compromis inédits entre les syndicats et le patronat vaudois.»

L’étape de ce mardi renforce le scénario d’une complémentaire pour le Conseil d’État en 2019 et relance la course à la succession. Le PS indique travailler sur une stratégie. «Nos réflexions sont bien avancées», assure Jessica Jaccoud. Mais pas question de dévoiler quoi que ce soit à ce stade.

Plusieurs noms de papables circulent. Parmi eux, celui de la municipale lausannoise Florence Germond. Sa réponse est claire: «Je ne suis pas candidate. Pour l’instant je m’engage à fond pour la Ville et j’aimerais aller jusqu’au bout de mes projets.» Syndic de Lausanne, Grégoire Junod ne compte pas non plus se lancer dans la course: «Je ne suis syndic que depuis deux ans, cela ne ferait pas sens de briguer le Conseil d’État.»

D’autres candidats pressentis ou potentiels n’ont pas répondu mardi à notre coup de sonde.

La candidate citée partout

Un nom revient cependant sur toutes les lèvres au PS: celui de la conseillère nationale Rebecca Ruiz, qui serait la favorite. Un camarade de parti juge que «la candidature de Rebecca Ruiz est si forte qu’elle pourrait faire l’unanimité à l’interne en dissuadant d’autres personnes de se lancer». La principale concernée estime cependant «prématuré d’en parler. Je n’ai jamais caché mon intérêt pour un exécutif mais il est encore trop tôt pour se poser la question et y répondre.»

L’affaire serait donc pliée avec une candidature unique? Pas si vite… Le nom d’une autre papable est cité en coulisses: Ada Marra. Contactée, la conseillère nationale «ne se prononce pas» sur cette question, laissant par conséquent planer le doute sur son éventuel intérêt.

À droite, la nomination de Pierre-Yves Maillard par Unia en réjouit certains. «Si Unia soutient Pierre-Yves Maillard, cela signifie que les Tessinois ne feront pas beaucoup de poids face à lui… Il sera certainement élu», veut croire Philippe Jobin, chef du groupe UDC au Grand Conseil. Lui-même est souvent cité comme potentiel candidat de la droite dans la course à la succession de Pierre-Yves Maillard. Il ne commente pas à l’heure actuelle. Mais alors, que fera l’UDC? «Nous sommes actuellement en veille stratégique et nous n’avons pas encore établi de calendrier, temporise le député. Nous aurons besoin d’un candidat rassembleur. Notre direction exécutive doit analyser les potentielles candidatures et c’est notre congrès qui décidera. Nous réfléchissons et nous attendons que le PS désigne son candidat. Son nom et son profil donneront le ton de la bataille.» Le Parti libéral-radical (PLR) ne fait aucun commentaire à ce stade. (24 heures)

Créé: 04.09.2018, 22h09

La favorite

La conseillère nationale socialiste Rebecca Ruiz fait figure de grande favorite à la succession de Pierre-Yves Maillard au sein du Conseil d’État Vaudois.

L’intéressée n’a jamais caché son intérêt pour cette fonction. Le nom d’une autre conseillère nationale rose est cité en coulisses: Ada Marra, qui laisse planer le doute sur une éventuelle candidature.

Les femmes n’ont pas dit leur dernier mot

Pierre-Yves Maillard aurait tort de croire que la présidence de l’USS est dans la poche après la décision d’Unia. Deux femmes sont en lice pour lui souffler le trône syndical suisse: les conseillères nationales Barbara Gysi (PS/SG) et Marina Carobbio (PS/TI).
Barbara Gysi, qui est poussée à la présidence de l’USS par l’Association du personnel de la Confédération, a un handicap: Elle vient du même canton que le président sortant, Paul Rechsteiner. Elle compte le combler en brandissant l’étendard des femmes dans un milieu syndical encore largement masculin. Mais ce n’est pas une garantie de succès. Barbara Gysi avait échoué en 2015 à devenir la cheffe du groupe parlementaire socialiste aux Chambres. Elle avait été battue par un… Vaudois, un certain Roger Nordmann.
La candidature de Marina Carobbio est considérée par certains comme plus dangereuse pour Maillard. Médecin, vice-présidente de l’Asloca Suisse, elle espère être présentée par le Syndicat des services publics. Elle réagit avec flegme à la nomination de Maillard par Unia. «C’était une décision attendue. Pour ma part, j’estime cependant qu’il est temps d’avoir une femme à la présidence de l’USS.»

Marina Carobbio a toutefois un gros problème à régler. Elle deviendra en décembre la présidente du Conseil national. Une tâche d’une année qui va l’accaparer et qui n’est guère compatible avec une présidence active de l’USS. «C’est aux syndicats de voir s’il est possible de trouver une solution.»

Et quid du rival romand, le conseiller national valaisan Mathias Reynard? Ce dernier reste en stand-by. Il ne veut pas faire d’ombre à Maillard, avec qui il se concerte. Il se lancera dans la bataille uniquement si un gros blocage contre le Vaudois se manifeste dans des centrales syndicales. Un candidat de recours donc. Sauf dans un cas: «Si l’USS prend une décision stratégique d’avoir une femme à sa tête, je ne me présenterai pas», lâche-t-il.

L’élection à la présidence aura lieu le 1er décembre. Mais la commission de sélection de l’USS devrait orienter la donne en octobre déjà.

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