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Piquée d’innovation, elle fait le buzz grâce aux abeilles

Nathalie Lafosse a gagné le GoodFestival qui récompense les entreprises «pour construire un monde meilleur»

Nathalie Lafosse veut aider les abeilles et les apiculteurs grâce à ses emballages artisanaux en cire d’abeille
Nathalie Lafosse veut aider les abeilles et les apiculteurs grâce à ses emballages artisanaux en cire d’abeille
Philippe Maeder

Depuis 15 jours, Nathalie Lafosse vit comme une abeille dans sa ruche au printemps, en mode hyper active. Il faut dire que la résidente de Chesalles-sur-Oron, coach en innovation et entreprenariat dans les écoles, qui se présente comme «start-upeuse», vient de remporter le GoodFestival à Lausanne, un concours international d’entreprises d’innovation durable et sociale, avec son projet «Merci les Abeilles»! Son idée: aider les abeilles et les apiculteurs grâce à la production artisanale d’emballages alimentaires écolos et de bonne conservation avec de la cire d’abeille.

La compétition se déroulait il y a dix jours au Musée Olympique sous l’égide de la Banque mondiale, les Nations Unies, les Croix-Rouge et Croissant rouge, des ONG, des multinationales, l’EPFL, la Ville de Lausanne et le canton. Lancé il y a un an, GoodFestival récompense des initiatives de développement durable qui permettent de «construire un monde meilleur», en particulier pour les populations pauvres, par des initiatives concrètes dans les domaines de l’eau, la nourriture, l’habitat, l’énergie, la santé, l’éducation, la culture ou le sport. Les organisateurs rappellent que «l’idée du GoodFestival de lancer la plus grande célébration mondiale de l’innovation durable a été testée au Consulat Suisse/Swissnex à Bangalore (Inde) en octobre 2014 grâce au soutien de la Commission fédérale pour la Technologie et l’Innovation (CTI)».

«Tout s'est bousculé!»

Les traits encore tirés par son marathon de start-upeuse, Nathalie Lafosse raconte qu’elle se voyait assister tranquillement aux workshop et présentations concurrentes avant qu’on ne la pousse à présenter son projet encore en phase de finition. «Tout s’est bousculé, dit la lauréate qui confie n’avoir pas prévu de participer au concours encore moins de gagner!». Pour relever le défi, elle a dû tourner une vidéo en deux jours, en anglais, afin d’expliquer au public et au jury son idée.

Son cœur avait été piqué lorsqu’elle a découvert que des scientifiques projetaient de remplacer les abeilles par des drones miniatures pour polliniser les plantes à fleurs et les cultures. Le projet «Merci les Abeilles» propose aux apiculteurs de fabriquer des produits dérivés de la production de miel afin de leur apporter des revenus complémentaires et de participer à sauver cette espèce gravement menacée. Nathalie Lafosse veut leur transmettre - gratuitement - la technique qu’elle met au point pour produire des emballages alimentaires conçu avec du tissu biologique imprégné de cire d’abeille. Les «beeswax wrap» en anglais sont déjà produits aux Etats-Unis et au Canada mais ne satisfont pas ses exigences de traçabilité, de recyclage ou de qualité propre à sa fonction. Car le tissu de cire d’abeille doit permettre d’emballer des fruits et légumes, recouvrir des bols ou saladiers comme un couvercle. Comme l’explique l’entrepreneuse, il peut aller au frigo, se lave avec de l’eau et du savon de Marseille ou produit vaisselle. Nathalie Lafosse lui garantit une durée de vie de 6 mois à un an avant recyclage ou élimination par compostage.

Son secret? Elle ne le garde pas pour elle car son procédé doit aussi inciter écoliers et bricoleurs à fabriquer le produit. Pour cette raison, elle vient de lancer un appel de fonds par crowdfunding sur son site, espérant récolter 50 000 francs d’ici la fin de l’année pour peaufiner sa technique et la soumettre aux certifications suisses et européennes obligatoires pour les emballages alimentaires qu’elle voudrait voir remplacer le plastique et l’alu. Elle pourra alors lancer la production artisanale de beeswraps avec des apiculteurs et des ateliers protégés, organiser des formations tout en fournissant les matériaux.

Machine à farter les skis

Nathalie Lafosse observe que la plupart des produits d’emballage artisanaux en cire d’abeille ne sont pas certifiés, alors que les procédés de fabrication ne sont généralement pas assez performants. Elle a elle-même testé plusieurs prototypes et procédés, notamment le fer à repasser mais le résultat n’est pas satisfaisant. Cette Française originaire de Haute-Savoie a donc essayé des techniques de bains Marie et d’épilation à la cire, mais aussi la machine à fart utilisée par des membres de sa famille qui font des courses de ski! Ayant travaillé dans la cosmétique, elle a eu l’idée d’ajouter de l’huile d’olive à sa recette pour donner la souplesse au tissu, ainsi qu’un dérivé de résine de pin pour l’effet adhésif.

Cette passionnée d’innovation est convaincue que sa méthode de fabrication d’un produit d’emballage local et écolo peut aider à sauver les abeilles. Merci pour elles!

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