Le platane de l'île de Peilz devient une star européenne

Lac LémanIl est le seul arbre de Suisse à avoir été retenu pour une série de documentaires de dimension européenne. A voir dimanche sur RTS1.

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Jean-Marc Fivat, photographe montreusien, est assez fier et heureux quand il raconte cette histoire. On le comprend. Pour lui, qui photographie avec talent la réserve des Grangettes et l’île de Peilz depuis plus de quarante ans, l’émission de télévision programmée dimanche est comme une reconnaissance internationale pour son travail et pour son copain le platane, âgé très exactement de 164 ans.

Au printemps dernier, il a été contacté par Camera Lucida, une équipe française de production cinéma et télévision, qui travaille notamment pour Arte et s’intéressait à l’île dans le cadre d’une série de cinq documentaires consacrés aux arbres remarquables d’Europe. Les producteurs avaient vu les images de Fivat via Internet, et ils avaient été subjugués par ce vaisseau de branches et de feuilles au milieu de l’eau (proche de Villeneuve, mais sur le territoire de Noville), sans doute unique au monde.

Fivat, lui, l’avait découvert peu après son arrivée à Montreux, en 1970, avec sa maman. Il venait de quitter la région de Payerne à la suite du décès de son père, il se retrouvait sans copains sur la Riviera, mais avait en lui, déjà, sa passion de la nature et des animaux. Autant dire qu’il prit comme un cadeau de la vie la présence toute proche à la fois de la réserve des Grangettes et de cet arbre phénoménal. Il fit un apprentissage d’installateur sanitaire, puis devint photographe, et notamment auteur d’un livre magnifique, Le Léman à tire d’ailes (Editions Slatkine), qui rassemble ce qu’il voit et aime dans cette région encore préservée.

Morrens était en lice

Donc, il accueille les producteurs en mars dernier, ils logent à Villeneuve, ils filment même l’arbre depuis leur chambre d’hôtel, et ils repartent séduits par leur séjour, malgré la pluie insistante. A l’époque, l’autre candidat romand et même vaudois présent dans le casting – parmi une centaine d’arbres d’Europe! –, c’était le fabuleux chêne de Morrens. Mais en fin de compte, c’est le platane de l’île qui est retenu pour que son histoire et sa relation avec les humains de la région soient contées dans un documentaire de 52 minutes. Les producteurs et leur équipe reviennent en mai et, là, tombent sur des lumières merveilleuses, idéales. Ces lumières, Fivat les connaît et les guette depuis longtemps en toute saison: elles lui ont permis de réaliser des cartes postales spectaculaires de l’île de Peilz, écoulées jusqu’ici à près de 30 000 exemplaires. Dans cette émission, l’arbre lémanique tiendra compagnie à un autre phénomène, un arbre grec, présenté lui aussi comme un «maître de l’eau».

Il sera sans doute question des légendes et vérités qui habillent l’histoire de l’arbre devenu mythique dans sa blancheur hivernale due au guano des cormorans. En fait, il a simplement été planté sur cet îlot artificiel, en 1851, avec deux autres platanes, qui eux n’ont pas tenu aussi longtemps. Il est vraisemblable que les trois arbres et l’île signalaient un endroit peu profond aux bateaux. Il n’y a pas si longtemps, des farceurs joyeux y ont déposé un piano; un marin de passage y a accosté pour y cueillir les champignons qui y avaient été repérés la veille; des personnages moins drôles, qui avaient projeté d’aller l’abattre, ont fait un naufrage nocturne dont ils sont sortis vivants, mais pas leur tronçonneuse; un photographe avait organisé il y a longtemps des prises de vue nocturnes, soutenu par la logistique des pompiers de Villeneuve. Et puis, les cormorans y passent l’hiver par centaines. Jean-Marc Fivat, qui a fourni images et renseignements pour l’émission, se rappelle le premier cormoran de sa vie: «C’était dans les livres que j’avais acquis avec les points Silva. Je rêvais d’en voir un, c’est l’île de Peilz qui m’a fait ce cadeau!» Et elle n’a jamais cessé de lui en faire. En 1998, son exposition, installée au château de Chillon, à quelques encablures de l’île de Peilz à laquelle elle était consacrée, avait fait un tabac. «Je voulais montrer l’inatteignable qui fait rêver et que je photographie sans me lasser.»

www.jmfivat.ch

Créé: 10.10.2015, 10h07

Le doc

«Doc découvertes. Histoires d’arbres - Les maîtres de l’eau» RTS1, dimanche, 11h10

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