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Le PLR vaudois se cherche un nouveau pilote

Frédéric Borloz lâchera la présidence en avril 2018. Le parti cherche activement des candidats.

Frédéric Borloz s’apprête à passer le témoin après cinq ans à la tête des libéraux-radicaux et un été bien occupé.
Frédéric Borloz s’apprête à passer le témoin après cinq ans à la tête des libéraux-radicaux et un été bien occupé.
Jean-Bernard Sieber / ARC

En juillet, on se demandait s’il y avait encore un pilote dans l’avion. Le Parti libéral-radical (PLR) vaudois semblait être mené au gré des vents, avec deux candidatures publiquement déclarées pour le Conseil fédéral – celles de Jacqueline de Quattro et d’Olivier Français – alors que la très attendue Isabelle Moret n’avait pas encore abattu ses cartes. «Cela n’avait rien de désordonné, c’est la méthode que nous avions choisie en juin», se défend le président du parti, Frédéric Borloz. «Contrairement à d’autres cantons, nous ne voulions pas museler les autres candidats potentiels et il s’agissait de nous donner le temps de la décision. Au final, cela nous a apporté de la visibilité», ajoute-t-il, en s’autodécernant un satisfecit au passage.

«Contrairement à d’autres cantons, nous ne voulions pas museler les autres candidats potentiels et il s’agissait de nous donner le temps de la décision»

L’épisode a en tout cas mis le président cantonal sur la sellette, forcé de monter au front pendant des semaines. «Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’été est chaud, en tout cas pour moi», avouait Frédéric Borloz lors de la rentrée politique du PLR, ce mardi à Chardonne (lire ci-contre). Un président qui serait même «en surchauffe», selon certains élus.

Chef de file du parti cantonal, président des Transports publics du Chablais et de ChablaisAgglo, Frédéric Borloz cumule la syndicature d’Aigle avec son mandat de conseiller national depuis 2015. Il a, en plus, repris au début de l’été le dicastère de la police en raison de la mise à l’écart du municipal P.R., soupçonné d’infractions économiques. Trop pour un seul homme? «Objectivement, il n’y a rien à reprocher à notre syndic, mais personne ne sait comment il fait pour gérer tout cela», avoue un élu aiglon.

«Emploi du temps chargé»

«J’aime le travail», plaisante l’intéressé. Il reconnaît toutefois avoir un emploi du temps chargé. «D’autant que mon style de présidence est assez impliqué: j’aime suivre les dossiers et prendre des décisions.» Frédéric Borloz avait déjà remis en jeu sa casquette de président en 2015. Cette fois, c’est décidé, il la lâchera pour de bon au congrès d’avril 2018. Premier président du PLR vaudois après la fusion des libéraux et des radicaux en 2012, il s’était lancé à fond dans le mandat. D’aucuns se souviennent de son premier rapport de président: cinquante-deux minutes au micro. Puis il a rempilé pour les élections fédérales, les communales et les cantonales.

A l’heure où le PLR vaudois fourbit ses armes pour une nouvelle législature lors de laquelle les rapports s’annoncent plus tendus entre la gauche du Conseil d’Etat et la droite du Grand Conseil, il est temps de passer le témoin. Officiellement, des «discussions à l’interne» seront lancées en septembre. Mais la question est déjà largement abordée au sein du parti.

«L’époque où une présidence honorifique pouvait se reposer sur un secrétariat général est révolue»

Quel profil pour le job? Idéalement «un député ou quelqu’un qui serait épaulé par des députés pour suivre la politique cantonale», estime Frédéric Borloz. Quelqu’un qui n’ait «pas peur de s’exposer» pour un salaire de «quelques milliers de francs qui ressemble plutôt à un défraiement». Bref, il faut avoir envie. Une telle fonction «est lourde, car on attend aujourd’hui d’un président national qu’il incarne son parti et cette tendance s’est transposée à l’échelon cantonal, commente l’historien politique Olivier Meuwly. L’époque où une présidence honorifique pouvait se reposer sur un secrétariat général est révolue.» Exigeant, le poste pourrait convenir à une personne qui vise un autre poste en politique.

Grégory Devaud y pense

Vice-président du PLR vaudois, le député Mathieu Blanc ne se sent pas attiré par un tel défi et il l’a déjà dit à son parti. L’avocat lausannois nourrit «une ambition politique moins forte» depuis sa candidature malheureuse à la Municipalité.

Florence Gross, d’Epesses, l’autre vice-présidente, fait ses premiers pas en tant que députée. Elle ne dit pas non, «mais le moment n’est pas forcément très opportun pour moi». Présent mardi à Chardonne, le président des Jeunes libéraux-radicaux, Loïc Hautier, du haut de ses 23 ans, estime prématuré d’y penser: «Ce serait présomptueux de ma part.»

Et si un Aiglon succédait à un autre? Grégory Devaud, qui vient d’achever son année de présidence du Grand Conseil, ne ferme pas la porte: «Je n’y ai pas vraiment réfléchi, mais pourquoi pas. Cela fait partie des choses dont nous allons discuter à l’interne ces prochaines semaines.» Les candidatures sont ouvertes.

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