Flashé à 150km/h, un policier vaudois risque la prison

LavauxUn membre de la police intercommunale de Lavaux roulait à 150 km/h sur une route limitée à 80, dans sa juridiction.

C’est sur la route du Lac, entre Treytorrens et le Vinorama, que les policiers de l’APOL avaient placé un pistolet radar. Ce long bout droit est limité à 80 km/h.

C’est sur la route du Lac, entre Treytorrens et le Vinorama, que les policiers de l’APOL avaient placé un pistolet radar. Ce long bout droit est limité à 80 km/h. Image: CHANTAL DERVEY

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L’histoire ressemble au «comble pour un policier». Un chef d’unité chevronné de l’APOL, l’Association Police Lavaux, qui couvre Bourg-en-Lavaux, Chexbres, Lutry, Puidoux, Rivaz et Saint-Saphorin, a été flashé la semaine dernière à près de 150 km/h sur un tronçon limité à 80 km/h situé dans sa juridiction, nous apprend Le Régional. L’homme, la cinquantaine, a perdu son permis et sa voiture, et a été dénoncé au Ministère public. Il sera sanctionné dans le cadre de Via sicura. Ce sont d’autres membres du même corps de police qui ont flashé le chef d’unité sur la route du Lac, sous le Dézaley (Puidoux), à l’aide d’un pistolet radar. C’est en relevant les données de l’engin qu’ils ont réalisé qu’il s’agissait de la voiture privée de leur collègue. Selon Charles Monod, président du comité directeur de l’APOL, cette dénonciation «est le signe que le système de police fonctionne bien. Mais c’est une histoire dramatique…»

Dire adieu à sa mère

Entendu par son commandant, puis par le procureur, le policier a expliqué avoir été prévenu que sa mère était hospitalisée d’urgence à Vevey à la suite d’un accident. «Il s’en occupe depuis vingt ans et elle était à l’article de la mort; il souhaitait pouvoir lui dire au revoir», rapporte Charles Monod, qui ajoute que, de son point de vue, «ce n’est pas une circonstance atténuante».

Le procureur général Eric Cottier ne se prononce pas sur l’affaire en particulier. Mais il explique: «C’est un raisonnement à double détente: la justice devra d’abord définir si l’explication est à prendre en compte ou non; puis, si oui, quel poids lui attribuer.» Quoi qu’il en soit, le policier, considéré comme «chauffard» selon la loi fédérale sur la circulation routière (LCR), risque 1 an de prison minimum (4 au maximum). Ferme ou avec sursis et assorti d’une amende, après appréciation de la situation personnelle et des antécédents. Il ne devrait pas revoir son permis avant un minimum de deux ans.

Un citoyen comme un autre

«De prime abord, il ne s’agit pas de punir plus sévèrement un policier, en tout cas pour une infraction de ce genre, même si on attend de lui qu’il soit irréprochable», explique Eric Cottier. Le cas rappelle celui du chef des radars de la police cantonale, qui s’était fait attraper à 217 km/h sur l’A1 en 2006. Justifiant le test d’un radar défectueux, mais n’ayant pas averti sa hiérarchie, il avait écopé de 15 jours-amendes à 150 francs avec sursis et d’une amende de 1000 francs. Aujourd’hui, Via sicura oblige, la sanction aurait été bien plus lourde.

En outre, le chef des radars avait été relégué à des tâches administratives, sans aucun homme sous ses ordres. Le policier de l’APOL pourra-t-il continuer d’exercer sa profession? C’est à sa hiérarchie qu’il incombera d’en décider. A la police cantonale, le commissaire Pierre-Olivier Gaudard, répondant presse, rappelle que «les patrons de ces polices ont toute latitude pour prononcer leurs sanctions». Il ajoute aussi que, s’il est un citoyen comme un autre, «un policier est doublement puni, car son travail en pâtira dans tous les cas».

Décrit comme «sans souci», «avec un joli parcours» et «droit comme la justice de Berne», ce «vieux flic» est apprécié de ses troupes.

En vacances, le commandant de l’APOL, Eugène Chollet, n’a pas pu répondre à nos questions. Cependant, Charles Monod indique que les sanctions disciplinaires seront prononcées après la décision de justice. Vu le cas relativement simple (preuve radar, aveux, situation personnelle connue), elle devrait être rendue sans délai. En outre, une rencontre est prévue la semaine prochaine entre le policier mis à pied et le comité directeur de l’APOL pour un débriefing. Il est actuellement suspendu.

Ancien gendarme à la police cantonale, l’homme a quatre policiers sous ses ordres. Décrit comme «sans souci», «avec un joli parcours» et «droit comme la justice de Berne», ce «vieux flic» est apprécié de ses troupes.

Créé: 25.02.2016, 21h33

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.