Pompiers prêts pour les voitures 100% électriques

SecoursLa diversification des motorisations oblige les hommes du feu à identifier les véhicules avant d’intervenir.

En arrivant sur un feu de véhicule (comme ici à Lausanne en 2017), les sapeurs-pompiers doivent d’abord identifier le type de motorisation.

En arrivant sur un feu de véhicule (comme ici à Lausanne en 2017), les sapeurs-pompiers doivent d’abord identifier le type de motorisation. Image: Dominic Favre - archives

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Une voiture en feu, c’est toujours spectaculaire. Mais pour les sapeurs-pompiers ces événements sont devenus de véritables casse-têtes. «Avec la diversification des motorisations, notre plus gros problème est désormais de savoir ce qui brûle devant nos yeux», confirme Patrick Eichelberger, référent secours routiers des pompiers lausannois.

Les voitures à gaz naturel puis les hybrides et quelques GPL françaises de passage ont créé de premières variantes. La démocratisation des 100% électriques et l’arrivée annoncée des modèles à hydrogène vont encore compliquer la donne (lire encadré). Surtout que désormais une même carrosserie peut héberger différentes technologies: essence, gaz, hybride, voire complètement électrique. Même les emblématiques Mini ou Fiat 500 existent maintenant en version «à électrons».

Pour s’y retrouver, les sapeurs-pompiers suisses disposent depuis quelques années d’une application, Crash Recovery, qu’ils consultent sur une tablette. À partir du numéro de plaque, ils peuvent retrouver quel est le type exact du véhicule qui brûle sous leurs yeux. «Nous pouvons alors visualiser toutes ses spécificités, ainsi que les systèmes de sécurité mis en place par les constructeurs», explique le spécialiste en effectuant une démonstration. Des informations qui sont, au passage, téléchargeables gratuitement sur le site du TCS et peuvent être placées sous un des pare-soleil de la voiture pour plus de sécurité.

Noyer les batteries

Si l’immatriculation est transmise en même temps que l’alerte, une première préparation peut se faire durant le trajet. Arrivés sur place, les sapeurs-pompiers savent ainsi où aller déconnecter telle prise de sécurité ou tel fusible dans le véhicule.

Mais, avec les voitures hybrides ou électriques, ils rencontrent ensuite une autre difficulté: celle d’accéder aux batteries. Pour des raisons d’abaissement du centre de gravité des véhicules, ces dernières sont souvent logées sous les planchers. Un emplacement qui complique la tâche des secours, qui doivent les remplir d’eau. Les noyer est en effet le seul moyen de les éteindre, puisque les batteries lithium-ion produisent leur propre oxygène en brûlant.

Des solutions simples existent pourtant. «Deux marques françaises installent déjà des fusibles thermiques, des sortes de trappes d’accès fondant avec la chaleur», explique le spécialiste. Pour les autres, il faut attendre que l’incendie perce la structure de la batterie. Un constructeur spécialisé préconise ainsi l'utilisation de 11000 litres d’eau pour éteindre un de ses modèles, soit le contenu de quatre camions tonnes-pompes. Or, si la batterie n’est pas noyée, le risque est grand que l’incendie redémarre. «En Belgique, une voiture électrique a repris feu quarante minutes après avoir été sortie d’une piscine où elle venait de passer vingt-quatre heures sous l’eau», illustre l’adjudant du Service de protection et sauvetage de la Ville de Lausanne.

En Suisse, la sécurisation des véhicules accidentés n’est toutefois pas du ressort des pompiers. «Leur mission est de protéger les personnes, rappelle Pascal Delessert, inspecteur régional à l’ECA. La mise en sécurité du véhicule dans des conteneurs ou des bacs remplis d’eau est du ressort du dépanneur.» Or tout le monde n’est de loin pas encore équipé. «Nous avons récemment eu une désincarcération sur un véhicule 100% électrique, reprend Patrick Eichelberger. L’extinction ne nous a pas posé de problème, mais c’était une première tant pour le dépanneur que pour l’assureur.»

Créé: 24.02.2020, 17h40

L’hydrogène brûle de manière invisible

Deux systèmes L’électrification des véhicules n’est pas la seule piste pour réduire les émissions de C02. L'hydrogène, dont la combustion ne produit que de l’eau, a aussi le vent en poupe (voir ici). «Pour nous, la particularité de ces véhicules est qu’ils cumulent deux systèmes: un gaz plus des batteries électriques», explique Patrick Eichelberger, référent secours routiers des sapeurs-pompiers lausannois.

Deux lances Le mode d’intervention est toutefois toujours le même. «Depuis l’arrivée des véhicules hybrides, nous utilisons deux lances: une pour éteindre l’incendie du véhicule et une autre qui se concentre sur la source d’énergie: batterie ou bonbonne.» L’hydrogène présente toutefois une particularité ne simplifiant pas le travail: quand il brûle, ses flammes sont invisibles. Cela oblige les hommes du feu à s’équiper de caméras thermiques. Le spécialiste en profite pour rappeler qu’en principe les véhicules à gaz n’explosent pas. «Ils sont équipés de torchères laissant échapper et brûlant le gaz en cas de surchauffe des réservoirs.» En revanche, les flammes de ces torchères peuvent dépasser 10 m de long. Les véhicules à gaz imposent donc aux pompiers de respecter des périmètres de sécurité de 50 m pour parquer leurs véhicules.

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