Les pompiers vaudois arrivent dans les temps

SinistresSelon les données annuelles des interventions, les délais de sécurité vaudois sont largement respectés lors des sorties des hommes du feu.

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Les Vaudois peuvent se rassurer: les sapeurs-pompiers sont aussi rapides que la loi le prévoit dans le canton. Un article récent du «Tages-Anzeiger» avait indiqué à tort que les bâtiments du nord-est de Lausanne se trouvaient dans une zone rouge, difficile d’accès pour les pompiers en raison du trafic routier et de l’emplacement des casernes. Il n’en est rien: les données des interventions fournies par l’Établissement cantonal d’assurance (ECA) montrent que le service du feu intervient dans les temps et avec le matériel nécessaire dans tout le canton.

Les exigences en la matière ne sont pas les mêmes dans toutes les régions vaudoises. Pour les zones urbaines, il est prévu que les pompiers arrivent à 80% du temps dans un délai de 15 à 18 minutes avec 5 sapeurs, une échelle et une tonne-pompe (le détail ici). Pour les zones extra-urbaines, le délai est plus long: de 20 à 23 minutes.

Il y a évidemment des zones d’exclusion, soit des régions qui sortent forcément du cadre des 23 minutes. Exemple? «Le chalet du Mont-Tendre: ce n’est pas possible d’y arriver en 23 minutes, explique Laurent Fankhauser, qui dirige la Division Défense Incendie et Secours. Mais il n’est pas raisonnable de mettre une caserne à proximité.» Pourquoi? La densité de population est trop faible et le réseau routier peu adéquat.


Territoire couvert grâce aux volontaires

Chaque canton a son système pour assurer un service du feu. Certains délèguent entièrement la tâche aux communes. Dans le canton de Vaud, qui a un très grand territoire, nous avons une centrale d’alarme gérée par l’ECA, quelques pompiers professionnels (120) et énormément de volontaires. Parmi ces derniers, 2500 sont des pompiers des détachements de premiers secours (DPS) et 3000 sont issus des détachements d’appui (DAP). Ils sont répartis en 30 corps de pompiers (SDIS) et réalisent 6500 interventions par année en moyenne.

Cette organisation, basée sur la mobilisation de volontaires, doit tolérer une certaine souplesse dans les temps d’intervention. Selon les données des sorties de juin 2017 à juin 2018 que recueille la centrale des pompiers, les pompiers sont arrivés dans les temps pour 90,5% des interventions. C’est bien plus que ce que le standard de sécurité vaudois requiert, soit 80%.

Au niveau national, un autre mode de calcul est recommandé par la Coordination suisse des sapeurs-pompiers (CSSP). Il prévoit, sans spécifier les moyens qui doivent être engagés, que «l’élément de première intervention» pour le feu et le sauvetage soit sur place à 80% du temps dans un délai de 10 minutes, 15 pour les zones extra-urbaines. Les interventions des pompiers vaudois respectent presque ce standard, avec 78,8% des interventions feu et sauvetage qui y correspondent. Un résultat qui surprend même l’ECA: «Je ne pensais pas qu’on tenait le standard de la CSSP, s’étonne François Iff, inspecteur cantonal de la Division Défense Incendie et Secours. C’est une norme trop ambitieuse et peu réaliste en général.»


Un maillage fin du territoire

Y a-t-il des «trous» dans le maillage du territoire vaudois? «Plus maintenant, affirme Laurent Fankhauser. Il y en avait un sur le plateau de Combremont-le-Grand, Combremont-le-Petit et Thierrens, mais nous y avons construit une caserne en collaboration avec les autorités communales.» Autre exemple aux Mosses, où la caserne de La Lécherette est exploitée en collaboration avec l’armée. Son tonne-pompe arbore ainsi les plaques militaires et vaudoises.

Il y a désormais 70 casernes dans le canton, réparties en 8 catégories selon le niveau d’équipement. Le système informatique de l’ECA gère les ressources en matériel, en véhicules et en personnel selon des règles préétablies. «À Cudrefin, illustre Laurent Fankhauser, on trouve une équipe prête pour faire du sauvetage, mais on va chercher un véhicule avec grande échelle à Payerne et un tonne-pompe à Avenches.»


Les causes des interventions

Entre juin 2017 et juin 2018, les pompiers vaudois sont intervenus au moins 6000 fois. On connaît les causes et les temps d’intervention pour 5500 de ces sorties. La plupart ont eu lieu en zone urbaine (3841), contre 1702 en zone extra-urbaine. «Le nombre d’interventions est corrélé à la densité de la population, explique François Iff. Là où l’on oublie des cuisinières, on allume des sapins, etc.»

Quelles ont été les raisons de ces milliers de sorties? Les inondations (1241 interventions) constituent la première cause, juste devant celles liées au feu (1213). Viennent ensuite les alarmes automatiques, avec 95% de fausses alertes (841), puis les événements atomiques-biologiques-chimiques comme les pollutions lors d’un accident (744).

En une année, les pompiers sont également intervenus 703 fois pour des secours de personnes. Il s’agit notamment de venir en aide aux ambulanciers lorsque les victimes dépassent un certain poids, ou alors d’intervenir avec une échelle automobile avec une nacelle de sauvetage.

450 interventions sont catégorisées comme événements «techniques», pouvant aller de clés tombées au fond d’une grille, d’une porte à enfoncer, d’une odeur suspecte ou d’une bague à couper à l’hôpital.

Les chutes de matériau (194) concernent les échafaudages, enseignes lumineuses ou arbres tombés sur la chaussée. Ces derniers ne sont pas plus fréquents en zone extra-urbaine, où il y a pourtant plus d’arbres, car dans de nombreux cas ce ne sont plus les pompiers, mais la police qui intervient avec les services de voirie.


Surprises dans les canalisations

Le sauvetage d’animaux domestiques a aussi déplacé les pompiers 85 fois. Souvent pour des bestioles plus exotiques que les chats et oiseaux de compagnie habituels: «Les nouveaux animaux de compagnie (NAC), comme on les appelle, constituent 15% de ces interventions, précise François Iff. Cela peut être des serpents, des lézards, des araignées… qui créent la panique quand on les croise par hasard.»

Seules 72 interventions concernent les accidents de véhicules (désincarcérations). D’autres causes plus rares mobilisent les pompiers sans que le grand public n’en sache rien. Le transport d’organes à transplanter, par exemple, se fait, dans certains cas, d’un hôpital à l’autre par les pompiers. «Les pompiers sont de véritables boîtes à outils universelles», se réjouit François Iff. Les incendies, désormais, ne représentent plus que 20% de leurs interventions.

Créé: 11.01.2019, 06h52

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