Premier cas d’infection dans le canton de Vaud

CoronavirusLe malade concerné travaille dans le canton, mais habite en France voisine. Son cas ne suscite pas d’inquiétude. Sa prise en charge fait partie d’un dispositif bien plus large.

Le scénario des autorités est d’utiliser l’hôpital universitaire comme lieu de soins face à l’épidémie. Deux chambres d’isolement sont réservées pour des cas positifs.

Le scénario des autorités est d’utiliser l’hôpital universitaire comme lieu de soins face à l’épidémie. Deux chambres d’isolement sont réservées pour des cas positifs. Image: PATRICK MARTIN

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L’épidémie du coronavirus Covid-19 a désormais atteint le canton de Vaud. Jeudi soir, un peu avant 21h, les autorités ont en effet annoncé avoir détecté un premier cas de coronavirus. Le patient est un homme de 49 ans. Mais en fait, il travaille dans le canton de Vaud et habite en France voisine. Son cas ne susciterait pas d’inquiétude.

«Un second cas, dans son entourage immédiat, est fortement suspect: il s’agit de son épouse», indique également le communiqué conjoint du médecin cantonal et de l’État-major cantonal de conduite (EMCC), qui chapeaute les services de secours dans les dispositifs de grande envergure.

Avec le cas vaudois, la Suisse comptait donc jeudi soir huit malades confirmés. Par contre, l’État de Vaud n’indique pas où se trouve ce patient vaudois. Au CHUV? Ou en France voisine? «Nous répondrons à ce type de questions vendredi matin, lors d’un point presse», expliquait jeudi soir Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de l’EMCC.



Salles d’isolement au CHUV

Le CHUV, en tout cas, est prêt. Car le scénario des autorités est tout de même d’utiliser l’hôpital universitaire comme lieu de soins face à cette épidémie. «Une personne atteinte par le virus serait mise à l’isolement et prise en charge dans un hôpital, prioritairement au CHUV», indiquait ainsi Éric Masserey, le médecin cantonal adjoint, avant l’annonce de jeudi soir.

«Deux chambres d’isolement sont réservées pour des cas positifs au CHUV», expliquait Catherine Cossy, porte-parole de l’hôpital cantonal, également avec l’annonce de 21h. «Les Services des urgences, des soins intensifs et des maladies infectieuses sont prêts à accueillir un cas, sous la supervision de l’équipe d’hygiène hospitalière.»

Et que se passerait-il en cas d’afflux? La solution devrait se trouver en partenariat avec l’État de Vaud et les autres hôpitaux, selon Catherine Cossy: «Des solutions sont actuellement à l’étude pour prendre en charge de nombreux patients nécessitant des soins aigus, dans le but de conserver le maximum de capacité du CHUV pour des cas sévères et également pour les patients qui sont atteints d’autres pathologies.»



Plusieurs semaines de préparation

Le Conseil d'État tient à rassurer: il n’a pas attendu qu’un premier cas se déclare en Suisse pour agir. «Cela fait plusieurs semaines que nous nous préparons», indique Rebecca Ruiz, conseillère d’État socialiste à la tête du Département de la santé. «Jusqu’ici, près de 90 tests ont été effectués et d’autres sont encore en attente. Parmi les mesures sanitaires déjà prises depuis plusieurs semaines, nous avons fait en sorte que le CHUV ait un laboratoire capable d’effectuer ces tests.» Jusqu’alors, ils devaient être réalisés aux HUG, seuls capables de les effectuer en Suisse romande.



Des mesures pas uniquement sanitaires

Même si un malade a été repéré et que plusieurs Vaudois ont été mis en quarantaine à leur domicile ces deux dernières semaines, le message des service de secours est clair: il faut garder la tête froide et suivre les conseils sanitaires et d’hygiène publiés par les autorités. C’est-à-dire notamment se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon ou avec un désinfectant. En cas de symptômes, il faut rester chez soi et contacter son médecin de famille.

Mais il n’y a pas que des questions sanitaires ou médicales qui se posent dans le cas du coronavirus. En fonction du nombre de patients en quarantaine ou infectés par la maladie, les mesures logistiques devront être plus larges. C’est le rôle de l’EMCC de coordonner tout cela, en prévision de mesures de grande ampleur en cas de besoin.



Phase de planification

«Nous sommes dans une phase de planification et nous le devons à la population et aux autorités», explique Denis Froidevaux, le chef de l’EMCC. «Concernant le déploiement de ces mesures, tout dépendra notamment de l’endroit où un cas se présente et de l’enquête qui sera réalisée pour savoir avec qui un patient aurait été en contact.»

En ce qui concerne la logistique, comment faire pour garder en un même endroit des personnes en quarantaine qui ne pourraient pas être séparées? Ce serait par exemple le cas s’il fallait isoler tous les passagers d'un bus revenant de l’étranger. «Prenons des exemples abstraits. Parmi les possibilités, il y a l’ancien hôpital Nestlé à Lausanne ou les anciens locaux de l’Hôpital Riviera-Chablais à Vevey et Montreux», illustre Denis Froidevaux.



Possibilité de fermer une école

Et si le cas d’un enfant malade était découvert? La première mesure serait de le prendre en charge médicalement, de l’isoler et d’effectuer une enquête de contacts. En fonction du nombre de personnes potentiellement touchées, cela pourrait mener jusqu’à la fermeture de l’école. À Neuchâtel, une crèche a été fermée après des cas suspects.

«Nous travaillons sur toutes ces mesures potentielles, sans savoir si elles devront être déployées un jour ou l’autre», ajoute Denis Froidevaux.



Rassemblements interdits?

Alors que des entreprises privées, comme le CIO, appellent désormais leurs employés à rester chez eux en cas de doute, les mesures étatiques ont surtout été médicales et administratives. Mais suivant l’ampleur de l’épidémie, il reviendra au Conseil d'État de décider de dispositions sécuritaires plus drastiques. Il se prépare ainsi à l’éventualité d’interdire des rassemblements ou des manifestations culturelles ou sportives.

«La loi sur les épidémies prévoit que le Conseil fédéral est compétent en matière d’entrave à la liberté de mouvement en cas de risque sanitaire, précise Rebecca Ruiz. Mais il doit le faire en coordination avec les Cantons et ne peut pas décider seul d’isoler un village. Le Conseil d'État serait saisi de cette décision. C’est aussi le Conseil d’État qui aurait la charge de décider de mesures qui auraient un impact important sur le système sanitaire cantonal.»

Créé: 27.02.2020, 17h16

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