Mon premier jour au Grand Conseil

Rentrée53 nouveaux députés ont débuté leur mandat mardi. Leur objectif: se faire une place et apprendre les codes des rivalités politiques du canton de Vaud.

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Le premier jour d’école, on retrouve les copains, on reçoit les crayons, les cahiers et les livres, on raconte les vacances et c’est encore tranquille. Les 53 nouveaux députés, qui ont fait leurs premiers pas au Grand Conseil mardi, n’ont pas eu ce plaisir. Désignés aux élections d’avril, ils ont eu droit directement à une sacrée bataille sur la drogue à Lausanne, initiée par l’UDC.

La plongée a été rapide pour ceux qui doivent apprendre les codes d’une nouvelle vie. Au moment de s’installer dans leur nouveau fauteuil, dans la salle du Grand Conseil perchée sur la Cité à Lausanne, il y avait de l’émotion, de l’appréhension et beaucoup de plaisir.

Des projets plein la tête

Ils entrent au Grand Conseil en fourmillant de projets et d’idées. A l’image du Vert Didier Lohri, syndic de Bassins qui se qualifie lui-même de «non-conformiste», certains ont déjà un discours tranché: «Je veux être le porte-parole des gens qui n’osent pas s’exprimer, avec le sentiment d’être hors des standards. Par exemple, personne ne défend réellement les jeunes qui cherchent du travail et un logement, même si beaucoup en parlent.»

D’autres ont leurs marottes. C’est le cas du libéral-radical Sergei Aschwanden, champion de judo et directeur de la station de Villars-sur-Ollon, avec les dossiers du tourisme et du sport: «Mais le sport au sens large!» ajoute celui qui siège au Conseil communal à Prilly.

«Ce n’est pas que le sport de haut niveau. Il y a aussi le sport santé, le sport scolaire, le sport pour les personnes handicapées.» Sans oublier l’immigration, pour ce fils d’une mère africaine.

A gauche, le socialiste Pierre Dessemontet, municipal à Yverdon, a hâte de jongler avec ses passions: démographie, aménagement, énergies. «Dans mon parti, les spécialistes de l’énergie ne sont pas nombreux.»

Tous les nouveaux jurent que «la famille, c’est sacré», mais ils vont devoir apprendre à slalomer. Beaucoup ont déjà réduit leur temps de travail ou réorganisé leurs jours de congé.

«Oui, mon élection change mon organisation», souligne Céline Baux, qui aligne déjà deux jobs: l’un à la tête de la société Ballon Château-d’Œx et l’autre comme géomaticienne dans une société d’ingénieurs. «De plus, pour venir à Lausanne depuis le Pays-d’Enhaut, il faut compter deux heures de route aux heures de pointe.»

Le bouleversement peut être radical et certains, en accédant au Grand Conseil, deviennent des politiciens professionnels. Pierre Dessemontet en fait partie. Son job de municipal à Yverdon compte déjà comme un 60% depuis un an. Celui de député vaudra pour un 25%.

«Il me reste 15%, pour garder un pied dans le monde professionnel, explique-t-il. En politique, on a la sécurité de l’emploi pendant cinq ans, mais tout peut se terminer aux élections.»

La recette? Le soutien des proches surtout, selon Sergei Aschwanden: «J’ai la chance d’avoir une femme très bien organisée. Sans elle, ce serait impossible. De plus, mon employeur voit les aspects positifs de ma présence au Grand Conseil.»

Déjà les surprises

La majorité des nouveaux députés a déjà fait de la politique au niveau communal et, évidemment, ils comparent les deux. «Ce que je vais avoir le plus de peine à faire, c’est des ronds de jambe pour arriver à un objectif, explique Didier Lohri. Pour moi, en politique, il faut être direct dans sa façon de s’exprimer, il faut responsabiliser les gens.»

Céline Baux, elle, a été surprise par l’absence de plusieurs conseillers d’Etat au Grand Conseil: «Dans une commune, on est habitué à voir la Municipalité au complet à une séance du Conseil. Mais je comprends qu’un conseiller d’Etat ait un programme chargé.»

Ces dernières semaines, les nouveaux élus ont eu droit à des formations dispensées par l’Etat de Vaud, pour apprendre leur nouveau rôle. «Les députés sont beaucoup plus responsabilisés au Grand Conseil, note Pierre Dessemontet. Le travail est moins mâché qu’au niveau communal. Ici les séances de préparation, en groupe, sont moins nombreuses.» (24 heures)

Créé: 23.08.2017, 07h04

Céline Baux, Château-d’Œx, UDC

«Ce qui m’a surprise, c’est l’absence de plusieurs conseillers d’Etat devant le Grand Conseil. Dans une commune, on est habitué à voir la Municipalité au complet à une séance du Conseil.»

Sergei Aschwanden, Prilly, Parti libéral-radical

«Parmi mes thèmes favoris, il y a le tourisme et le sport. Mais au sens large! Ce n’est pas que le sport de haut niveau. Il y a aussi le sport santé, le sport scolaire, le sport pour les personnes handicapées.»

Didier Lohri, Bassins, Les Verts

«Ce que je vais avoir le plus de peine à faire, c’est des ronds de jambe pour arriver à un objectif. Selon moi, en politique, il faut être direct dans sa façon de s’exprimer. Il faut responsabiliser les gens.»

Pierre Dessemontet, Yverdon, Parti socialiste

«Les députés sont beaucoup plus responsabilisés au Grand Conseil que dans les Conseils communaux. Le travail est moins mâché en amont qu’au niveau communal.»

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