La première «labellisée» œnotourisme réside à Lavaux

Vaud OenotourismeVigneronne à Grandvaux, Aurélia Joly a suivi la formation offerte par le Canton, qui encourage les secteurs à collaborer.

Aurélia Joly peut accueillir vingt personnes dans l'ancienne étable qu'elle a retapée avec son mari, juste à côté de la cave.

Aurélia Joly peut accueillir vingt personnes dans l'ancienne étable qu'elle a retapée avec son mari, juste à côté de la cave. Image: Philippe Maeder

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Dans le petit local qui jouxte la cave du domaine d’Aurélia et Jacques Joly, à Grandvaux, cinq tables sont prêtes à accueillir vingt convives tous les lundis et vendredis, de 16 h à 19 h, et tous les samedis, de 9 h 30 à 12 h 30. Ces horaires fixes sont une des conditions à l’obtention du label Vaud Œnotourisme, comme la formation organisée en partenariat avec GastroVaud, dont la première session a eu lieu ce printemps dans le canton.

Dix personnes évoluant dans l’hôtellerie, la restauration, la vente de produits du terroir ou la viticulture ont déjà été formées. Elles seront vingt-cinq à la fin de l’année. Pour l’instant, seule Aurélia est «labellisée». C’est que le cahier des charges, propre à chacune des quatre filières, est contraignant. Même trop, pour certains (lire ci-contre). Pourtant, suivant le précepte «si on veut, on peut», Aurélia Joly a tout fait pour entrer dans le rang au plus vite.

«Il faut oser faire»

Il faut dire que la quadragénaire a le profil de l’élève modèle: une première formation comme assistante d’hôtel, un passage comme réceptionniste à l’Office du tourisme vaudois et, aujourd’hui, en parallèle à son métier de vigneronne, un 50% chez ProTerroir font qu’elle «baigne dans tout ça» depuis longtemps. Sa proactivité ne date d’ailleurs pas d’hier. Alors que les Joly vivent de la viticulture depuis 2012 – avec un domaine de 3 hectares, la moyenne à Lavaux –, ils avaient déjà retapé l’étable qui leur sert aujourd’hui de local de réception à la fin de 2010, deux ans seulement après avoir acheté leur maison, où, très vite, ils ont créé une chambre d’hôte. Un peu plus tard, on retrouve le couple dans l’organisation du Sentier gourmand, mené chaque premier dimanche de juillet par cinq domaines «enthousiastes» de Bourg-en-Lavaux.

Disposant de bases solides dans l’accueil, Aurélia fonctionne aussi à l’énergie. «Sans elle, on aurait déjà coulé depuis longtemps. On est une toute jeune structure, on a besoin de se faire connaître. On n’a rien sans rien.» Dernière innovation du domaine: une table d’hôte mensuelle à thème, pour laquelle il a fallu obtenir une patente. «J’aime voir un peu plus loin que le bout de mon nez, sourit Aurélia Joly. En plus, en tant que Suisse alémanique, j’ai une forte conscience du potentiel inexploité. Il faut oser faire et sentir ce que les clients demandent.»

Impulsions du label

C’est dans la même idée qu’elle s’est plongée dans le cahier des charges de la labellisation à peine inscrite à la formation. Parmi les manques, outre des horaires fixes d’ouverture, le domaine Joly ne disposait pas de terminal de paiement. «Peu de producteurs en possèdent, refroidis par les coûts que cela engendre, témoigne Aurélia Joly. Mais vous n’imaginez pas les ventes additionnelles que nous faisons depuis qu’on accepte les cartes de crédit!» Sans l’impulsion du label, Aurélia admet qu’elle n’y aurait pas pensé.

Autre détail qui lui a été soufflé par la formation: une liste de prix en trois langues (français, allemand, anglais) incluant les conditions de dégustation figure sur les tables, clarifiant le rapport avec les touristes de passage comme avec les randonneurs locaux.

Mais ce que garde le plus précieusement Aurélia Joly de sa formation, ce sont les rencontres qu’elle y a faites, la synergie qui en est née. Des personnes des quatre coins du canton confrontées à la même réalité: il faut accueillir dignement les gens qui s’intéressent à notre terroir. «Finalement, cette labellisation, c’est d’abord une manière de penser, conclut-elle. Echanger nos vécus nous donne de l’élan pour faire ce que, au fond, nous savions déjà qu’il fallait faire.» (24 heures)

Créé: 19.11.2015, 16h47

Un cahier des charges trop exigeant?

Certains vignerons sont sceptiques quant au cahier des charges qui leur est proposé, qu’ils considèrent pas du tout adapté à des petites structures. Le nœud du problème: l’ouverture fixe trois jours par semaine pendant trois heures, dont au moins une fois le week-end. Yann Stucki, chef de projet Vaud Œnotourisme, répond aux critiques: «Nous n’avons pas créé ce cahier des charges pour embêter les prestataires, mais pour répondre à une problématique dictée par la réalité du marché: les clients veulent pouvoir trouver des lieux d’accueil ouverts. Mais ce que nous voulons avant tout, c’est engendrer une réflexion des différents acteurs, et les amener à trouver des solutions entre eux.»

Ainsi, le chef de projet n’exclut pas la possibilité de «labelliser» un producteur qui serait le référant de deux ou trois autres, avec lesquels il partagerait un projet et le temps de présence exigé, sans pour autant changer de raison sociale. Un cahier des charges différent pour les petites structures n’est pas à l’ordre du jour, «mais nous ne sommes pas obtus», précise Yann Stucki. A l’issue de la première session, il se réjouit déjà de «l’esprit collaboratif qui vient gentiment», entre les différents domaines d’activité, mais aussi, et surtout, entre les différents vignobles du canton.

Infos et inscriptions:
www.vaud-oenotourisme.ch

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