Premiers effets concrets de la refonte des soins à domicile

CMSPlusieurs postes clés ont changé de main et des actions sont mises en place localement pour améliorer les conditions de travail.

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Image d'illustration. Image: Pascal Frautschi

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Les soins à domicile vaudois vivent une période délicate. Après des plaintes répétées d’employés relayées par «24 heures» concernant leurs conditions de travail et les dysfonctionnements du système, l’Association vaudoise d’aide et de soins à domicile (AVASAD) a promis une reprise en main. Il faut réformer, et vite. D’autant que les CMS publics doivent faire face à une nouvelle concurrence avec l’arrivée de nombreuses sociétés privées qui récupèrent les clients insatisfaits.

Premier signe des bouleversements vécus en ce moment par l’organisation: au plus haut de la hiérarchie, 4 postes sur 13 ont changé de mains depuis l’été 2018 (la direction des CMS de Lausanne et du Nord vaudois, les Ressources humaines et le service des prestations). «Nous sommes en train de mettre en place une dynamique nouvelle avec des gens qui peuvent apporter un nouveau regard en vue d’investir fortement le maintien à domicile», commente sobrement la directrice de l’AVASAD, Susana Garcia.

«Nouvel état d’esprit»

Ces départs sont parfois conflictuels, a appris «24 heures». La direction se refuse à tout commentaire mais Tristan Gratier ne cache pas une «volonté de changement». Nommé président du conseil d’administration en été 2018, il a répété vouloir secouer le cocotier. «Je veux redonner du pouvoir aux CMS, mais j’ai aussi des attentes très fortes. Le niveau d’exigence a changé. Des personnes peuvent s’y reconnaître, d’autres pas. Il faut réformer en profondeur les soins à domicile à l’aune des défis qui nous attendent.» À savoir faire face à l’explosion des besoins due au vieillissement de la population dans un contexte de pénurie annoncée de personnel. «Il faut que nous facilitions l’accès à nos services pour les personnes qui nous sollicitent, indique Susana Garcia. Et il faut mettre à disposition des collaborateurs des outils qui simplifient leur travail afin qu’ils puissent se consacrer à l’essentiel: la relation liée aux soins et à l’aide.»

«Les clients ont des besoins différents que les sociétés privées de soins à domicile ont bien saisis. À nous de réagir. L’expérience client, c’est cela qui doit être au centre», ajoute Julie Roy, la nouvelle responsable du Développement des pratiques professionnelles. «Il y a tout un état d’esprit autour des soins à domicile qui est en train de changer, abonde Véronique Bugliari, cheffe des RH. Les métiers évoluent. D’ici quelques années, les compétences requises vont être très différentes.»

Le sondage mené auprès du personnel porte ses premiers fruits. Plus de 1000 propositions ont été formulées par les collaborateurs pour améliorer leur quotidien. Plus de 650 ont été retenues, rapporte Véronique Bugliari. «Une centaine d’actions ont déjà été implémentées. La possibilité de choisir son sac à dos pour les tournées, par exemple, ou le fait de recevoir des explications quand on se voit refuser un congé.» À côté de ces mesures très locales, les grands changements restent à venir. «Nous avons défini un plan d’action RH sur cinq ans, en passe d’être finalisé. On va beaucoup travailler sur la formation, la pénibilité du travail, l’évolution des métiers…»

Le tournus des soignants

Tout le monde n’est pas convaincu. De l’avis d’une source proche du milieu, «tous ces changements ne sont que de la poudre aux yeux. Il y a un manque complet de vision.» Quel est le plan stratégique, au juste? «Il va bientôt être diffusé», répond Tristan Gratier, qui assure que «les axes stratégiques sont posés». Parmi eux: la volonté de limiter le tournus de soignants chez les bénéficiaires.

Et les rumeurs d’ambiance tendue dans les hautes sphères de l’AVASAD? «Le climat s’est amélioré, à mon avis, répond Tristan Gratier. C’est peut-être dû aux réformes initiées et au fait que la parole s’est libérée. Mais je reconnais qu’il y a un climat pesant dû aux nombreuses incertitudes en terme de financement (ndlr: assuré aux deux tiers par l’argent public) et de conduite politique, à ce jour.»

Créé: 10.01.2020, 06h41

Financement

La voix des Communes

Ce ne sont désormais plus les Communes mais le Canton qui financent les soins à domicile vaudois. Cette bascule engendre une situation pour le moins particulière. Les Communes – qui ne prennent donc plus en charge les prestations des CMS – restent présentes dans les conseils des sept entités régionales (Lausanne, couronne lausannoise, Ouest lausannois, La Côte, Est vaudois, Nord vaudois et Broye).

«Schizophrénique», convient Tristan Gratier, président du conseil d’administration de l’AVASAD, la faîtière des CMS vaudois. Si l’on implique les Communes, cela signifie qu’il y a une régionalisation, c’est-à-dire des prestations différentes. Je n’y tiens pas; il faut garantir un système universel dans tout le canton.» Confesse-t-il ici une volonté de centralisation? «Non. Nous avons vraiment le souci de redonner du pouvoir aux collaborateurs sur le terrain.»

La directrice de l’AVASAD, Susana Garcia, résume le défi: «La question est de savoir comment conjuguer la vision globale cantonale avec le maillage fin du terrain; la relation de proximité avec les Communes.»

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