La présidence du boss de Sion 2026 ne tient plus qu’à un fil

CandidatureLa Confédération pourrait revoir la structure du comité de Sion 2026 présidé par Jean-Philippe Rochat, en pleine tourmente.

Jean-Philippe Rochat pourrait faire les frais du remaniement qu’annoncera le Confédération très prochainement.

Jean-Philippe Rochat pourrait faire les frais du remaniement qu’annoncera le Confédération très prochainement. Image: Vanessa Cardoso - A

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La pression se fait chaque jour un peu plus forte sur les épaules de Jean-Philippe Rochat. Président du comité de candidature de Sion 2026, l’avocat lausannois est dans la tourmente depuis les révélations de L’ Illustré selon lesquelles le nom de son étude, Carrard Associés (aujourd’hui Kellerhals Carrard), figure dans les «Panama Papers».

Du nom de cette enquête internationale qui avait mis au jour une vaste liste de personnes et d’entreprises ayant pratiqué l’optimisation fiscale début 2016. La pratique est légale, mais la révélation de tels procédés tombe mal à l’heure où le projet olympique vient d’obtenir un soutien de 1 milliard de la Confédération. Sans compter le dégât d’image.

Depuis cette annonce, la question se fait de plus en plus insistante: Jean-Philippe Rochat peut-il se maintenir à la tête de la candidature sans que cette dernière n’en pâtisse? Rien n’est moins sûr tant il est clair que plus on parle de «l’affaire Rochat», moins on parle du fond du dossier, ainsi plombé par cette séquence. Partant, pour donner un nouveau souffle à un projet qui en aurait bien besoin, le départ de Jean-Philippe Rochat de la présidence est de plus en plus évoqué. En coulisses, en tout cas.

Plus de place au politique

Hors micro, ils sont en effet nombreux à le confier. Face caméra, en revanche, on prend des pincettes. «Le départ de M. Rochat? Nous réfléchissons à la question et communiquerons très prochainement sur ce point», se contente de lâcher le conseiller d’État Philippe Leuba, qui ajoute du bout des lèvres que «des réformes» sont prévues.

À peine plus disert, Bernard Rüeger, membre du comité de candidature et vice-président d’ÉconomieSuisse, rappelle son soutien indéfectible à Jean-Philippe Rochat. Et le président de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI) d’annoncer, mystérieux, que la décision de son éventuel remplacement est en mains de la Confédération.

Pour décoder les propos sibyllins de l’entrepreneur vaudois, il faut savoir que le Conseil fédéral s’apprête à ouvrir la consultation concernant l’enveloppe promise aux parlementaires. Selon plusieurs sources, l’examen de ce «message» devrait débuter vendredi prochain et s’achever le 23 mars.

Or, dans ce document, le Conseil fédéral devrait préciser des points liés aux finances de Sion 2026, mais, surtout, se prononcer sur la gouvernance du projet, qui sera transformée pour faire plus de place au secteur public.

Au vu des derniers éléments et de l’affaire, Jean-Philippe Rochat pourrait faire les frais de ce remaniement. «Depuis le milliard que Berne a accepté de mettre sur la table, le politique veut plus d’importance et d’influence dans le projet», résume Christian Constantin, le remuant boss du FC Sion, propriétaire de la marque Sion 2026 et initiateur du projet.

Lui qui avait quitté le comité deux jours après son altercation avec l’entraîneur Rolf Fringer estime que Jean-Philippe Rochat n’a plus forcément sa place à la présidence. Il le verrait en revanche volontiers rester dans le giron de la candidature. «Il doit avoir un rôle, mais moins visible.» Bernard Rüeger abonde: «Peut-être pas comme président, mais il doit absolument rester dans le comité!»

Quant au principal intéressé, il rappelle à raison qu’il a toujours la confiance du comité. Mais se voit-il encore en place dans une semaine? «Aucun commentaire!» lance-t-il, préférant évoquer le fond du dossier.

Pour éventuellement remplacer l’avocat à la tête du comité, un nom semble revenir avec insistance: celui de Nicolas Bideau. «Il a participé à plusieurs séances. Le voir rejoindre le comité d’organisation serait une excellente chose», ajoute Bernard Rüeger. À quel poste? Silence…

Créé: 01.12.2017, 19h33

Le Canton ne convoquera pas les Vaudois aux urnes

La population des Grisons a refusé l’organisation des JO 2026 en février, les Valaisans se prononceront en juin prochain sur Sion 2026. Et les autorités bernoises aimeraient aussi que les Bernois se prononcent sur la participation de leur canton à la candidature valaisanne. Le gouvernement bernois demande en effet au Grand Conseil de soumettre le crédit au référendum obligatoire. En terre vaudoise, en revanche, aucun vote à l’horizon. «Le vote bernois est lié aux frais plus qu’aux Jeux en tant que tels», rappelle Jean-Philippe Rochat, président du comité d’organisation, ajoutant que, dans le canton de Vaud, un tel vote ne serait pas possible, Constitution à l’appui.

Conseiller d’État chargé de l’Économie, de l’Innovation et du Sport, Philippe Leuba confirme: «Les gens ne comprennent pas pourquoi les Valaisans voteront mais pas les Vaudois. Je rappelle que chaque ordre constitutionnel est différent, ça s’appelle le fédéralisme. Or, dans le canton de Vaud, il n’y a pas de référendum possible contre une décision du Conseil d’État. Nous n’organiserons donc pas de votation hors de tout cadre constitutionnel, nous ne créerons pas un droit particulier ni de précédent, car ne pas déroger aux règles constitutionnelles est ce qui garantit la solidité d’un État de droit. Mais ce n’est en aucun cas pour éviter de demander son avis à la population. Nous respectons juste les lois.» Concrètement, la facture prévue dans le canton se monte à 4,6 millions. Une somme qui peut être couverte par le budget ordinaire (ndlr: qui ne peut pas faire l’objet d’un référendum).

«Contrairement aux décrets, qui, eux, peuvent être attaqués», poursuit le ministre. Il rappelle aux opposants qu’ils peuvent également partir à la chasse aux signatures pour lancer une initiative.

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