Après avoir presque tout dupliqué, l’impression 3D s’attaque à l’homme

LausanneDéjà présent outre-Sarine, le portrait en trois dimensions arrive en Suisse romande. 24 heures a joué les cobayes.

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Ceux qui ont toujours rêvé de se voir littéralement sous toutes les coutures seront enfin exaucés. Dernière déclinaison de la technologie très prometteuse de l’impression 3D, grâce à laquelle on «fabrique» déjà des pièces pour l’industrie, des crânes et des mâchoires au CHUV et même des pizzas à la NASA, le portrait tridimensionnel débarque en Suisse romande.

Pedro Ribeiro, photographe professionnel, et Didier Romeda, ingénieur EPFL en mécanique, viennent en effet de lancer Minimoi.ch. Basée à Prilly, la société façonne des figurines tridimensionnelles à l’effigie de ceux qui seront passés sous les lumières stroboscopiques de son scanner haute résolution. Pour reprendre son slogan, l’entreprise vous propose rien de moins que votre double!

Le binôme s’est lancé dans ce projet il y a un an et demi. C’est l’apanage des pionniers: il a fallu tracer la voie. Quitte à y aller à tâtons. «Nous avons dû inventer une technique particulière, car, en Suisse, personne ne l’enseigne de A à Z», confirme Didier Romeda, dont la tâche a notamment consisté à détourner un logiciel d’effets spéciaux pour le cinéma.

Copie presque parfaite

Il y a une dizaine de jours, 24 heures a tenté l’expérience. Réalisée dans le studio de Minimoi.ch, la séance de prise de vues consiste à rester immobile sur une plate-forme tournante quelques minutes, tandis que Didier Romeda fait courir son scanner le long du corps du modèle.

La machine enregistrant les détails les plus infimes – des rides d’expression aux plis des vêtements –, la silhouette du sujet, constituée de millions de polygones, apparaît alors à l’écran. On se croirait dans un film de science-fiction. «Le scanning constitue la phase la plus spectaculaire, mais le véritable travail commence après», sourit l’ingénieur. La suite de l’opération se passe sur ordinateur, où une batterie de programmes calcule tous les détails de la sculpture, désormais prête à être imprimée en trois dimensions. Suivront le collage et le fixage.

Quelques jours après la séance en studio, Minimoi, qui aura passé une quinzaine d’heures dans l’imprimante, est prêt. De l’avis général, la petite sculpture, mélange de plâtre, de polymères et de céramique, ressemble beaucoup à son modèle, malgré une impression légèrement floue lorsqu’on la regarde de près. La facette la plus impressionnante du clone miniature est sans conteste la précision de ses détails: aspect délavé des pantalons, coutures et plis de la chemise, la copie est presque parfaite. Seule ombre au tableau: le prix. A la hauteur de la technologie employée – l’aventure Minimoi a déjà coûté 150'000 francs à ses concepteurs –, la douloureuse oscillera entre 299 francs, pour une copie à l’échelle 1/15, à 449 francs pour le plus grand modèle (1/8). A titre de comparaison, les figurines alémaniques sont plus chères.

Bientôt la fin du scanner

En quelques semaines d’existence, Minimoi.ch a déjà façonné une vingtaine de copies. Et pense déjà à l’avenir. Désireux de maintenir leur avance dans le domaine, les deux trentenaires, conscients que d’autres risquent de s’infiltrer dans la brèche, sont en train de développer une technique particulière: la photogrammétrie. «Grâce à ce procédé, nous n’aurons plus besoin d’un scanner. Ce seront en effet une centaine d’appareils photos, tous reliés entre eux, qui se chargeront de capturer l’image du modèle en un clin d’œil», explique Pedro Ribeiro, qui vante déjà les avantages du système. Plus rapide, plus précise, la photogrammétrie devrait être opérationnelle dès la fin de l’année. (24 heures)

Créé: 13.08.2014, 07h11

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