La prison de Palézieux va s’ouvrir aux jeunes adultes

DétentionA moitié vide depuis son ouverture en 2014, l’établissement de détention pour mineurs des Léchaires voit s’élargir sa mission.

18 février 2016, Sylvie Bula, cheffe du Service pénitentiaire vaudois à gauche, et Béatrice Metraux, conseillère d'Etat vaudoise, à droite, après une conférence de presse devant l'établissement de détention pour mineurs

18 février 2016, Sylvie Bula, cheffe du Service pénitentiaire vaudois à gauche, et Béatrice Metraux, conseillère d'Etat vaudoise, à droite, après une conférence de presse devant l'établissement de détention pour mineurs "Aux Lechaires". Le Conseil d'Etat vaudois a décidé d'élargir le périmètre de prise en charge de l'établissement de détention pour mineurs "Aux Lechaires". Image: JEAN-CHRISTOPHE BOTT/Keystone

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A l’heure où la conseillère d’Etat Béatrice Métraux entamait, hier matin, une conférence de presse dans la salle de réunion de la prison pour mineurs de Palézieux, l’établissement comptait 14 détenus. A savoir, précisément, une sous-occupation de 22 places.

Depuis son ouverture en mai 2014, l’institution dévolue à la prise en charge des délinquants mineurs en provenance des cantons romands et du Tessin n’a jamais fait le plein et seules 18 places sur les 36 initialement prévues sont aujourd’hui ouvertes. Une prison à moitié vide est en soi une bonne nouvelle, mais la sous-occupation a un coût que doivent prendre en charge les cantons membres du Concordat latin sur la détention pénale des personnes mineures – Vaud, Genève, Valais, Fribourg, Jura, Neuchâtel et Tessin –, dont certains, comme le Tessin et le Jura, n’y ont jamais envoyé le moindre détenu.

Pour comprendre la raison de l’inadéquation entre l’offre et la demande de placements en milieu fermé, il faut savoir que la délinquance juvénile, en hausse constante jusqu’en 2009, a baissé de 40% entre 2010 et 2014. Le processus de construction de la prison des Léchaires, lui, était lancé. Pour l’année 2015, qui a été le premier exercice d’exploitation complet, le taux d’occupation moyen des 18 places ouvertes n’a donc été que de 68,6%.

Prévention de la récidive

Dans ces conditions, mercredi dernier, le Conseil d’Etat a pris la décision de consacrer, à partir du 1er juillet 2016, les 18 places supplémentaires que compte encore l’institution à la prise en charge de jeunes adultes, âgés de 18 à 20 ans, détenus au sens des dispositions du Code pénal («24 heures» du 11 février). La nouvelle catégorie de personnes qui seront détenues entre dans la cible d’âge de celles déjà placées à l’établissement des Léchaires, du fait que la condamnation, parfois, peut être prononcée en tant que mineur et la peine exécutée en tant que majeur. «La prison poursuivra ainsi sa mission de prévention de la récidive et de réinsertion dans un cadre éducatif, tout en élargissant le cercle des personnes pouvant y être placées», a souligné la cheffe du Département des institutions et de la sécurité. Dans le futur, les jeunes adultes qui seront placés à Palézieux proviendront essentiellement du canton de Vaud.

Réinsertion possible

Quant au Service pénitentiaire (SPEN), il disposera d’un outil lui permettant de prendre en charge une population de jeunes adultes particulièrement marquée par son taux de récidive, en ciblant une action socio-éducative tout en exécutant la sanction. «L’institution accueillera donc des personnes dont la réinsertion en Suisse est possible au terme de la détention, n’ayant jamais connu de séjour en établissement de détention pour adultes et poursuivies ou condamnées pour des délits et non des crimes. La configuration de l’établissement permet en outre de garantir un hébergement séparé des mineurs, a rassuré Sylvie Bula, cheffe du Service pénitentiaire, ainsi que l’absence totale de contact entre un mineur et les jeunes adultes que pourrait recommander un juge.»

La décision du Conseil d’Etat, a relevé Béatrice Métraux, a été prise en concertation avec les principaux partenaires concernés: le Tribunal des mineurs vaudois, le Service de protection de la jeunesse et le Centre hospitalier universitaire vaudois. Dans la mesure où nul ne peut garantir que la baisse de la délinquance juvénile va se poursuivre dans les années à venir, tous ont salué, a-t-elle affirmé, la pertinence d’un concept qui s’inscrit dans la volonté de disposer d’infrastructures pénitentiaires flexibles, susceptibles d’être rapidement adaptées à l’évolution des besoins de la chaîne pénale.

Rien sur les chiffres

La cheffe du Département des institutions et de la sécurité a, en revanche, refusé d’entrer en matière sur l’inévitable déficit d’une prison sous-exploitée depuis plus de vingt mois et sur la facture que Vaud ne manquera pas de présenter aux cantons membres du Concordat latin: «Il est trop tôt pour en parler dans la mesure où nous allons nous réunir à la fin du mois de mars pour essayer de trouver une solution à cette question.»

Créé: 18.02.2016, 13h20

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