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Privé de sortie, le 1er Mai sera virtuel mais pas silencieux

Les rassemblements interdits, syndicats et partis ont trouvé la parade pour célébrer sur la toile et les balcons.

Le logo choisit pour la journée du 1er Mai 2020.
Le logo choisit pour la journée du 1er Mai 2020.
DR

Il aura suffi d’un virus pour interrompre une tradition de protestation populaire tenue chaque année depuis cent trente ans, même pendant les deux guerres mondiales. Mais les travailleuses et travailleurs du canton comptent bien faire entendre leur voix dans la rue. Les appels à manifester depuis son balcon, sa fenêtre ou sa voiture essaiment sur les réseaux sociaux et sont relayés par les pages des partis de gauche et les syndicats.

«Il a fallu tout réinventer, raconte Valérie Borloz, secrétaire de l’Union syndicale vaudoise (USV). La façon de revendiquer, de lutter et de mobiliser les troupes. Malgré l’annulation de la manifestation, le mouvement ne s’est heureusement pas essoufflé.» Concrètement, la journée vaudoise sera un mélange de virtuel et de présence physique dans les villes et les villages. Une vidéo, montée par un membre de la Grève du climat, invite tous les manifestants à accrocher à leur balcon des banderoles avec le slogan «Notre santé avant leurs profits». «Nous voulons dénoncer les entreprises qui mettent en danger leurs employés pendant la crise en choisissant les intérêts monétaires avant la sécurité des gens.» La diffusion, à 18 heures, de chants militants tels que l’«Internationale» ou «Bella Ciao» est encouragée, pour faire un maximum de bruit et rassembler les manifestants «dans la rue».

«C’est certain que c’est très déstabilisant de manifester dans ces conditions, ajoute la syndicaliste vaudoise. Pour la mobilisation féministe du 8 mars, nous avions encore pu faire quelque chose de «sérieux», mais là c’est très différent. Chacun a dû mettre sa pierre à l’édifice pour que tous ces événements aient lieu.» Sur le web, des prises de parole de différents syndicats et groupes de discussion seront diffusés sur la page Facebook de l’USV et sur une chaîne YouTube.

«Cette année, l’USS a proposé de piloter un projet commun pour célébrer virtuellement le 1er Mai»Benoît Gaillard

Au niveau national, la mobilisation autour d’un événement central est inédite. «Habituellement, ce sont les sections cantonales qui organisent leurs événements, explique Benoît Gaillard, coresponsable de la communication de l’Union syndicale suisse (USS). Cette année, l’USS a proposé de piloter un projet commun pour célébrer virtuellement le 1er Mai sous le slogan «Solidarité, plus que jamais!» Un mouvement centré sur une communication numérique de grande ampleur très suivi dans les cantons alémaniques, un peu moins en Suisse romande. Sur le site dédié, des discussions et des conférences seront diffusées en direct à partir de 14 heures. Des témoignages seront également disponibles.

Un autre appel à la grève mobile a également été très relayé sur les réseaux sociaux. Un «1er Mai 2020» sur fond jaune accolé au slogan «Et demain? Un monde plus juste!» sur fond rouge appelle à faire du bruit au balcon à partir de 17h30. Contactés, les différents partis et syndicats n’en connaissent pas les auteurs: «C’est un message spontané de la part des militants indépendants, commente Noémie Rentsch, de SolidaritéS Vaud. Nous l’avons partagé, car toutes les contributions appelant à la mobilisation sont importantes.»

Au moins les averses prévues vendredi ne viendront pas gâcher les actions organisées cette année.

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