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Les propositions patronales reçoivent un accueil glacial

La gauche salue par une gerbe de critiques les recettes des associations économiques pour redresser le Canton. Au Conseil d’Etat, Pierre-Yves Maillard affiche son scepticisme. Tout comme Pascal Broulis.

Pascal Broulis, conseiller d’Etat (PLR) en charge des Finances et des Relations extérieures, Alberto Mocchi, président des Verts vaudois et Pierre-Yves Maillard, conseiller d’Etat (PS) en charge de la Santé et de l’Action sociale.
Pascal Broulis, conseiller d’Etat (PLR) en charge des Finances et des Relations extérieures, Alberto Mocchi, président des Verts vaudois et Pierre-Yves Maillard, conseiller d’Etat (PS) en charge de la Santé et de l’Action sociale.

Le débat d’idées arrive trois mois après les élections. Un calendrier à la vaudoise. Les organisations patronales ont exposé mardi les différentes revendications qu’elles défendront durant cette législature. Une septantaine de propositions «pour une économie vaudoise forte» qui ont agi comme du poil à gratter, à gauche. Quant au grand argentier, le PLR Pascal Broulis, il ne partage pas les options fiscales de ce catalogue de recettes libérales.

Les Verts ont été les premiers à dégainer mercredi en dénonçant «un modèle de croissance à n’importe quel prix, nuisible pour l’environnement et la cohésion sociale». Leur président, Alberto Mocchi, a son idée sur l’agenda: «Je n’ai pas l’impression que c’est un programme électoral, leurs mesures ne font pas rêver les électeurs. C’est pour cette raison que ce catalogue de propositions ne sort que maintenant. La droite a conservé la majorité au Grand Conseil et voici le mode d’emploi qu’elle doit suivre.» Les écologistes raillent des mesures sorties «tout droit des années huitante». Ils rappellent que la qualité de vie et la beauté des paysages font partie des atouts du Canton. Autoriser l’extraction d’hydrocarbures, développer les routes et renoncer à toute forme de fiscalité écologique va à l’encontre de ces atouts, selon les Verts.

«Nous prenons bonne note de ces propositions. Mais je constate qu’il n’y a aucune projection chiffrée. C’est une liste de souhaits, comme les syndicats en font souvent en demandant l’impossible pour avoir quelque chose.» Pascal Broulis, conseiller d’Etat (PLR) en charge des Finances et des Relations extérieures

Les inégalités en cause

Le conseiller d’Etat Pierre-Yves Maillard n’avait, lui, pas encore reçu le document des organisations économiques, mercredi après-midi. Pourtant, le social et la santé dont s’occupe son département sont ciblés. Le socialiste se base sur ce qu’il a lu dans la presse pour répondre: «Si j’ai bien compris, les milieux patronaux veulent supprimer l’impôt sur la fortune et baisser les aides sociales. Ce sont de vieilles potions. Mais elles vont à l’encontre de la réalité. On observe un accroissement des inégalités. Les fortunes se concentrent et le nombre de chômeurs en fin droits augmente. Chaque mois, 420 chômeurs en fin de droits supplémentaires sortent des ORP (ndlr: offices régionaux de placement). Il y a 10 ans, ils étaient moins de 200. Voilà la raison de la croissance du budget du social. Ce n’est pas l’attractivité des aides. Ce que les milieux patronaux peuvent apporter, c’est d’aider l’Etat à mieux réinsérer les gens d’ici sur le marché de l’emploi.» Pour conclure, Pierre-Yves Maillard se dit toujours prêt à «dialoguer et à débattre» avec les milieux patronaux. Une fois qu’il aura «eu la chance de lire les propositions dans le détail».

«Je n’ai pas l’impression que c’est un programme électoral, leurs mesures ne font pas rêver les électeurs. C’est pour cette raison que ce catalogue de propositions ne sort que maintenant.» Alberto Mocchi, président des Verts vaudois

C’est sans surprise que le président du PS vaudois a accueilli l’offensive des milieux patronaux: «C’est la défense des intérêts particuliers contre l’intérêt général, juge Stéphane Montangero. Par exemple, dans la santé, ils veulent l’abandon sur contingentement des prestations des cliniques privées ou encore supprimer le décret sur les équipements lourds. Cela se traduira par l’explosion des coûts de la santé qui se sera répercutée sur les primes d’assurance-maladie.»

«Si j’ai bien compris, les milieux patronaux veulent supprimer l’impôt sur la fortune et baisser les aides sociales. Ce sont de vieilles potions. Mais elles vont à l’encontre de la réalité. On observe un accroissement des inégalités.» Pierre-Yves Maillard, conseiller d’Etat (PS) en charge de la Santé et de l’Action sociale

Des compromis nécessaires

A ce classique affrontement gauche - droite, le ministre des Finances, Pascal Broulis, ajoute ses propres doutes: «Nous prenons bonne note de ces propositions. Mais je constate qu’il n’y a aucune projection chiffrée, dit-il. C’est une liste de souhaits, comme les syndicats en font souvent en demandant l’impossible pour avoir quelque chose.» Il attendrait «plutôt des associations économiques qu’elles donnent des pistes pour fiscaliser un service comme Uber, qui prend le travail des taxis et ne paie aucun impôt, ou Airbnb, qui fait tant de tort aux hôteliers. Hélas, je ne vois aucune proposition dans ce domaine.» Le ministre approuve la nécessité d’appliquer la RIE III pour «maintenir l’attractivité du canton et les postes de travail». Il est également «sensible à la défiscalisation d’une partie des primes maladie». Sinon, il juge «certaines propositions réchauffées, comme le statut du CHUV. Pour d’autres, comme le système de fiscalisation moniste, je doute que cela passe la rampe du peuple. Finalement c’est à ça que toutes les propositions sont jugées: l’acceptation populaire. Et pour cela il est nécessaire de faire des compromis pour trouver des majorités. La vraie vie, c’est de trouver des équilibres.»

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