Le PS relance l'idée d'une caisse maladie cantonale

SantéLes socialistes vaudois ont déposé une initiative au Grand Conseil. Ils ont trouvé des soutiens à gauche et à droite.

«Le même texte devrait être déposé devant les parlements d'autres cantons», explique le député Stéphane Montangero.

«Le même texte devrait être déposé devant les parlements d'autres cantons», explique le député Stéphane Montangero. Image: Jean-Bernard Sieber/ARC

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Lancées en 2017, les initiatives pour réformer le système des caisses maladies ont fait un flop en ce début d'année, par manque de signatures. Mais ça n'a pas découragé leurs partisans, dont le Parti socialiste vaudois.

Ce mardi, le parti a déposé une initiative parlementaire au Grand Conseil pour autoriser les cantons à mettre en place leurs propres caisses maladies publiques. Si le parlement cantonal l'accepte, le texte devrait être envoyé au parlement fédéral, pour qu'il se prononce à son tour et modifie la LAMal (loi fédérale sur l'assurance maladie).

Les Vaudois avaient dit «oui» en 2014

C'est l'ancien président du parti vaudois, Stéphane Montangero, qui signe le texte. Et il a trouvé des soutiens bien sûr à gauche, et quelques-uns à droite. «Le même texte devrait être déposé devant les parlements d'autres cantons, explique-t-il. Alors que les initiatives de 2017 demandaient de modifier la Constitution fédérale, ce texte vise à changer la loi.»

Stéphane Montangero rappelle qu'en 2014 les Vaudois avaient dit «oui» à l'initiative populaire pour une caisse maladie publique, alors que les Suisses l'avaient refusée. Et depuis lors, «aucune évolution positive ne s’est ressentie de la victoire des assureurs privés», explique-t-il.

Des soutiens à droite

A droite, il est prévisible que les soutiens soient peu nombreux. Mais ils existent. C'est par exemple le cas du médecin et député libéral-radical Philippe Vuillemin. Lui avait aussi fait partie des soutiens à l'initiative «Pour une liberté d'organisation des cantons» lancée en 2017.

«Au point où on en est actuellement, il faut tenter d'autres pistes, qui ne soient pas toujours le fait de l'Etat central»

«Je continue à y croire, explique-t-il. Il ne se passe rien avec 26 cantons qui ont leurs propres lois cantonales sur la santé publique, versus un parlement fédéral qui a lui aussi sa propre opinion sur la santé publique. Pour sortir de ce conflit, donner des compétences aux cantons serait une bonne chose.»

Mais le système de caisses cantonales peut-il vraiment garantir une baisse des primes maladies? «Si cela peut déjà amener à stabiliser les primes, ce serait déjà ça, répond Philippe Vuillemin. Au point où on en est actuellement, il faut tenter d'autres pistes, qui ne soient pas toujours le fait de l'Etat central.»

Accumuler la pression

Le destin des initiatives parlementaires est fréquemment funeste pour elles. Acceptées par les parlements cantonaux, elles finissent enterrées par les chambres fédérales. Mais ça ne décourage par Stéphane Montangero.

«Avec la multiplication de ces textes et la pression cumulée que cela va engendrer, je peux m'imaginer que le parlement fédéral va, à un moment donné, se dire qu'il y a une possibilité de changer le système. Même si des initiatives cantonales ont été enterrées, elles ont parfois permis de débloquer des situations.»

Créé: 10.04.2019, 11h32

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