PS et Verts défendent leur bilan et «un projet»

Election au Conseil d'EtatPour contrer le ticket de droite, la gauche a défendu mardi son programme axé sur le pouvoir d'achat.

La ministre Verte Béatrice Métraux et la socialiste Cesla Amarelle ont pour mission de convaincre les électeurs que l'actuelle majorité de gauche au gouvernement mérite d'être reconduite pour cinq ans.

La ministre Verte Béatrice Métraux et la socialiste Cesla Amarelle ont pour mission de convaincre les électeurs que l'actuelle majorité de gauche au gouvernement mérite d'être reconduite pour cinq ans. Image: KEYSTONE

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En ballottage après le 1er tour de l'élection au Conseil d'Etat, la ministre Verte Béatrice Métraux et la socialiste Cesla Amarelle ont une mission: convaincre les électeurs que l'actuelle majorité de gauche au gouvernement mérite d'être reconduite pour cinq ans. La droite a montré de l'appétit il y a dix jours en lançant dans la course l'UDC Jacques Nicolet et la Vert'libérale Isabelle Chevalley, unis pour ravir les deux derniers sièges encore vacants après l'élection des deux socialistes et des trois PLR sortants.

Face aux médias mardi matin, PS et Verts ont joué la hauteur de vue. «Nous ne tomberons pas dans les attaques personnelles (ndlr: Isabelle Chevalley a publiquement taxé Cesla Amarelle de «communiste»), nous sommes persuadés que les Vaudois aspirent à mieux que cela: au débat d'idées», a déclaré le président socialiste Stéphane Montangero. Un taquet tout de même à la coalition de droite scellée pour le deuxième tour: «Une alliance de circonstance, brinquebalante, sans vision ni politique commune qui ne veut que s'opposer à notre partenariat stable et durable», a asséné en préambule Anne Baehler-Bech, vice-présidente des Verts.

Epaulés par Pierre-Yves Maillard et Nuria Gorrite, les deux conseillers d'Etat socialistes réélus, Cesla Amarelle et Béatrice Métraux ont dégainé – non pas la sulfateuse – mais un programme politique. «Des mesures concrètes, qui vont améliorer le pouvoir d'achat des Vaudois et qui ne seront pas réalisées si la majorité passe à droite», a souligné la candidate PS. Et d'en énumérer les plus saillantes: créer des emplois subventionnés de dix à douze mois pour les chômeurs de plus de 55 ans, ce qui permettrait d'économiser sur le coût de l'aide sociale. Encourager les Communes à réaliser un minimum de 20% de logements d'utilité publique. Ou encore limiter le poids des primes d'assurance-maladie à un maximum de 10% du revenu des ménages. Cette dernière mesure est déjà actée dans le cadre de la RIE III vaudoise et devrait entrer en vigueur en 2019. Mais la droite pourrait les remettre en question si elle gagne l'élection, estime le camp rose-vert. Quand bien même l'alliance de droite a nié en avoir l'intention.

«La dynamique démographique très forte de notre Canton constitue un défi qui ne pourra pas être relevé par l'idéologie libérale du moins d'Etat, il faudra être visionnaire, investir dans la sécurité, la formation, la mobilité...», a lancé la Verte Béatrice Métraux, qui a encensé le bilan du gouvernement et son art du consensus. «La majorité de gauche a rompu avec trente ans d'immobilisme, les investissements ces cinq dernières années ont crû de 35%, sans toucher la stabilité financière du Canton, dont la dette reste aujourd'hui inférieure à ce qu'elle était en 2012.»

«En présentant deux candidats, la droite vise cinq sièges sur sept, c'est son droit le plus strict», a commenté Pierre-Yves Maillard. «Avec ce scénario, les partisans du compromis seront marginalisés dans les deux camps. Nous passerons dans l'ère des tensions. Mais est-ce que l'assainissement de la caisse de pension de l'Etat de Vaud et la RIE III vaudoise, par exemple, auraient été possibles sans compromis? Non.» «On ne peut pas conduire des réformes dans un contexte de confrontation permanente, a relevé Nuria Gorrite. Il faut de la cohésion et les Vaudois l'ont d'ailleurs plébiscitée en plaçant en tête au premier tour les six conseillers d'Etat sortants.»

La campagne, courte et intense, prendra fin le dimanche 21 mai. Deux autres candidats sont en lice, l'indépendant Toto Morand et la PDC Sylvie Villa. (24 heures)

Créé: 09.05.2017, 12h11

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