Pully va suivre les déplacements des gens grâce à leur natel

MobilitéLa Ville achète des données à Swisscom pour analyser le trafic.

Pully et Swisscom garantissent l’anonymat des données. Ces dernières seront exploitées dans le cadre des projets de refonte du centre-ville et d’optimisation du trafic.

Pully et Swisscom garantissent l’anonymat des données. Ces dernières seront exploitées dans le cadre des projets de refonte du centre-ville et d’optimisation du trafic. Image: Analou Delémont

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La Commune de Pully veut savoir d’où viennent les gens qui transitent sur le territoire, où ils vont, s’ils s’y arrêtent et combien de temps.

Engluée depuis des années dans la refonte de son centre-ville et les enjeux de mobilité qui vont avec, la Ville a signé un partenariat pilote avec Swisscom, devenant la première Smart City du pays. Concrètement, les autorités paient 50'000 francs pour acheter des données provenant des téléphones portables des clients de l’opérateur. Elles seront livrées pendant une période de cinq à sept ans.

Protection des données

Cet outil représentant le trafic en continu «permettra de déterminer la fréquentation et les pôles d’attraction de la ville, souligne Mark Zolliker, municipal des Travaux. Le croisement des données et l’analyse des flux de déplacement vont permettre d’optimiser le trafic et l’accessibilité au centre-ville, et ainsi améliorer la qualité de vie des habitants. Nous pourrons aussi connaître la population qui fréquente le centre et proposer des aménagements qui répondent à ses besoins.»

Le géant bleu et la Commune garantissent en chœur un anonymat total. «Ces données de téléphonie mobile sont anonymisées et agrégées, c’est-à-dire que nous ne fournissons pas des données brutes mais le résultat de leur analyse, insiste Christian Neuhaus, porte-parole de Swisscom. Il est impossible de déduire l’identité d’un utilisateur particulier.»

Professeur à l’EPFL, Vincent Kaufmann est moins catégorique. «Evidemment, c’est toujours censé être anonyme, commente le directeur du Laboratoire de sociologie urbaine. Personnellement, quand je reçois certains coups de téléphone, je me dis que l’anonymat est à géométrie variable. Et avec un portable qui émet un signal toutes les dix secondes, on peut suivre quelqu’un à la trace toute la journée.»

Le spécialiste relève aussi que certains quartiers peu peuplés rendent l’anonymat quasiment impossible. «On sait par déduction à qui on a affaire lorsqu’on analyse un déplacement.» Pour éviter les recoupements, Smart City ne traitera pas les datas si l’échantillonnage est trop faible (moins de 50 mobiles connectés dans un périmètre).

L’application est qualifiée d’observatoire de la mobilité. Vincent Kaufmann est sceptique. «Les données fournies par la téléphonie mobile ne suffisent pas pour cela. On saura qu’une personne va d’un point A à un point B mais on ne saura pas pourquoi. Le travail, les loisirs, les courses? On ne saura pas non plus qui sont ces gens, quel est leur profil. Or ces aspects sont nécessaires pour déplacer ou supprimer un trafic. Pour 50'000 francs, Pully pourrait faire un bon comptage routier classique, avec des données précises.»

Pas de refus possible

Autre point faible pour Vincent Kaufmann: seules les données des abonnés Swisscom sont exploitées. «Il faudrait travailler avec l’ensemble des opérateurs ou alors mettre en évidence des biais éventuels en déterminant qui n’est pas représenté, combien sont ces personnes et quel est leur profil.» Alexandre Bosshard, le chef de projet, estime pour sa part que l’échantillon «est tout à fait valable puisque Swisscom représente 60% des abonnements mobiles en Suisse».

Impossible pour un abonné de s’opposer à ce que des datas fournies par son natel soient transmises à la Municipalité pulliérane. Pour compléter la démarche et ficeler un plan de modernisation du centre qui trouve enfin grâce aux yeux des élus et du peuple, la Ville lancera une démarche participative.

Dans la deuxième phase du projet Smart City, Swisscom et Pully prévoient de collaborer avec des universités pour développer d’autres modèles de simulation servant, par exemple, à prédire le trafic.

D’autres villes vont se laisser séduire par cet outil, espère l’opérateur. L’Office fédéral des routes l’utilise déjà pour éviter les bouchons. (24 heures)

Créé: 07.10.2015, 18h19

Quartier du Flon: des caméras ont compté les visiteurs

Ils savaient leur quartier privé attractif avec ses 62 commerces, dont 28 bars, répartis sur cinq hectares et demi. Mais ils ont souhaité en avoir le cœur net. Les propriétaires du Flon à Lausanne, la société Mobimo, ont donc réalisé cet été une semaine de mesures pour connaître le nombre de visiteurs fréquentant ce quartier branché au centre de la capitale vaudoise.

«Le comptage a été réalisé en juin à l’aide de trois caméras disposées à l’entrée du quartier. Elles ne prenaient pas les visages et ne distinguaient d’ailleurs pas si le visiteur était une femme ou un homme. Elles se contentaient de mesurer un flux», assure Jan Tanner, le nouveau responsable de la gestion quotidienne du Flon, de son animation et du lien avec les locataires. Résultat: Mobimo annonce que 7,5 millions de personnes fréquentent le Flon chaque année. Soit plus de 20'000 par jour. Jan Tanner: «Cette estimation va nous servir pour l’entretien du Flon, pour sa sécurité mais aussi comme argument pour attirer de nouveaux locataires.» Ce comptage pourrait être reconduit plusieurs fois par année.
Laurent Antonoff

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