Comment De Quattro liera-t-elle son job de ministre et sa campagne électorale?

Élections fédéralesUltraprésente sur internet, Jacqueline de Quattro a lancé sa campagne au début du mois. Son budget avoisine les 11'000 francs.

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Nature, lancement de campagne à Gryon, Fête des Vignerons. Avec ses photos sur les réseaux sociaux, Jacqueline de Quattro est déjà l’une des politiciennes vaudoises les plus actives sur internet en temps normal. Et, naturellement, la conseillère d’État part avec une longueur d’avance en termes de communication dans la course aux élections fédérales d’octobre. Mais comment Jacqueline de Quattro fera-t-elle pour concilier son job de ministre et sa campagne au Conseil national?

La magistrate libérale-radicale explique que sa campagne sera «minimaliste», car elle continuera à assumer sa fonction de cheffe du Département du territoire et de l’environnement (DTE). Et si ses followers peuvent voir très régulièrement ses photos en costume de la Fête des Vignerons en ce moment, c’est parce qu’elle est consœur de la Confrérie et qu’elle est en vacances.

En vacances

«J’ai fait mon kickoff de campagne (ndlr: lancement) à Gryon, au lendemain de la dernière séance du Conseil d’État avant les vacances, explique la Montreusienne. Je suis très souvent à Vevey, non pas pour ma campagne, mais parce que c’est ma région. J’ai continué à faire mon boulot de conseillère d’État jusqu’aux vacances. J’ai même fait des choses très impopulaires, comme annoncer le projet de tripler la taxe sur l’électricité. Je prends des risques et ça, ce n’est certainement pas un acte de campagne.»

Qui soutient financièrement Jacqueline de Quattro? Elle annonce un budget de 11'000 francs, financé notamment par des proches et des amis, par exemple lors de son repas de soutien en août. «Je n’ai pas de sponsor qui paie ma campagne, se félicite-t-elle. J’ai zéro fil à la patte et je ne dois rendre de comptes à personne. C’est une grande différence par rapport à d’autres candidats: je n’appartiens à aucun lobby. Je suis quelqu’un du peuple.»

Notoriété et «contrepartie»

Récemment, on a vu d’autres ministres candidats, par exemple Beat Vonlanthen, à Fribourg en 2015, et Karin Keller-Sutter à Saint-Gall en 2011. Mais pour en trouver dans le Canton de Vaud, il faut remonter à 1999 avec le radical Charles Favre et le libéral Claude Ruey. Ce dernier se souvient: «Cette campagne n’a pas posé de problèmes particuliers. Les événements de campagne étaient surtout organisés le soir et les gens les plus occupés savent s’organiser. Comme conseiller d’État, vous êtes très médiatisés et n’avez pas vraiment besoin de faire campagne.»

Un avantage de notoriété? Jacqueline de Quattro abonde. Mais elle parle d’une «contrepartie» importante: «Je fais partie d’un collège gouvernemental. Je dois continuer à en défendre l’action, même si j’y suis en minorité et que les décisions prises ne sont pas toujours dans ma ligne politique.»

Car il y a des règles à respecter dans cette situation. Il faut faire campagne «en adéquation avec le devoir de réserve qui incombe aux conseillers d’État, en adéquation avec le principe constitutionnel de collégialité et en adéquation avec les règles de courtoisie mutuelle», selon Vincent Grandjean, chancelier de l’État.

Éviter toute ambiguïté

Ainsi, si Jacqueline de Quattro est appelée à s’exprimer sur un sujet fédéral et que son avis diffère de celui du Conseil d’État, elle doit préciser qu’elle parle comme candidate. Idem pour parler d’une politique dépendant d’un département autre que le sien. «Cette pratique est d’une certaine manière évidente, ajoute Vincent Grandjean. Elle ne vise pas à obliger un conseiller d’État à se taire, mais à éviter toute ambiguïté.»

Ces règles n’ont pas été édictées spécialement pour Jacqueline de Quattro, car elles sont aussi valables lors des élections cantonales. Ainsi, l’agenda de la communication officielle de l’administration est décidé en amont et vérifié pour qu’aucun ministre ne truste les conférences de presse.

Jacqueline de Quattro ne l’a effectivement pas fait. Nous avons compté que, en un an, l’État a transmis seize invitations aux médias pour annoncer sa présence à un événement médiatique ou public. Elle se situe derrière Cesla Amarelle et Pascal Broulis, qui dépassent les 20 invitations, ainsi que derrière Nuria Gorrite et Béatrice Métraux (toutes deux à 17).

Créé: 29.07.2019, 10h33

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