«Beaucoup de questions sur l'islam arrivent au pasteur»

ReligionUn cycle de conférences sur l’islam débute mercredi soir à Crêt-Bérard. Le but: ouvrir le débat sur des questions récurrentes.

Le pasteur Timothée Reymond est en charge du dialogue interreligieux au sein de l’EERV. Ses paroissiens le questionnent souvent sur l’islam, ses dangers et ses opportunités.

Le pasteur Timothée Reymond est en charge du dialogue interreligieux au sein de l’EERV. Ses paroissiens le questionnent souvent sur l’islam, ses dangers et ses opportunités. Image: Odile Meylan

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De tradition chrétienne réformée, le centre Crêt-Bérard, à Puidoux, se penche sur l’islam avec un cycle de quatre conférences qui débute mercredi soir. Timothée Reymond, pasteur en charge du dialogue interreligieux dans l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV), explique les raisons de ce programme. Il en est le coorganisateur avec le pasteur résident de Crêt-Bérard, Alain Monnard, et le pasteur, théologien et écrivain Shafique Keshavjee.

Qu’est-ce qui pousse trois pasteurs protestants à organiser un cycle sur l’islam?
D’abord, il faut préciser que l’organisateur, c’est Crêt-Bérard et pas directement l’EERV. C’est important car ce lieu, même si son histoire est ancrée dans la tradition chrétienne, jouit d’une grande liberté et attire des gens de tous horizons. Ensuite parce que, en tant que pasteurs, beaucoup de questions nous arrivent de la part de personnes de tradition chrétienne.

Quel genre de questions?
Dans notre société plurireligieuse, il y a par exemple de plus en plus de parents qui sont confrontés à l’envie de se convertir d’un enfant. Il y a aussi toutes les questions qui émanent du traitement médiatique d’événements anodins – en tout cas exceptionnels – concernant la communauté musulmane, comme dernièrement le refus de serrer la main à leur enseignante de deux jeunes Bâlois. Ou encore celles autour du lien entre l’Etat islamique et l’islam.

N’est-ce pas ambitieux de vouloir y répondre?
Nous voulons apporter des débuts de réponse, et surtout ouvrir le débat. Dans ce but, chaque conférence sera suivie, avant le débat public, de l’intervention d’un préopinant qui, a priori, a un avis différent.

Seuls deux des conférenciers – sur huit – sont de confession musulmane…
C’est vrai. Parmi les quatre «regards» proposés, deux se veulent clairement ancrés ici et pas connotés confessionnellement – regard universitaire et citoyen –, un autre aborde l’interreligieux – regard chrétien – et le dernier donne la parole à des représentants de la communauté musulmane. Le but est de proposer un débat large et ouvert, avec des connaisseurs dont le recul et l’honnêteté intellectuelle sont reconnus, qui parle aux citoyens d’ici désireux de connaître le cœur et les visions de l’islam.

Cette ouverture, la constatez-vous aussi de la part de la communauté musulmane?
Oui! Les mosquées vaudoises ont largement ouvert leurs portes ces dernières années. Mais, parfois, leurs voisins renoncent à faire le pas d’y entrer. On parle d’intégration pour les musulmans, on devrait aussi réfléchir dans le sens inverse: celui qui n’a pas la volonté de rencontrer l’autre, de connaître l’islam, garde ses fausses idées. La population bouge, les traditions et les peuples se mélangent; le choix du repli sur soi n’est jamais porteur.

«La population bouge, les traditions et les peuples se mélangent; le choix du repli sur soi n’est jamais porteur»

Doit-on pour autant accepter les courants de l’islam qui refusent le mariage mixte, voilent les femmes ou adhèrent à certains actes terroristes?
Il ne s’agit pas d’accepter ou d’interdire tel ou tel courant religieux. Nous vivons dans un pays de lois que chacun doit respecter, salafiste, chrétien fondamentaliste ou membre d’un quelconque groupe sectaire. Ces groupes qui pensent détenir la vérité ne sont pas forcément religieux d’ailleurs, mais présents dans tous les domaines de la vie sociale.

Les chrétiens vaudois sont-ils prêts à faire une place à la communauté musulmane en cas de reconnaissance par l’Etat?
En tout cas, ce partage ne me choque pas du tout. Il est important que les prisons accueillent des aumôniers musulmans, que nous formions des imams ici. Par ail­leurs, très nombreux sont les musulmans en Suisse qui ne pratiquent pas leur religion au quotidien, mais tiennent essentiellement à faire le ramadan. On est loin de l’image que nous renvoient les médias.

L’islam en question(s) Me 11 et 25 mai, sa 4 juin, me 22 juin, 20 h. Crêt-Bérard, Puidoux (www.cret-berard.ch). (24 heures)

Créé: 11.05.2016, 07h32

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