Quitter l'hôpital 2 jours après l'accouchement

PhénomèneFace à la demande croissante des femmes et l’engorgement de la maternité, le CHUV promeut activement les retours rapides à domicile.

Toujours plus de femmes souhaitent rentrer chez elle moins de trois jours après l’accouchement. Le CHUV vise un quota de 2 à 3% de sorties accélérées

Toujours plus de femmes souhaitent rentrer chez elle moins de trois jours après l’accouchement. Le CHUV vise un quota de 2 à 3% de sorties accélérées Image: Florian Cella

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Trois ou quatre jours d’hôpital après l’accouchement. Cette durée de séjour standard s’applique toujours à la majorité des Vaudoises. Mais elles sont de plus en plus nombreuses à vouloir rejoindre leur domicile plus rapidement. Pour répondre à cette demande et désengorger du même coup une maternité régulièrement saturée, le CHUV promeut activement le retour rapide à domicile, soit moins de 72 heures après la naissance du bébé.

Un prospectus du Département de gynécologie et obstétrique détaille la nouvelle option et les mesures d’accompagnement postnatal. «Il y a peu de retours rapides aujourd’hui, car l’information n’est pas assez accessible, regrette Pascale Gerdy, infirmière cheffe de service de l’Unité du postnatal de la maternité du CHUV. Notre flyer dit: oui c’est possible, et voici comment s’organiser. Avant, on disait aux mamans que la durée d’hospitalisation était de quatre jours, point final. Aujourd’hui, elles nous font des demandes précises selon leurs besoins et leurs envies.»

Trois critères
Les candidates à la sortie rapide doivent avoir le feu vert des gynécologues de la maternité concernant leur santé et celle du bébé. Deuxième prérequis: choisir une sage-femme indépendante et un pédiatre avant l’accouchement, lesquels prendront le relais à la sortie. Enfin, les femmes doivent s’assurer le soutien d’un membre de la famille ou d’un ami. «Quelqu’un qui donnera un coup de main pour permettre à la maman de se reposer, détaille Pascale Gerdy. Par exemple en s’occupant quelques jours des autres enfants ou en apportant un repas. Evidemment, si une femme n’a pas pris ces dispositions avant l’accouchement et décide de sortiraprès deux jours, nous ferons tout pour que cela soit possible. De même, nous ne forçons pas un départ rapide programmé si une dame souhaite rester parce qu’elle est fatiguée ou qu’il y a des complications. Rien n’est gravé dans le marbre.»

La maternité du CHUV, qui a enregistré 3000 naissances l’an dernier, aimerait atteindre l’objectif de 2 à 3% de séjours abrégés. Ce projet n’engendrera pas de réelles économies financières, selon Pascale Gerdy, mais un gain de fluidité dans la maternité, engorgée par vagues. «Chacun, à son niveau, y trouve son compte. Nous ne lâchons pas ces femmes dans la nature. La maison, c’est l’endroit le plus sûr du monde. L’hôpital regorge de microbes et de maladies. Les mesures d’accompagnement leur assurent en outre un suivi personnalisé avec un interlocuteur unique qu’elles ont choisi.»

Le programme a la bénédiction des sages-femmes indépendantes, associées dès le départ au projet. «Avoir un contact en fin de grossesse avec la maman que l’on va accompagner ensuite à domicile est bénéfique, relève Laurence Juillerat, présidente du groupement des sages-femmes indépendantes du canton de Vaud. Cela permet d’assurer un suivi à long terme de qualité et de préparer la sortie. Il fut une époque où les femmes pensaient qu’elles se reposaient à la maternité. Elles se rendent compte aujourd’hui qu’elles le font mieux à domicile, pour autant qu’elles soient encadrées.» «Il faut vraiment préparer les choses en amont, insiste sa consœur, Barblina Ley. Ces femmes doivent être très entourées. On est plus faible physiquement deux jours après l’accouchement que quatre.»

Surveillance étroite
Les sages-femmes prennent en charge entre 70% et 80% des Vaudoises sortant de maternité. La majorité d’entre elles n’ayant pas établi de contacts préalables, elles sont dirigées vers la sage-femme de garde.

Pour la profession, les retours rapides impliquent aussi davantage de visites pour surveiller plus étroitement le nouveau-né et effectuer des tests pratiqués normalement à la maternité trois jours après la naissance. Peu importe le nombre des interventions; elles sont toutes remboursées par l’assurance de base pendant une durée de dix jours. Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme post-partum (postnatal) du CHUV. Il vise à mettre en place un encadrement personnalisé pour les jeunes mamans et à soulager les soignants en adaptant les soins aux besoins de chaque patiente.

Le concept de retour rapide sera bientôt présenté aux gynécologues de ville et à Profa afin qu’ils passent le mot aux femmes enceintes. (24 heures)

Créé: 17.01.2015, 10h05

La maison de naissance plutôt que l’hôpital

Davantage de femmes doivent être encouragées à accoucher dans une maison de naissance plutôt qu’à l’hôpital. A la fin de l’année dernière, le National Institute for Health and Care Excellence (NICE), un organisme rattaché au ministre de la Santé britannique, a fait sensation en faisant cette recommandation. L’institution se base sur une étude montrant que, pour les femmes dont la grossesse est à faibles risques et qui ont déjà eu des enfants, l’accouchement dans une institution gérée par des sages-femmes ou à domicile est aussi sûr qu’à l’hôpital. Dans la foulée, la Fédération suisse des sages-femmes (FSSF) a repris cette revendication dans un communiqué. La FSSF milite en effet de longue date pour la création de maisons de naissance dans notre pays.

En 2013, elle a remis une pétition à la Conférence des directeurs cantonaux de la Santé en ce sens. Les futures mamans restent toutefois attachées aux hôpitaux. En 2012 en Suisse, sur quelque 82 000 nouveau-nés, seuls 719 ont vu le jour à la maison et 1121 en maison de naissance.

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