Qui sont les référendaires estudiantins de l’Uni de Lausanne

CampusUn groupe d'origines variées veut soumettre au plus grand nombre la question de l’appartenance de leur association à une faîtière nationale.

Le comité De g. à dr.: Boris Colinas, Clémence Demay, Laure Badi-Dubois, Lucas Perdrisat et Jonathan Vuille.

Le comité De g. à dr.: Boris Colinas, Clémence Demay, Laure Badi-Dubois, Lucas Perdrisat et Jonathan Vuille. Image: CHANTAL DERVEY

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Tous les midis, ces dernières semaines, ils se sont postés à l’entrée de l’Unithèque, le bâtiment qui abrite la Bibliothèque universitaire ou la «Banane» pour les plus anciens. Et ils ont demandé aux étudiants et étudiantes qui entraient ou qui sortaient d’apposer leur signature sur une feuille.

Ils, ce sont les membres du comité référendaire qui conteste une décision prise par la Fédération des associations d’étudiants (FAE) de l’Université de Lausanne.

En jeu, le fait de sortir de l’association estudiantine nationale, l’UNES, qui regroupe des représentants de la plupart des Hautes Ecoles universitaires du pays. C’est l’assemblée des délégués de la FAE qui a décidé en avril dernier qu’il fallait en finir avec cette appartenance. Et plusieurs étudiants, membres de l’assemblée des délégués ou pas, ont estimé qu’un virage de cette importance devait être soumis à un plus grand nombre de personnes. La FAE est censée représenter l’ensemble des quelque 14 000 inscrits à l’UNIL, par le biais des associations de facultés, au nombre de dix. C’est la toute première fois que l’outil du référendum estudiantin, introduit depuis 2013 dans les règlements de la FAE, est utilisé.

Associations méconnues

«Il y a beaucoup d’étudiants et d’étudiantes à l’UNIL qui ne savent même pas que des associations estudiantines les représentent et les défendent, commente Lucas Perdrisat, membre du comité de l’Association des étudiants en Lettres, qui agit à titre personnel. Ils ne savent pas ce qu’est la FAE, et encore moins l’UNES. Ce référendum est une occasion de le leur expliquer, et de leur rappeler que ces conditions d’études ne sont pas forcément un acquis.»

Il précise que, parmi les référendaires, on trouve des personnes venant de toutes les filières d’études, aussi bien favorables à une sécession d’avec l’UNES que le contraire. Le comité compte une trentaine de membres, plus ou moins actifs. «Les étudiants que j’ai abordés étaient pour la plupart contents de pouvoir discuter de ce sujet, commente Clémence Demay, ancien membre du bureau de la FAE, membre du comité référendaire et étudiante en droit. Il faut dire que, devant la «Banane», on trouve souvent tout et n’importe quoi. Alors, quand on leur dit que ça concerne l’UNIL, ils sont intéressés.»

«Personnellement, j’étais choquée que la décision de quitter l’UNES soit prise et que personne en dehors des délégués n’ait l’air d’être au courant», estime Laure Badi-Dubois, étudiante en sciences politiques, elle aussi référendaire. Lucas Perdrisat estime le nombre de signatures récoltées jusqu’à présent à environ 600. Il en faut au moins 200 jugées valables dans un délai de 20 jours. Soit en gros d’ici à la mi-juin. Chaque signataire se voit demander son nom complet, sa Faculté et, point permettant l’identification, son adresse e-mail d’étudiant UNIL. «Le bureau et la secrétaire générale de la FAE enverront en guise de vérification un message leur demandant si c’est quelqu’un d’autre qui a signé à leur place», détaille Lucas Perdrisat. La votation devrait avoir lieu avant la fin de cette année civile, et certainement après les derniers examens qui s’approchent, ainsi qu’après les vacances d’été qui vont suivre. (24 heures)

Créé: 09.06.2016, 10h14

Analyse

L’échec des bourses a dépolitisé le s représentants étudiants

La Fédération des associations d’étudiants (FAE) de l’UNIL est connue entre autres pour avoir servi de vivier de développement de futurs engagés et engagées politiques, aux niveaux communal, cantonal et national. L’exemple qui revient souvent est l’actuel conseiller d’Etat vaudois socialiste Pierre-Yves Maillard, qui fut secrétaire général de l’association estudiantine.

Mais aujourd’hui, en 2016, on peine à identifier dans le microcosme de la FAE des personnes susceptibles de suivre ce genre de chemin. Les membres du comité exécutif et de l’assemblée des délégués semblent majoritairement des personnes qui ont un rapport plus lointain avec la politique. Au contraire de ce que l’on peut toujours constater au niveau national, à l’UNES, la FAE au niveau suisse. Et dans ce registre, on peut estimer que l’échec de l’initiative fédérale sur l’harmonisation des bourses d’études, dont le texte avait été élaboré par l’UNES et ses sections, FAE en tête, a contribué à dépolitiser les représentants étudiants à l’UNIL. Bon nombre d’entre eux voyaient dans l’initiative sur les bourses d’études un aboutissement concret de leur engagement pour la défense des conditions d’études. Du côté des instances dirigeantes de la FAE, on estime avoir beaucoup donné en temps et en énergie sur ce sujet, et on pense que ce naufrage est dû en partie à un mauvais fonctionnement de l’UNES. Et l’on s’est recentré sur des projets de proximité. La tenue d’un référendum sur l’appartenance à l’UNES marque peut-être
dans ce sens un repolitisation d’une partie des étudiants et étudiantes.

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