Le regard rivé sur les prévisions météo

PluieLes gérants de terrasses et les organisateurs d’activités doivent prendre des décisions alors que le temps est très instable.

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Sale temps pour les terrasses, surtout celles qui, éphémères, ne peuvent pas compter sur la présence d’un bistrot abrité et chauffé. Le pire, ce n’est pas seulement la pluie, mais l’instabilité qui prévaut depuis la fin du mois de mai et devrait se prolonger jusqu’aux derniers jours de juin. Ouvrir ou non? Le dilemme est quotidien.

«Nous sommes obligés de jongler en fonction des prévisions», relève Katharina Trüb, cogérante de la terrasse estivale Bourg Plage, sous les arches du pont Bessières. Les responsables du lieu ont beaucoup utilisé l’application de prévision à très court terme Landi, conçue pour les agriculteurs. Puis ils se sont mis à RainToday. Avec des résultats variables, comme la météo. Lundi, il n’y avait pas de doute: «Ça ne fait vraiment pas envie, nous n’avons pas ouvert», déclare Katharina Trüb. Par temps changeant, le risque est d’ouvrir avec une équipe fournie au service pour quelques bières seulement. Ou, au contraire, de fermer alors qu’une belle éclaircie profitable s’impose. «Cette année, ce n’est pas rentable pour l’instant. Nous espérons un bel été par la suite», souligne Katharina Trüb.

Les applications favorites sont aussi consultées à la buvette éphémère La Galicienne, au pied du viaduc de Prilly… Les responsables forcent le destin, même si des averses s’annoncent. D’autant plus que les fans peuvent suivre les retransmissions de l’Eurofoot. «Nous devons être prudents pour minimiser les charges. Mais notre choix est d’ouvrir le plus possible, de montrer que nous sommes actifs, pour que les gens prennent l’habitude de venir. Nous scrutons assez la météo pour nous dire que ça peut tourner. Il faut avoir une vision de la saison à plus long terme. Soyons optimistes!» déclare le responsable, Lucas Girardet.

A La Terrasse de Lutry, qui totalise près de 250 couverts quand il fait beau, Julien Dentan, adepte de l’application de MétéoSuisse, a dû se résoudre à fermer son établissement, lundi, la mort dans l’âme. Non sans avoir levé les yeux pour se rendre compte des précipitations. «C’est la pire saison depuis neuf ans que nous sommes ouverts. En plus d’annuler des réservations, nous avons dû jeter tout ce qui était frais: salades, oignons et poissons servis au bord de l’eau.»

Les applications de prévisions à court terme sont inutiles lorsque la décision de mettre sur pied ou non un événement doit être prise à l’avance. Georges Guinand, créateur du tournoi de football juniors Graines de foot qui s’est déroulé le week-end dernier, en sait quelque chose. «Mercredi matin, je dois prendre la décision car les clubs passent leurs commandes de marchandises jeudi. Dès dimanche ou lundi matin, je prends contact avec les instituts de météo et j’obtiens les dernières infos mercredi», explique-t-il. Finalement, l’eau a été plus abondante que prévu par endroits. «Je touche du bois», conclut-il, en prévision des finales, samedi à Lausanne ( lire en page 14).

D’autres n’ont pas le choix. L’Association morgienne d’activités culturelles (AMAC) met sur pied la Fête de la musique, à Morges, ce samedi. «Nous savons que nous aurons moins de monde que par beau temps et que ce sera plus compliqué sur le plan financier», souligne Tatyana Laffely Jaquet, secrétaire de l’AMAC.

Reste que la météo instable a d’ores et déjà des conséquences négatives pour les activités estivales qui ont commencé. La piscine de Vevey-Corseaux Plage annonce une baisse des entrées proche de la moitié par rapport à la même période, l’an dernier. Bellerive-Plage, à Lausanne, annonce une fréquentation située au quart de l’habitude.


«Mieux vaut une bonne rincée trois jours que la pluie en continu»

«La dépression, comme celle qui persiste au-dessus de l’Europe occidentale actuellement, porte bien son nom tant la pluie plombe le moral.» Directeur de la météorologie chez MeteoNews, Frédéric Glassey a le sens de la formule pour parler du temps qu’il fait.

La situation qui prévaut en ce mois de juin est-elle exceptionnelle?

On peut en effet parler d’anomalie, car la pluie tombe quasi en continu depuis environ 12 jours. En termes de températures, avec une moyenne de 16 à 18 °C par jour, on est en dessous des normales de saison (20-22 °C), mais pas tant que ça. S’agissant des précipitations, la Suisse romande est actuellement dans la moyenne. A Aigle, par exemple, il est tombé, en ce début de juin, 48,7 mm de pluie. A titre de comparaison, fin mai, il était tombé 50 mm d’eau en une nuit. Les gens oublient que, en Suisse, le mois de juin est le plus arrosé. Le véritable souci – qui pèse sur le moral – est la pluie qui tombe quasi tous les jours. Il vaudrait mieux une bonne rincée pendant trois jours puis deux semaines de beau mais, dans le canton, la dernière série de sept jours totalement secs remonte à début mai.

A quoi est dû ce temps particulièrement pluvieux?

A la persistance d’une dépression sur l’Europe occidentale, bloquée à l’ouest par l’anticyclone des Açores et par l’anticyclone continental, à l’est. Elle se déplace légèrement, mais nous restons sous sa zone d’influence. Et, pendant ce temps-là, il fait 30 °C en Ukraine et en Roumanie.

On peut donc parler d’un mois de juin pourri?

Oui, mais plus dans l’impression que dans les chiffres, car on attend du mois de juin qu’il fasse grand beau. Il est difficile de prévoir le retour du soleil, peut-être dans les derniers jours de juin. Il sera de toute façon difficile de faire pire.

E.BZ

Créé: 14.06.2016, 06h43

Technologie

Sur les smartphones, des applications à la pelle scrutent le ciel

Il y en a des sérieuses, des minimalistes et même des fantaisistes, où annoncer le temps qu’il fait n’est qu’un prétexte à vendre des photos de femmes dénudées. Pour les smartphones, les applications dédiées à la météo se comptent par milliers. Nous en avons sélectionné quatre, deux payantes, deux gratuites, et les avons testées lundi sur Lausanne. Verdict.

MeteoSwiss (gratuite) Austère, peu intuitive, elle n’affiche ses prévisions que sur une tranche de six heures. A moins d’entrer dans le détail des cartes, pas toujours simples à lire et qui ont manqué quelques précipitations tombées
à Lausanne.

Landi Météo (gratuite) Détaillée, très complète et particulièrement fiable sur la journée de lundi, l’application Landi séduit par la clarté et la richesse de ses informations, notamment présentée sous forme de petite dépêche. Au petit test des prévisions, elle n’a pas déçu.

WeatherPro (payante) La Rolls des applis météo. Distillant ses prévisions par tranche de trois heures, elle s’est révélée la plus fiable et la plus précise. Point négatif: de nombreuses options, à l’image des animations satellites, sont payantes, en plus de l’achat
de l’application.

MeteoNews+ (payante) Sûrement la plus complète, c’est aussi la plus compliquée tant elle regorge d’options. Elle aussi très fiable malgré des réadaptations de dernière minute, elle séduit par ses bulletins météo, valables pour tout le pays.

E.BZ

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