Entre regrets et projections, les partis tirent les leçons du scrutin

Élections fédéralesLe PS a conservé son 5e siège d’un cheveu face à la gauche radicale. Au centre, l’union des Pirates et des Vert’libéraux a été déterminante.

Dépouillement des bulletins de vote le dimanche 20 octobre 2019 à Daillens.

Dépouillement des bulletins de vote le dimanche 20 octobre 2019 à Daillens. Image: KEYSTONE/Laurent Gillieron

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Les calculatrices crépitent depuis dimanche soir dans les partis politiques. Elles sont alimentées par la masse d’informations – près de 10'000 chiffres – publiées par l’État de Vaud depuis dimanche soir, dès que les résultats des élections fédérales ont été connus.

Quels enseignements peut-on tirer de cette montagne de chiffres? Tant à droite qu’au centre et à gauche, il peut y avoir des surprises. Tour d’horizon des leçons à retenir pour les prochaines élections.

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Le PS, Maillard et ses électeurs de droite

À gauche, il apparaît que les socialistes ont eu très chaud. Ils ont certes récolté plus de 690'000 suffrages. Mais avec seulement 1500 de moins, ils perdaient un de leurs cinq sièges, au profit de la gauche radicale. «En 2015, nous avions aussi conservé notre cinquième siège de justesse», rappelle Jessica Jaccoud, présidente du PS et première vient-ensuite au Conseil national. «Mais si nous regardons le résultat des autres cantons, nous avons le sentiment d’avoir particulièrement bien résisté à la vague verte. Ce qui est clair, c’est que la gauche vaudoise n’a jamais été aussi forte, avec près de 45% des suffrages.»

La droite estime que Pierre-Yves Maillard sauve à lui seul le PS. Les chiffres le prouvent-ils? Sur les 59'000 voix que l’ancien ministre a récoltées, on peut observer que les électeurs PLR et UDC lui ont accordé 3700 suffrages, contre 1200 à Ada Marra.

Peut-on en déduire que les électeurs de droite ont accordé à Pierre-Yves Maillard le petit plus qui permet au PS de sauver la mise? Kevin Crausaz, secrétaire général de l’UDC Vaud, le réfute: «On sait que M. Maillard est rassembleur et qu’il prend des voix un peu partout. Mais il serait réducteur de conclure que les électeurs PLR et UDC ont permis l’élection d’un socialiste.»


Il a manqué 17 bulletins à la gauche radicale

Les chiffres de l’élection montrent que les regrets peuvent être grands du côté de la gauche radicale. Avec déjà plus de 138'000 voix, il ne lui en manquait que 310 pour faire son retour au parlement. «Cela représente 17 bulletins, c’est-à-dire 17 personnes qui auraient mis notre bulletin dans l’urne sans le modifier», observe Pierre Conscience, le coordinateur de la campagne d’Ensemble à Gauche. «Cela confirme notre regret que cette campagne se soit faite avec des disparités financières importantes, certes habituelles, mais très problématiques. Cela a rendu plus difficile l’exercice de faire connaître notre programme.»


Le 19e siège va aux Vert’lib grâce aux Pirates

L’un des enjeux de l’élection était de savoir qui hériterait du 19e siège vaudois au Conseil national, car le canton n’en comptait que 18 jusqu’ici. Réponse: les Vert’libéraux, qui n’en auraient eu qu’un seul sans ce changement. L’analyse montre aussi que, même avec leur très forte progression de dimanche, ils n’auraient remporté qu’un siège sans leur alliance avec le Parti pirate.

Celui-ci a certes reculé depuis 2015. Mais son apport aux Vert’lib est indéniable, car les Pirates étaient alliés à la gauche il y a quatre ans. «L’aide du Parti pirate a été déterminante cette année», souligne François Pointet, président des Vert’libéraux et nouvel élu au Conseil national. «Notre alliance avait également bien fonctionné dans plusieurs districts pour l’élection du Grand Conseil. Elle continuera.»

À noter qu’un apparentement avec le PDC n’aurait rien changé: les démocrates-chrétiens auraient de toute façon été exclus du parlement.


Alliance inutile à droite et perte importante pour l’UDC

À droite, il apparaît que l’UDC a perdu son quatrième siège avec un fossé très compliqué à remplir. Alors qu’elle a récolté 590'000 suffrages, elle aurait dû en récolter 32'000 de plus pour rester à niveau.

Les chiffres montrent qu’une alliance avec le PLR n’aurait rien changé. Alors est-ce que ça vaut vraiment la peine de discuter de s’allier dans ces conditions? «Oui, car cela peut changer une élection dans certains cas, explique Kevin Crausaz. Mais à droite, convenir d’un apparentement est toujours l’objet d’un grand débat. La gauche sait mieux s’y prendre et ça lui est profitable.»

Créé: 22.10.2019, 21h59

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