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A Renens, les start-up apprennent à battre des ailes

Elles sont septante et ont quatre mois pour prouver qu’elles ont de l’avenir, entourées de coaches et de gros sponsors.

La start-Up Share a dream, installée chez Masschallenge, a pour but de mettre en relation des projets humanitaires, des bénévoles et des donateurs. Ici, Niklas Van Neyghem, Nicolas Vos, Guillaume Granelli et Raphael Jüngling.
La start-Up Share a dream, installée chez Masschallenge, a pour but de mettre en relation des projets humanitaires, des bénévoles et des donateurs. Ici, Niklas Van Neyghem, Nicolas Vos, Guillaume Granelli et Raphael Jüngling.
Florian Cella

«Bill Gates a amené les PC dans les foyers et on l’a pris pour un fou. Ce que nous voulons, c’est être les Bill Gates de la simulation.» Grégoire Buchmann est le directeur technique de TFC Simulations, un titre un peu pompeux à son goût. C’est que son projet fou ne fait que démarrer. Lui et ses collègues n’ont pas compté leurs heures, gratuitement, pour développer des simulateurs de courses automobiles à installer dans son salon.

1 million pour le gagnant

Nous le rencontrons à Renens dans les locaux du MassChallenge, un accélérateur de start-up qui pour sa première édition héberge tout l’été 70 entreprises. Majoritairement suisses, dont 15 vaudoises, toutes visent le même but: prendre leur envol. «Nous avons le produit, mais pas encore de clients, confirme Grégoire Buchmann. Ce qu’il nous faut, c’est mettre en place la vente, faire un business plan.» Des compétences qui lui manquent, avoue-t-il, et qu’il espère développer ici. Débuté fin juin, le MassChallenge s’achèvera fin octobre avec l’attribution de 1 million de francs au projet le plus prometteur, mais il n’y a pas que la cagnotte qui intéresse les start-up participantes.

Le fait est que le programme est sponsorisé par de très grandes entreprises. Autant de Nestlé et de Givaudan qui suivent de près ces jeunes pousses, comme des marraines penchées sur un berceau. «Nous cherchons surtout des partenaires dont nous puissions utiliser les services, pas forcément des start-up dans lesquelles investir, même si ce n’est pas exclu. Le fait de pouvoir les approcher de près est un avantage de ce programme. Nous avons déjà trouvé quelques start-up très intéressantes», détaille Stefan Dobrev, qui représente Nestlé.

Les tout premiers pas

«La première chose pour nous c’était d’avoir un lieu où travailler», commence pour sa part Niklas Van Neyghem. Agé d’une vingtaine d’années, il est le président de Share a Dream, une micro-entreprise qu’il a fondée il y a à peine quelques mois avec quatre amis frais émoulus des hautes écoles du coin. Alors qu’il travaillait à la maison jusque-là, nous le trouvons avec son équipe en pleine réunion dans le grand open space que le MassChallenge met à la disposition des participants. Share a Dream est une plate-forme Internet dont le but est de mettre en relation des projets humanitaires, des bénévoles et des donateurs.

L’aventure démarre donc tout juste et si le site existe déjà et que les premières ONG à soutenir ont été sélectionnées, le nerf de la guerre reste le financement: «A ce stade, nous cherchons des entreprises qui puissent contribuer. Ici nous avons un accès direct aux personnes qui prennent les décisions dans des sociétés qui peuvent devenir nos clientes», explique Niklas Van Neyghem. Encore soutenus par leurs proches, les jeunes startupers se donnent jusqu’à janvier pour être indépendants, et le MassChallenge leur a déjà permis de trouver deux de leurs premiers gros partenaires.

Peu d’élus

Outre les sponsors, qui envoient leurs juristes et leurs spécialistes en marketing pour coacher les participants, d’autres acteurs s’intéressent à ces start-up en train d’éclore, comme Daniel Brandenburger. Consultant indépendant auprès des PME, il ne manque pas de tempérer l’enthousiasme ambiant: «Les jeunes entrepreneurs bénéficient aujourd’hui de nombreuses aides et autres programmes pour se lancer. Mais une fois passée cette étape, trouver les financements dont ils ont besoin peut être extrêmement difficile. Tous ne le réalisent pas forcément.»

Président de la Fondation Inartis, qui organise le MassChallenge (lire ci-contre), Benoît Dubuis défend l’esprit d’entreprise de ses jeunes pousses, non sans garder les pieds sur terre: «Soyons réalistes, seul un petit nombre de ces projets va se concrétiser. Mais c’est une manière unique pour les entrepreneurs de tester leurs idées et un levier important pour enrichir et dynamiser notre tissu industriel.» Si cet objectif s’avère concluant, le MassChallenge pourrait bien revenir chaque année à Renens aider d’autres start-up à s’envoler.

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