Renens veut développer la petite industrie innovante

Economie localeLa disparition définitive des imprimeries IRL incite la Ville à renforcer son pôle design et économie participative.

Dans les anciens locaux des imprimeries IRL, on trouve aujourd’hui, entre autres, le laboratoire participatif, innovatif et citoyen UniverCité.

Dans les anciens locaux des imprimeries IRL, on trouve aujourd’hui, entre autres, le laboratoire participatif, innovatif et citoyen UniverCité. Image: Vanessa Cardoso

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Un peu plus de 6 millions de francs pour racheter le terrain qui abritait les IRL (Imprimeries Réunies Lausanne), sur le site du Closel. C’est ce que demande la Municipalité de Renens à son parlement. L’Exécutif renanais adjoint à cette demande un plan pour favoriser l’épanouissement d’un tissu industriel innovant. Comme l’explique la syndique, Marianne Huguenin, «c’est une vision que nous avons du développement économique de notre commune». Dans cette vision, le Closel est une pièce maîtresse.

«En tant que membre de la Municipalité, j’ai vécu deux chocs, continue la syndique. La fermeture de l’usine de bas IRIL, le plus gros employeur de la commune, et celle de l’usine Kodak, notre plus gros contribuable. Aujourd’hui, nous voulons faire tout notre possible pour conserver un tissu industriel. Mais il est vrai qu’il prend une autre forme.»

«Aujourd’hui, nous voulons faire tout notre possible pour conserver un tissu industriel. Mais il est vrai qu’il prend une autre forme»

L’annonce du départ des anciennes IRL, en 2012, avait déjà forcé à repenser les choses. C’est ainsi que le chef-lieu de l’Ouest lausannois a concentré ses forces sur la promotion d’un pôle lié au design, favorisé par la présence, en lieu et place de l’ancienne usine IRIL, de l’ECAL, la haute école vaudoise de design et d’arts appliqués. Des ateliers pour l’incubation et le développement d’entreprises sont alors venus s’implanter à Renens.

Laboratoire participatif

Le bâtiment du Closel a lui été racheté par CACIB SA, une société détenue à 60% par la Ville. UniverCité y est née en 2014. Il s’agit d’une structure qui accueille un laboratoire citoyen et participatif, animé par l’Association Hackuarium, qui utilise les sciences de la vie au profit du design et d’autres disciplines. L’endroit héberge aussi un espace de coworking, avec plusieurs jeunes entreprises, et un atelier qui mutualise des outils mécaniques et des machines pilotées par ordinateur. Les idées y sont partagées et rendues publiques. Des ingénieurs, en formation ou déjà diplômés, y côtoient des biologistes, des graphistes, des spécialistes de la recherche de fonds participative et ainsi de suite, dans un bouillon créatif.

La formation est aussi présente, avec un cycle de Master de la Haute Ecole de Suisse occidentale (HES-SO) et de l’ECAL, et avec le semestre de motivation de Renens, Mobilett, responsable de la cafétéria. Si l’on en croit l’évolution de la fréquentation de cette dernière, le développement du site est en marche: de 30 couverts à midi en 2012, on est passé à 120. Et on en prédit déjà 200 pour l’an prochain!

Le rachat aux CFF du terrain de plus de 12'000 m2 sur lequel se trouvent les locaux des anciennes IRL est une suite logique. La maîtrise du foncier permettra de «stabiliser» le tout, selon le mot de Marianne Huguenin. Elle glisse au passage que le bâtiment lui-même, classé au patrimoine architectural, devra subir des transformations.

Le projet devrait s’accompagner de l’arrivée de nouveaux occupants: de jeunes entreprises issues du pôle design, par exemple, et le site du Closel devrait être renommé «Ateliers de la Ville de Renens». Enfin, l’Exécutif renanais propose aussi au Conseil communal, via le budget 2016, de consacrer plus de moyens à la promotion économique.

Créé: 07.12.2015, 21h14

Articles en relation

Le laboratoire collaboratif de Renens a réussi son incubation

Innovation Espace d’échange et d’invention, UniverCité fête sa première année en présentant ses jeunes pousses. Plus...

Des biologistes alternatifs s’épanouissent à Renens

Science Leurs projets sont trop insolites pour le milieu académique. Qu’importe: ils les développent à l’espace UniverCité Plus...

IRL plus va tourner sa dernière page

Renens Plombée par l’impression numérique et le franc fort, l’entreprise d’arts graphiques doit licencier ses 44 collaborateurs et déplacer cinq apprentis. Plus...

Licenciements et délocalisation aux Imprimeries Réunies

Emploi IRL plus supprime dix postes à Renens et délocalise son département reliure. Plus...

La disparition d’une grande imprimerie

La nouvelle, tombée au début de l’été 2012, a fait l’effet d’une bombe. Le groupe Swissprinters (regroupant Ringier et NZZ Mediengruppe) annonçait qu’il allait fermer son site de Renens, les anciennes IRL (Imprimeries Réunies Lausanne). En jeu, plus de 120 emplois sur place. Après plusieurs rebondissements et l’engagement conjoint des syndicats, de l’Etat, de la Commune et du monde politique vaudois, une solution a été trouvée: la reprise de l’usine par une nouvelle société, nommée IRL+, en mains d’ex-cadres des IRL, dont l’effectif était réduit de moitié et qui pouvait bénéficier du soutien financier du Canton et de la Commune. En 2013, un nouveau partenaire s’est annoncé, la Fondation de Famille Sandoz, par le biais de son pôle imprimerie, SFF Arts graphiques SA, qui regroupait alors six sociétés et employait 270 personnes. Une opération neutre du point de vue du nombre d’emplois. Mais la situation, qui semblait stable et pérenne, s’est péjorée de manière dramatique début 2015, à cause notamment de la crise du franc fort face à l’euro et de la concurrence tant numérique que transfrontalière. Un premier train de réductions d’effectifs, négocié en janvier, a été suivi par le dépôt de bilan en juillet.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.