La rente de Pierre Chiffelle enflamme les esprits

Grand Conseil vaudoisLa rente accordée à l'ancien conseiller d'Etat vaudois Pierre Chiffelle, qui a démissionné pour raison de santé, a enflammé mardi le Grand Conseil.

Image: CHANTAL DERVEY

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Le député PLR Grégory Devaud a demandé qu'un nouvel avis médical soit établi afin de s'assurer que le socialiste mérite encore ses 10'000 francs mensuels, alors qu'il semble plein d'énergie pour défendre l'association Helvetia Nostra de Franz Weber.

«C'est particulièrement choquant» que Pierre Chiffelle touche encore une telle rente alors que «le simple citoyen» n'aurait jamais droit à un traitement aussi généreux, s'est exclamé le député en s'adressant au Parti socialiste.

Pour mémoire, Pierre Chiffelle a été élu en mars 2002 au Conseil d'Etat et a dû le quitter en août 2004, après six semaines d'arrêt maladie. Le socialiste, avocat de formation, avait parlé de problèmes cardiaques.

«Un scandale»
Dans sa réponse à l'interpellation, le gouvernement a expliqué que Pierre Chiffelle touche une pension de 50% de son traitement (hors pensions d'enfants) en vertu de la loi en vigueur au moment de sa nomination et qui a été modifiée depuis. La somme se monte actuellement à 10'108 francs par mois.

«La collectivité vaudoise a versé des millions pour Pierre Chiffelle, c'est scandaleux», s'est emporté le PLR Pierre Volet. Il a apostrophé le Parti socialiste qui dit «défendre les pauvres» et l'a enjoint de «stopper ces indemnités».

Démagogie dénoncée
«C'est une débauche de démagogie», a rétorqué Jean-Michel Dolivo (La Gauche). Il a dénoncé «la méfiance à l'égard des médecins» puisque selon un avis médical récent, dont le résultat a été transmis au chancelier cantonal, Pierre Chiffelle est toujours victime de problèmes de santé.

«Monsieur Chiffelle, êtes-vous toujours malade», a lancé le chef du groupe PLR Jean-Marie Surer en soulignant l'engagement hors normes de l'avocat en faveur de Franz Weber et du succès de son initiative sur les résidences secondaires. Il s'en est pris lui aussi à la gauche «moralisatrice et démagogique» et a demandé à l'ancien conseiller d'Etat de renoncer à sa pension.

«Pas très fier»
Après de telles envolées, Pierre Chiffelle étant parfois même appelé par certains «l'accusé», Gregory Devaud a brusquement changé de ton, se disant «pas très fier» de son interpellation. Mais «dans les campagnes, on me dit qu'il faut y aller, que c'est pas normal».

Le président du gouvernement Pierre-Yves Maillard a cherché à calmer le jeu, en soulignant que Pierre Chiffelle avait accepté un nouvel examen alors qu'«il aurait pu nous envoyer paître». Si un avis médical supplémentaire devait encore être demandé à un autre spécialiste, son contenu devrait être réservé aux membres de la commission de gestion, a-t-il observé.

La séance a été levée avant qu'une décision ne soit prise sur la détermination déposée par Grégory Devaud. (ATS24 heures)

Créé: 21.01.2015, 09h46

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