Le renvoi forcé d’une famille yézidie deviendra un exemple à ne pas suivre

SécuritéUne commission du Grand Conseil se penchera sur le renvoi d’un enfant malade et de ses parents à la mi-avril.

La famille a été renvoyée le 16 avril dernier.

La famille a été renvoyée le 16 avril dernier. Image: DR

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Même à droite, certains députés ont été «heurtés», selon les mots de la chef du groupe libéral-radical, Carole Dubois, ce mardi au Grand Conseil. En cause: le renvoi forcé d’une famille yézidie résidant à Leysin vers la Géorgie, à la mi-avril.

L’enjeu de ce mardi au parlement était de savoir s’il fallait donner le droit au médecin cantonal de se prononcer sur les renvois forcés avant leur exécution. Dans le cas précis, les parents étaient suicidaires et l’un de leurs enfants était atteint d’un trouble du spectre autistique (nos éditions des 14, 17 et 29 mai dernier).

La gauche, le centre et les Vert’libéraux proposaient de transmettre directement leur proposition au Conseil d’État. Au final, le parlement a décidé, par 70 voix contre 69 (et une abstention), qu’une de ses commissions se pencherait sur cette question. Quoi qu’il en soit, le cas de Leysin devrait devenir un exemple à ne pas suivre. «L’expulsion d’une famille avec un enfant malade heurte bien sûr nos sensibilités, explique Carole Dubois. Le Conseil d’État s’est engagé à étudier la façon de s’assurer de la prise en charge médicale dans le pays de renvoi. Mais un renvoi exécutoire ne peut pas être annulé par le Canton.»

Le Conseil d’État, lui, a déjà son opinion sur cette proposition. Philippe Leuba, le ministre libéral-radical de l’Économie, n’y croit simplement pas: «Le texte proposé est contraire au droit fédéral, commente-t-il. Le cas présent tombe sous le coup de la loi fédérale sur l’asile et le Conseil d’État ne peut demander une admission provisoire que lorsqu’un renvoi est impossible, par exemple en l’absence de liaison de transport.»

Pour la gauche, quelle que soit la loi qui chapeaute un renvoi, l’État ne peut pas renvoyer des enfants malades. «Dans le cas de Leysin, n’importe quel psychiatre vous dira qu’un renvoi est impossible, estime Marc Vuilleumier (POP). D’autant plus dans une communauté massacrée dans le monde entier.»

A Leysin, l'incompréhension demeure suite au renvoi d'une famille yézidie

Créé: 18.06.2019, 21h15

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