La Revue assume ses danseuses sexy

ThierrensFace au mouvement #metoo, est-il juste de présenter des femmes en froufrous sur scène? Les participantes répondent «oui».

Les six danseuses bénévoles de la Revue de Thierrens apprécient de pouvoir se produire sur scène. Pour le côté

Les six danseuses bénévoles de la Revue de Thierrens apprécient de pouvoir se produire sur scène. Pour le côté "sexy", elles rappellent qu'elles jouent un rôle, comme les acteurs Image: Florian Cella

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En ce dimanche gris et froid, les danseuses de la Revue de Thierrens répètent encore en training confortable. Mais dès vendredi, elles seront autrement moins vêtues pour les quatorze représentations de l’incontournable rendez-vous automnal du plateau du Jorat. Comment ces trentenaires, toutes habitantes de la région, vivent leur rôle d’aguicheuses à l’heure de la campagne #metoo et du rééquilibrage des relations hommes-femmes?

«On joue un rôle, comme les acteurs, explique Fiona Isely, membre du ballet de la Revue pour la 11e année. Parfois, on est un peu mal à l’aise quand, au travail, on recroise des gens qui nous ont vues sur scène. Mais je n’ai toujours reçu que des compliments.»

«Les plumes, ça fait partie intégrante d’une revue», rappelle Chrystel Stoky, ancienne danseuse de la Revue de Servion s’occupant désormais des chorégraphies de celle de Thierrens. Pour elle, un ballet de revue doit savoir «jouer sur la féminité pour amener une touche sexy, sans tomber dans la vulgarité». Mais cette limite est parfois difficile à trouver. «C’est eu arrivé qu’on ne sente pas certaines choses, se souvient Fiona Isely. On a toutefois toujours pu en discuter avec les chorégraphes ou les costumières. Et, à quelque part, dépasser nos limites fait aussi partie du jeu.»

«C’est une vraie équipe»

Ancienne danseuse de la Revue s’occupant désormais de l’organisation du ballet, Floriane Martin ne se berce pas d’illusions: «Il faut assumer. On sait qu’on est des filles peu habillées et on est là pour faire joli.» Elle a cependant trouvé bien d’autres motivations pour rester membre du ballet durant plus de dix ans. «Pour des amateurs comme nous, il y a peu d’occasions d’être sur scène. En plus, ici, on peut danser presque tous les styles. Et la Revue, c’est une vraie équipe: les copains de plusieurs danseuses travaillent aux décors.»

Capitaine de la revue, Christian Crisinel ne pourrait l’imaginer sans ballet. «Le ballet amène le côté clinquant. C’est l’emballage cadeau du spectacle, image-t-il. Mais il fait partie intégrante des sketches, tout en permettant aux acteurs de se changer lorsqu’il est sur scène.»

«Vu le taux de remplissage de la salle, ce qu’on fait correspond visiblement toujours à une attente»

L’auteur-acteur-metteur en scène assume d’ailleurs totalement l’aspect sexy. «Bien sûr que les mentalités évoluent. Je ne suis pas sûr que l’on pourrait refaire aujourd’hui un sketch des années 80 sur Woodstock où des filles se faisaient peindre les seins sur scène. Mais une revue est un miroir de la société et vu le taux de remplissage de la salle, ce qu’on fait correspond visiblement toujours à une attente.»

Les auteurs de l’édition 2018 ne pouvaient d’ailleurs rater la thématique du harcèlement sexuel et du mouvement #meetoo. Il figure en bonne place au gré des sketches, aux côtés de la disparition du «Matin», des drones ou des antispécistes. «Notre rôle est de tout tourner en bourrique», rappelle Denis «Bouillon» Meylan, l’autoproclamé «gourou» de la Revue et grand spécialiste des blagues sous la ceinture. «D’ailleurs, on se moque aussi des hommes. Comme quand on dit que la femme sera vraiment l’égale de l’homme quand elle se trouvera séduisante tout en étant grosse et chauve.» Assis à ses côtés dans les coulisses de la grande salle de Thierrens, son complice Fifi Purro trouve le mot de la fin. «De toute manière notre public sait à quoi s’attendre: ça fait plus de 40 ans que c’est comme ça.»

Créé: 20.11.2018, 16h18

Infos

La Revue de Thierrens 2018: «Big Boubouille is watching you»

Quatorze représentations du 23.11 au 15.12 (mais les soirées du 1er et du 8.12 sont déjà complètes). Infos et réservations au 021 905 40 18 (du ma au ve de 18 h à 20 h) ou sur www.larevuedethierrens.ch

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