Après la rigueur, le Conseil d’Etat a desserré les vannes
AnniversaireLe gouvernement à majorité de gauche est entré en fonctions le 1er juillet 2012. En une année, il a lancé de nombreux projets. La droite s’inquiète pour les finances.
ll y a une année jour pour jour, le gouvernement vaudois à majorité de gauche prenait ses quartiers au Château cantonal. En douze mois, le Conseil d’Etat a abattu un énorme travail, faisant avancer des dossiers dans les domaines les plus divers, fonction publique, mobilité, sécurité, santé, social, finances, immobilier, culture. Si les témoins regardent très différemment le bilan de cette première année, tous s’accordent à dire que les investissements tant attendus sont enfin engagés.
Le Canton va rattraper son retard causé par les mesures d’assainissement financier. Il tend à répondre progressivement à l’augmentation impressionnante de la population, tout en s’armant pour conserver sa prospérité. «Le Conseil d’Etat s’attelle à gérer la croissance démographique sans s’interroger sur la croissance elle-même, ce qui est politiquement impossible, estime le Vert’libéral Jacques-André Haury. C’est déjà pas mal d’avoir thématisé cette tendance: pendant la précédente législature, on n’en parlait simplement pas.»
Le basculement à gauche du Conseil d’Etat et le maintien d’une majorité de droite au Grand Conseil ont bouleversé les équilibres. Certains redoutaient des empoignades que d’autres espéraient. Elles ne se sont pas produites.
«Sans arrogance»
Le président des socialistes vaudois, Jean-Michel Favez, résume: «Ça marche beaucoup mieux qu’on ne le craignait.» Philippe Martinet, président Vert du Grand Conseil, a son explication: «Pierre-Yves Maillard a su reprendre la présidence des mains de son prédécesseur, Pascal Broulis, sans arrogance, en laissant à la droite minoritaire des dossiers importants. De manière plus générale, chaque conseiller d’Etat est bien dans ses baskets et bénéficie d’un bon os à ronger, d’un os à moelle. Chacun a désormais sa part de place au soleil.»
Malgré quelques tensions internes, le Conseil d’Etat continue à présenter, en tout cas vis-à-vis de l’extérieur, un front parfaitement uni. Entre le Grand Conseil et le Conseil d’Etat, les relations ne se sont pas vraiment dégradées. Il y a eu certes quelques flambées entre la droite du Grand Conseil et le nouveau président socialiste, Pierre-Yves Maillard, surtout au sujet de l’augmentation des subsides aux primes d’assurance-maladie. Elles sont restées circonscrites au débat sur le budget 2013. D’une manière générale, bien des députés se plaignent d’un certain mépris du Conseil d’Etat à l’égard du parlement. Mais cette irritation ne date ni d’hier ni du nouveau gouvernement.
L’appréciation sur la ligne politique du Conseil d’Etat varie beaucoup selon les interlocuteurs. Le président du Conseil d’Etat, Pierre-Yves Maillard, se plaît lui-même à insister sur son esprit de concordance. Pas plus tard que jeudi dernier, il se félicitait des négociations menées à terme avec les patrons pour les allocations familiales, avec les syndicats sur la Caisse de pensions et avec les Communes sur la répartition des charges.
Le très centriste député libéral-radical Serge Melly établit: «Le Conseil d’Etat construit des positions équilibrées. Il arrive que des projets soient votés par tous, La Gauche et l’UDC exceptées.» Le président de son parti, Frédéric Borloz, est moins enthousiaste: «Peu à peu, les propositions glissent vers la gauche. On sent la majorité du gouvernement très encline à augmenter dépenses et subventions.»
Importants investissements
C’est sur la question des dépenses que la droite est la plus virulente. Si tous les partis appelaient à augmenter les investissements, beaucoup à droite s’inquiètent de la hauteur des engagements pris ces derniers mois. Certains montants donnent le tournis. L’Etat va verser 1,44 milliard de francs à la Caisse de pensions de l’Etat de Vaud. Les investissements hospitaliers prévus se montent à plus d’un demi-milliard. Les petites compagnies ferroviaires devraient recevoir 300 millions pour se moderniser… Il en va de même des dépenses de fonctionnement qui croissent dans divers domaines, comme la police, les prisons, les garderies. L’accord financier avec les Communes implique aussi des pertes de moyens annuels de plusieurs dizaines de millions et la facture sociale devrait continuer à croître.
Malgré la note triple A que l’Etat de Vaud vient de recevoir de l’agence Standard & Poor’s, Frédéric Borloz ne cache pas son inquiétude: «L’augmentation des rentrées fiscales marque le pas. La courbe des dépenses devrait rapidement rattraper celle des recettes.» Un accroissement brutal de la dette fournirait des armes à la droite dans sa reconquête du gouvernement. Mais la gauche est consciente du danger. Le Vert Vassilis Venizelos présente déjà un scénario: «En cas de retournement, nous étudierions immédiatement l’opportunité de diminuer les investissements.»
Créé: 01.07.2013, 07h09
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