A Corbeyrier, on choie ses artistes à domicile

Festival celtiqueLes musiciens à l’affiche du festival, à vivre demain et samedi, logent chez l’habitant. Une proximité qui a fait la réputation du lieu.

Proches du public sur scène, les groupes le sont également des organisateurs, qui choient les musiciens.

Proches du public sur scène, les groupes le sont également des organisateurs, qui choient les musiciens. Image: Pierre Navioz

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Qui a dit que les vieux loups étaient solitaires? A Corbeyrier, les Robaleus (les «voleurs de loups») font volontiers mentir l’adage. Tous les deux ans, plusieurs d’entre eux ouvrent leur tanière ou mettent leur chalet à disposition des artistes programmés au festival celtique Danse avec le loup, qui vivra dès demain sa 11e édition.

Cette proximité s’est rapidement imposée comme une évidence: «On n’a pas d’hôtel à Corbeyrier, observe Dominique Pfister, cofondateur de la manifestation. On a très vite dû trouver d’autres solutions.» Les neuf lits du Bed & Breakfast Le Belvédère, tenu par Bernard et Dominique Gachoud, «sont réservés souvent une année à l’avance par des spectateurs», explique la propriétaire. Restent donc les logements des organisateurs et les différents gîtes et cabanes de la commune, comme le chalet du Ski Club d’Yvorne, à Luan.

Dominique Pfister et son épouse, Myriam, hébergent des artistes depuis les débuts de la manifestation, en 1997. «Cette année, j’accueille deux membres du groupe Mànran et les frères Guichen. Chaque fois, c’est l’occasion de nouer des liens particuliers.» Comme l’an dernier, lorsque le Robaleu a ouvert sa porte au Breton Denez Prigent. «C’est une star dans ce milieu; on essayait de l’avoir à Corbeyrier depuis quinze ans. Ses musiciens n’en revenaient pas quand ils ont appris qu’il logeait chez moi», rigole Dominique Pfister.

Alors que les listes des desiderata d’artistes sont souvent aussi denses et fournies que les forêts bordant le site, un constat s’impose aux yeux de Dominique Pfister: «C’est la simplicité qui l’emporte. Beaucoup de musiciens exigent des chambres individuelles. On doit leur expliquer que c’est pratiquement impossible de satisfaire tout le monde. On présente très tôt aux groupes le contexte. On leur dit qu’ils logeront dans un chalet avec une vue imprenable sur les Alpes. Ils sont assez vite séduits.» Le Breton, l’Ecossais ou l’Irlandais ayant ceci de commun avec le Vaudois qu’il refuse rarement un godet, cet accueil sur mesure amène parfois son lot de situations «improbables»: «J’ai souvenir de concerts de bombarde improvisés au petit matin, à Luan, cet instrument étant très «discret…»

Echange, vin et terroir

Et même quand quelques rares invités font de la résistance, la solution n’est jamais loin: «Une seule fois un artiste a refusé de dormir dans le gîte prévu. On a négocié la chose à 3 h du matin: je lui ai mis une de mes chambres à disposition.»

Membre de la Confrérie du loup qui organise le festival, Jean-Paul Henri ouvrira sa maison à un musicien écossais. Une première pour lui. Les stocks de whisky sont pleins et «on aura l’occasion de lui faire découvrir quelques bons vins et plats de la région. C’est surtout ça, l’âme du Festival du loup et de notre confrérie: tisser des liens, partager des moments conviviaux… Les musiciens adorent.» A tel point que rares sont ceux qui boudent le traditionnel petit-déjeuner des artistes à Luan: «C’est un moment exceptionnel. Souvent, c’est la dernière escale avant le vol pour l’Ecosse, la Bretagne ou l’Irlande», décrit Dominique Pfister. (24 heures)

Créé: 23.06.2016, 11h12

Pratique

Quoi? 11e festival celtique Danse avec le loup de Corbeyrier.

Quand? Vendredi et samedi. Concerts dès 18 h, site ouvert dès 11 h le samedi.

Les concerts Douze groupes se produiront sur deux scènes. Parmi lesquels les Canadiens
de Ten Strings and A Goat Skin ou les Bretons de Dour-LePottier le vendredi, et les Ecossais de Mànran ou Hydromel, habitué des premières éditions et qui fait son retour à Corbeyrier après dix ans.

Avant Grand bal celtique de 14 h à 1 h, le samedi. Magie, contes, jeux.

Après Le traditionnel Feiz Noz, dès minuit, le vendredi.

www.festival-corbeyrier.ch

Des bus après la pluie

«On en est au plan F pour ce qui est du parcage.» Face à la météo chagrine, Dominique Pfister et son équipe préfèrent rester philosophes et s’adapter. Détrempés, les champs servant habituellement de parking n’ont pas été fauchés. «Et quand bien même ils pourraient l’être,
ils restent trop boueux pour qu’on y stationne des voitures.»

Pour faire face, les organisateurs ont donc renforcé leur service de navettes. «Nous avons loué des cars supplémentaires, annonce Jean-Paul Henri, responsable de la sécurité et du parcage. Nous espérons que les gens joueront au maximum le jeu des transports publics.»

Le Robaleu rassure toutefois: «La situation n’est pas catastrophique et nous ne devrions pas être dépassés. Mais on passe d’une configuration confortable à un nombre de places limite.» Le festival attire environ 2000 personnes par soirée, soit quelque 600 véhicules. Il leur sera possible de stationner le long de la route menant de Vers-Cort à Corbeyrier, ainsi que le long du boulevard, à Yvorne. Trusté par une autre manifestation, le parking des Glariers, à Aigle, affiche en revanche complet. Les horaires des navettes peuvent être téléchargés sur l’onglet «Pratique» du site du festival.

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