A Vevey, la fermeture de l’usine Tusa inquiète

IndustrieLa fabrique de tubes en aluminium devrait baisser le rideau cet été, laissant 63 personnes sur le carreau. Les autorités déplorent.

Spécialisée dans la fabrication de tubes d’emballage, l’entreprise Tusa est installée à Vevey depuis 1937.

Spécialisée dans la fabrication de tubes d’emballage, l’entreprise Tusa est installée à Vevey depuis 1937. Image: Patrick Martin

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L’annonce, il y a une semaine, de la fermeture prochaine de l’usine Tusa à Vevey a créé une onde de choc dans la ville. Parce qu’en mettant la clé sous le paillasson cet été pour des motifs économiques, la manufacture spécialisée dans la fabrication de tubes d’emballage en aluminium laissera 63 personnes sur le carreau. Et parce que l’usine, fondée en 1937, est l’un des derniers vestiges du glorieux passé industriel veveysan. A l’instar des anciens ateliers de construction mécanique (ACMV), fermés en 1992 et démolis en 2009, l’usine se trouve au nord de la ville, dans le quartier de Gilamont.

«Il faut maintenir le tissu veveysan de PME industrielles autant que faire se peut»

«Tusa est l’un de nos fleurons industriels, réputé bien au-delà de nos frontières pour ses tubes», réagit le municipal Etienne Rivier, que l’annonce de la fermeture inquiète. «Il est essentiel de conserver, à Vevey, un équilibre entre les terrains voués au logement et ceux dédiés aux petites et moyennes entreprises industrielles. La Municipalité souhaite maintenir ce tissu de PME autant que faire se peut.»

Propriétaire de Tusa depuis 2008, le groupe italien Scandolara entend déplacer les activités de l’usine suisse de l’autre côté des Alpes, à Ascoli, où les coûts de production sont bien moindres. «Nous souffrons de la cherté du franc suisse par rapport à l’euro, et les salaires pratiqués ici rendent nos produits plus chers que la concurrence européenne», expliquait Jean-Marc Moriggia, directeur de Tusa, la semaine dernière.

Ironie du sort, il y a cinq ans, Tusa avait été citée comme mauvais élève par l’Union syndicale suisse, qui lançait alors son initiative pour l’introduction d’un salaire minimum de 4000 francs par mois.

«Salaires pas mirobolants»

«C’est vrai, cette entreprise ne propose pas vraiment des salaires mirobolants à ses employés», confirme Carlo Carrieri, secrétaire syndical de la section Riviera-Est vaudois du syndicat Unia. A l’entendre, la fermeture prochaine constitue un coup dur pour la région. «Plus de soixante familles sont touchées, c’est beaucoup. Je sais que l’usine a fait l’objet de récriminations de la part de voisins se plaignant de nuisances sonores et olfactives. Ses dirigeants ont-ils saisi cette occasion pour fermer, plutôt que de procéder à des travaux de remise en conformité?»

Unia rencontrera le personnel de Tusa cette semaine, «avec, comme première intention, le sauvetage de places de travail. On verra si les employés décident de nous mandater ou non.»

En coulisses, on murmure que les problèmes financiers rencontrés par l’entreprise étaient connus de longue date à l’interne. «Même si le système de production a été revu ces dernières années, des rumeurs de fermeture couraient depuis un certain temps», confie une source bien informée. (24 heures)

Créé: 24.02.2016, 15h25

Pas de médiation de l’Etat

Tusa fabrique des tubes d’emballage en aluminium, destinés principalement à l’industrie pharmaceutique. L’entreprise ratissait plus large par le passé: les tubes de Parfait, par exemple, étaient fabriqués à Vevey.

La semaine dernière, une procédure de consultation avec les employés a été mise sur pied. Elle courra jusqu’au début du mois de mars, et ne devrait, sauf miracle, pas permettre d’éviter le licenciement collectif. D’ici là, les autorités veveysannes iront à la rencontre de la direction: «J’ai déjà pris contact avec le directeur de Tusa afin d’orienter mes collègues sur les raisons exactes de cette fermeture et de réfléchir à l’avenir», explique le municipal Etienne Rivier.

Du côté de l’Etat, on prend note de la procédure de consultation en cours. «Nous n’avons pas eu de demande spécifique des employés ou des syndicats pour une éventuelle médiation», indique Denis Pittet, porte-parole du Département de l’économie et du sport.

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