Aigle sera bientôt dotée d’un cadastre solaire

Energie renouvelableCette cartographie indiquera à chaque habitant le potentiel énergétique de sa toiture.

Pour chaque toit, une liste de données sera fournie et renseignera sur la pertinence d'une installation photovoltaïque.

Pour chaque toit, une liste de données sera fournie et renseignera sur la pertinence d'une installation photovoltaïque. Image: Chantal Dervey

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Les vignes le suggéraient, les habitants le savouraient, mais rien ne le quantifiait. Aigle est une ville ensoleillée, certes, mais à quel point? C’est justement à cette question que le cadastre solaire en cours d’élaboration sera chargé de répondre. Mis en place dans le cadre du label Cité de l’Energie, le concept est simple. Un inventaire de tous les toits de la ville est réalisé et renseigne sur le potentiel de production d’énergie solaire de chacun d’eux. «Une fois la cartographie réalisée, elle sera publiée sur Internet et mise à disposition de la population, annonce Isabelle Rime, municipale en charge de l’Environnement. Tout le monde pourra alors s’informer sur le rayonnement et le rendement de son habitation.»

Le pied à l’étrier

En un clic, plusieurs données individualisées seront en effet accessibles. «Le système indique la surface, l’inclinaison et l’orientation du toit, mais aussi le rayonnement total ou moyen ainsi que le rendement électrique, liste Daniel Klauser, responsable du domaine économie d’énergie chez Meteotest, société spécialisée en charge du projet aiglon. Finalement, une classification est établie en fonction de l’irradiation, à savoir basse, moyenne, haute ou très haute.»

Par ce procédé, la Municipalité d’Aigle souhaite fournir un outil de réflexion à ses habitants. Une manière de les inciter à envisager le recours à l’énergie solaire. «Nous faisons une part du travail tout en laissant le choix aux gens. Ça peut éviter d’être pris au piège. Quand vous demandez un bilan personnalisé, il est parfois difficile de faire marche arrière, il faut souvent argumenter en cas de désistement», justifie Isabelle Rime.

Avec le cadastre solaire, chacun est donc fixé, et ce sans aucune forme d’engagement. «Même si nous savons qu’il y a un bel ensoleillement à Aigle, il est normal de se demander s’il est pertinent d’engager un montant important pour une installation photovoltaïque, admet la municipale. Ce système permet donc d’obtenir des réponses claires.»

Outil intéressant pour les particuliers, le cadastre solaire sera également utile pour la Municipalité ou les professionnels, puisqu’il inclura les bâtiments communaux et les entreprises.

Analyse sur vingt ans

Alors que la mise à disposition du plan est prévue pour début 2016, les premières étapes sont en cours de réalisation. «Nous avons besoin d’un modèle numérique de surface ou représentation du territoire en 3D, explique Daniel Klauser. Pour nous le fournir, une entreprise partenaire a réalisé un vol de mesure il y a deux semaines. En utilisant le plan officiel des bâtiments et les données climatiques des vingt dernières années, nous allons calculer l’irradiation moyenne pour chaque surface de toit, en lien avec son inclinaison, son orientation.» Même les ombres des bâtiments adjacents seront prises en compte.

Une grande précision qui ne doit pas être vue comme une intrusion, selon Isabelle Rime: «Seules les données en rapport avec la surface seront indiquées, il n’est pas question d’ajouter des éléments confidentiels.» Estimé à 14 000 francs du côté d’Aigle, le système est d’ailleurs plébiscité. Meteotest aurait déjà fourni des données à 2,5 millions d’habitants sur l’ensemble du territoire. Largement de quoi rêver de toits…

Créé: 29.07.2015, 11h03

Service à la mode en Suisse romande

La ville d’Aigle n’est de loin pas pionnière en matière de cadastre solaire. Voilà déjà quelques années que le concept prend de l’ampleur en Suisse romande. L’impulsion en la matière vient du canton de Neuchâtel, où la capitale s’est lancée dans ce type de cartographie dès 2011. La Riviera vaudoise n’a pas tardé à suivre puisque dix communes se sont réunies pour élaborer un cadastre commun en 2013. «L’idée a été lancée par la Ville de Vevey et nous nous sommes ensuite regroupés pour rationaliser les coûts, explique Thomas Würsten, délégué à l’énergie de la Ville de Vevey. Il est difficile d’évaluer le lien entre ce projet et les actions concrètes des particuliers, mais, à l’époque, ç’avait été très apprécié, beaucoup de gens avaient participé à la réunion d’information et, encore aujourd’hui, le site est bien consulté. C’est vrai que nous avons beaucoup d’installations photovoltaïques depuis deux ans, mais il ne faut pas négliger le fait qu’elles font l’objet d’une subvention.»

Plus récemment, d’autres ont adopté l’outil à plus ou moins grande échelle, comme le Jura bernois en mars 2014, suivi de Fribourg à l’automne ou encore de la petite commune broyarde de Treytorrens cette année.

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