Après Pékin, Aigle accueillera la plus grande manifestation viticole du monde

PékinLe chef-lieu du district a décroché, dimanche en Chine, l’organisation du Concours mondial de Bruxelles. Une première en Suisse.

Dai Bindin (à g.), maire de Haidian, JeanJacques de Dardel, ambassadeur de Suisse en Chine et Frédéric Borloz, syndic d’Aigle.

Dai Bindin (à g.), maire de Haidian, JeanJacques de Dardel, ambassadeur de Suisse en Chine et Frédéric Borloz, syndic d’Aigle. Image: Christophe Boillat

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Dimanche sur les coups de midi, au Beijing Nirvana Resort Hotel, le maire du district de Haidian, à Pékin, a remis solennellement le verre officiel du Concours mondial de Bruxelles (CMB) à Frédéric Borloz, syndic d’Aigle en Suisse. C’est officiel, la 26e édition du CMB se déroulera du 2 au 5 mai 2019 au Centre mondial du cyclisme.

Tout sourire, Frédéric Borloz, également président des vignerons suisses, a fait part de sa grande satisfaction: «Organiser une compétition d’une telle ampleur ouvre une multitude de portes et offre une visibilité inestimable à travers le globe. Aigle est très fière d’accueillir le Concours mondial de Bruxelles et de partager la passion du vin avec des professionnels du monde entier. C’est une grande émotion.» Émotion partagée par l’ambassadeur de Suisse en Chine, Jean-Jacques de Dardel.

Fondateur du CMB et président d’honneur de l’institution, Louis Havaux s’est félicité que la Suisse se soit portée candidate. «Pour moi, c’était une évidence. Il fallait encore que des gens aient l’envie et la force de le faire. La Suisse est un paradis, également reconnue pour la qualité de son accueil et de son organisation. Les dégustateurs vont faire un beau voyage.» La décision a été acclamée par les plus de 330 dégustateurs présents dans la salle. Hourras et applaudissements nourris ont salué la prestation du fameux groupe Écho des Vanils, qui avait dépêché dans la capitale chinoise cinq de ses illustres joueurs de cor des Alpes. Soit un avant-goût de la tradition suisse que découvriront les quelque 400 participants qui vont converger du monde entier vers le chef-lieu du district, également capitale mondiale du cyclisme.

«Après Pékin, le Concours mondial de Bruxelles revient à ses origines européennes en choisissant la Suisse, où la vigne y est cultivée depuis l’Empire romain. Le pays est le 5e consommateur de vin par habitant au monde», a rappelé dans la foulée Baudouin Havaux, président de l’événement qui célébrait son quart de siècle cette dernière semaine. À noter que les vins suisses figurent dans la liste des dix premiers médaillés au CMB.

Pékin avant Aigle

L’idée de faire venir le CMB à Aigle a germé entre le syndic d’Aigle et Daniel Dufaux, directeur de Badoux Vins, à Aigle, et président des œnologues suisses, il y a deux ans, alors qu’une ville vaudoise lorgnait l’événement. Aigle aurait pu décrocher le mondial en 2018 déjà mais les organisateurs belges ont souhaité d’abord délocaliser l’événement en Asie pour la première fois de son histoire commencée il y a 25 ans. Le concours s’est aussi déroulé dans un passé récent en France, en Espagne, au Portugal ou encore en Bulgarie.

«Le Concours mondial de Bruxelles est l’occasion de faire découvrir, d’échanger et de partager le travail des vignerons du monde entier. Il est un trait d’union entre consommateurs et producteurs et contribue à mieux faire connaître la viticulture. Il va nous permettre de mettre en valeur notre petit pays et notre petite production, mais grande par la qualité de ses vins», a poursuivi Frédéric Borloz.

L’édition 2019 du CMB sera une grande première pour la Suisse et pour Aigle, quelques semaines avant la très attendue Fête des Vignerons à Vevey. Dégustateurs, organisateurs et journalistes seront logés à Aigle et à Leysin, soit environ 1200 nuitées pour les hôtels des deux communes. Lac, vignes et montagnes seront arpentés par les participants auxquels le comité d’organisation aiglon dédiera diverses surprises. Surtout, les visiteurs venus du monde entier pourront se familiariser davantage avec les crus vaudois, pas moins de huit appellations d’origine contrôlée. Le canton produit un quart des vins suisses, avec les trois cépages principaux: pinot noir, chasselas, gamay. À noter que plus de 1800 vignerons élaborent du vin en Suisse, pour plus de 240 variétés. Le Valais sera aussi visité.

Active délégation vaudoise

Était présente à Pékin une délégation vaudoise emmenée par le vice-syndic d’Aigle, Grégory Devaud, et Pierre-Alain Morard. Le président de Swiss Wine Promotion et directeur de l’Union fribourgeoise du tourisme sera l’une des chevilles ouvrières de l’édition aiglonne, «qui rejaillira sur toute la région et bien au-delà». L’organe de promotion des vins suisses travaillera pour l’occasion activement avec Suisse Tourisme. Information donnée à Pékin par Batiste Pilet, responsable de l’antenne de Pékin de la faîtière touristique. Elle gérera l’organisation des visites et tours prévus à l’intention des journalistes étrangers et suisses. «Nous allons aussi profiter de l’événement aiglon pour faire de la communication auprès des amateurs chinois de vins. Ils sont de plus en plus nombreux et c’est une belle opportunité marketing pour Suisse Tourisme. Les vins suisses ne s’exportent qu’à hauteur de 1%. Nous dirons aux Chinois: «Allez à Aigle l’an prochain pour les découvrir», plaide le Palinzard.

L’organisation chablaisienne sera un défi de taille. Aussi, aucun détail ne sera mis de côté. La fête pékinoise est finie, l’organisation de l’aiglonne peut commencer. «C’est un défi important. Nous avons un an pour le relever. C’est long et court à la fois», a conclu Frédéric Borloz. (24 heures)

Créé: 13.05.2018, 08h24

Quand les vaudois dégustent

Dans l'immense condominium Beijing Nirvana, dont l'accès nécessitait plus que patte blanche, les dégustateurs du monde entier étaient légion en ce mitan de mai. Avec plus de 9'000 bouteilles chemisées et goutées à l'aveugle, il ne fallait pas moins de 330 testeurs. Parmi eux et elles, beaucoup de femmes croisées dans les travées, quelques Suisses. Majoritairement Vaudois. C'est le cas d'Yves Paquier alerte retraité qui a fait le voyage de Saint-Prex. Cet ancien formateur à l'Ecole de Changins, actif dans l'oenotourisme, lui-même coorganisateur de concours, n'en est pas à son coup d'essai. Voici 20 ans qu'il lève le coude à celui de Bruxelles. Les crus du monde entier, il les a dégustés dans 18 pays, du Québec à la Chine en passant par la Roumanie. A la maison en 2019. "A chaque fois, c'est une émotion de regarder, sentir, goûter. Et de ressurgir des madeleines de Proust." Yves Paquier a trempé ses lèvres dans 150 verres à pied en trois jours. "Il ne faut avoir aucun a priori et demeurer humble face au produit. Et puis on boit un vin par plaisir. Un plaisir que l'on veut faire partager"
La modestie face aux vins proposés, Alexandre Truffer en fait aussi son credo. Rédacteur en chef adjoint à Lausanne de la rubrique très spécialisée Vinum, ce quadragénaire bon teint déguste depuis 2005, plus de 3000 vins par an, et pour la quatrième fois au Concours Mondial de Bruxelles. "Pour moi, l'idée est de donner sans préjugés des indications à l'acheteur. C'est le but des médailles que nous décernons pour les guider dans leurs choix. La tâche et toujours plus ardue, puisque l'on trouve d'excellents vins partout dans le monde, ce qui était loin d'être le cas il y a 20 ans."
Dans la délégation des dégustateurs vaudois, figurait aussi le journaliste grande plume du vin Pierre Thomas, l'ancien directeur de l'Office des vins vaudois Nicolas Joss, le patron de Badoux vins et président des oenologues suisses Daniel Dufaux, et le président de la Fédérartion suisse des vignerons et syndic d'Aigle Frédéric Borloz.

Des chiffres taniques

9'180 vins, un record pour le Concours Mondial de Bruxelles qui fêtait cette année son quart de siècle, auront été étalonnés en trois jours à Pékin par plus de 330 dégustateurs. Les vins provenaient de 48 pays. La Chine a fait un bond fracassant en termes d'inscriptions de producteurs, se classant pour la première fois au 5e rang. Les crus de l'Empire du Milieu ne sont précédés que par les ténors du domaine, dans l'ordre la France, l'Espagne, l'Italie et le Portugal. Pointent ensuite dans le top ten le Chili, la Suisse, la Grèce, le Mexique et l'Afrique du Sud. A noter que les vins biologiques sont en progression dans le concours bruxellois: plus de 60% d'augmentation, près de 12% des vins testés durant ce millésime 2018.
En 2019, le prestigieux concours, impressionnant par sa taille, se déplacera donc pour la première fois en Suisse. De surcroît en terre vaudoise. Une aubaine avec de nombreuses retombées, pas seulement en termes de nuitées, calculées à hauteur de 1'200 par Pierre-Alain Morard, un des organisteurs. Le comité fera néanmoins face à un défi de taille: réunir 400'000 francs, sachant que le comité bruxellois déboursera la même somme. Diverses entités publiques et privées sont déjà sollicitées.

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