Au Gymnase de Burier, 20'000 jeunes se sont ouverts au monde

AnniversaireEn quatre décennies, l’école a passé de 300 à 1600 élèves. Tous y sont conviés samedi. Afin de renouer avec un tournant de leur vie.

Ce week-end le Gymnase de Burier, ici en 2007, soufflera ses 40 bougies.

Ce week-end le Gymnase de Burier, ici en 2007, soufflera ses 40 bougies. Image: Laurent Cochet/DR

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En ce lieu célébré par Jean-Jacques Rousseau dans son roman Julie ou la Nouvelle Héloïse , vingt mille élèves ont sans doute connu leurs premiers émois libertaires. Le Gymnase de Burier (La Tour-de-Peilz) les convie tous à revenir s’en souvenir, samedi, à l’occasion de son 40e anniversaire. Mais les anciens étudiants n’y retrouveront plus leur «école dans la prairie» d’antan: entre 1977 et 2017, les effectifs de l’établissement ont passé de 329 à 1601 jeunes et de 28 à 170 maîtres. Raison pour laquelle un second bâtiment gymnasial, jumeau du premier (Burier 2) doit être construit sur le site pour la rentrée d’août 2019. Il abritera 25 nouvelles classes qui s’ajouteront aux 70 existantes.

En juin, le Conseil d’Etat a octroyé un premier crédit d’études de 400'000 francs pour financer l’appel d’offres et l’autorisation de construction. «Il s’agit de permettre à un plus grand nombre d’étudiants de la région d’effectuer leurs études ici, plutôt qu’à Lausanne, comme c’est le cas aujourd’hui pour certains d’entre eux, explique Agnès-Valérie Bessis, directrice. Avec l’essor du canton, les extensions réalisées précédemment ne suffisent plus. En outre, il y a quarante ans, on n’avait sans doute pas prévu que la proportion des élèves se lançant dans des études gymnasiales augmenterait aussi fortement.»

Ces aspects logistiques n’occulteront pas ce qui a constitué au fil du temps l’essence même du gymnase, avant tout un lieu de transmission de savoir et de valeur, mais aussi d’émancipation. «Burier a été pour moi une véritable école de la vie, avec des enseignants bienveillants, désireux d’élargir nos horizons, se souvient Stéphane Montangero, actuel président du Parti socialiste vaudois, alors étudiant en section latin-grec. Je m’y suis rendu compte de la diversité de la société, avec des gens qui restent en rade. Mon combat d’alors contre la hausse des prix de la cafétéria m’a amené plus tard à me battre pour l’égalité des chances.»

Pour Sabine Carruzzo, secrétaire générale de la Confrérie des Vignerons de Vevey, la période gymnasiale a été synonyme «d’ouverture au monde»: «J’étais à l’Ecole de commerce, ce qui m’a donné le goût de… l’histoire. Et j’ai poursuivi mes études à l’Université, alors que je ne l’envisageais pas initialement.»

«Nous étions des privilégiés dans ce cadre campagnard magnifique»

Philippe Leuba y a obtenu une maturité commerciale, avant de se diriger vers des études de droit à l’Université. «Moi, j’y ai trouvé une forme de liberté, relève le conseiller d’Etat. J’ai vécu cette période gymnasiale comme une entrée dans le monde, une étape importante après la scolarité obligatoire. J’y ai apprécié la qualité de l’enseignement, ainsi que les infrastructures fantastiques, notamment pour le sport. Tous les vendredis, j’étais sur le terrain. C’est là que j’ai connu la personne qui m’a mené vers l’arbitrage en football. Nous étions des privilégiés dans ce cadre campagnard magnifique.»

L’établissement de Burier avait vu le jour pour englober le Gymnase de Vevey – alors situé principalement aux Galeries du Rivage – l’Ecole normale de Montreux, ainsi qu’une Ecole de commerce. Sa création, avec celle du CESSNOV à Yverdon, s’inscrivait dans la politique de décentralisation de l’enseignement postobligatoire amorcée par le Canton dans les années 1960, qui a mis fin au monopole lausannois.

Depuis lors, le Gymnase a bien évolué. Le programme de la maturité fédérale a été transformé. L’Ecole normale et les classes d’application ont disparu, après la mise sur pied de la Haute Ecole pédagogique (HEP), à Lausanne. Un bâtiment supplémentaire – l’Enogone – a pris la place du pavillon de l’Ecole normale. L’acronyme CESSEV (pour Centre d’enseignement secondaire supérieur de l’Est vaudois) a été abandonné au profit de la dénomination actuelle. Et, au Conseil de direction, la parité hommes-femmes s’est concrétisée il y a quatre ans.

La sonnerie qui déchirait les oreilles des premiers occupants à l’heure de reprendre les cours s’est aussi volatilisée définitivement. Après avoir été volée par un étudiant voulant rétablir le silence, cette cloche d’alarme s’est éteinte d’elle-même, vibreur grillé. A sa place figure désormais une sonnerie dont la mélodie a été composée par Michel Hostettler, premier directeur du Chœur du Gymnase et compositeur de la musique de la Fête des Vignerons de Vevey 1999. De nombreuses autres anecdotes figurent dans le nouveau magazine annuel GyBurier, lancé cette année dans le cadre du 40e anniversaire sous l’impulsion du maître de français et désormais également rédacteur en chef, Leo Bolliger.

Et les élèves, ont-ils changé? «Ils sont peut-être devenus plus sensibles aux personnes en difficulté, qu’ils tentent de soutenir par des actions ponctuelles, estime Agnès-Valérie Bessis. Leur engagement en faveur de l’environnement s’est aussi renforcé. Cependant, avec les nouvelles technologies, ils ont désormais un autre rapport au monde.» Les étudiants célèbrent, eux, les 40 ans du gymnase ce vendredi. Et surtout en soirée, lors d’un bal qui restera, à coup sûr, gravé dans les mémoires. (24 heures)

Créé: 27.10.2017, 06h44

Un anniversaire sur un mode rassembleur

Le Gymnase de Burier souhaite fêter son 40e anniversaire sur un mode rassembleur lors d’une journée ouverte au public et intitulée «Burier - hier, aujourd’hui et demain». Près de 2000 personnes sont attendues, en présence de Cesla Amarelle, cheffe du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture.

De nombreuses animations sont proposées: exposition historique, animations musicales, improvisation théâtrale, atelier d’écriture, présentation du fonds d’œuvres artistiques, des travaux de maturité et des travaux personnels.

Une visite des bâtiments et du potager en permaculture figure aussi au programme. «Nous avons à la fois voulu évoquer le passé du gymnase – en tant qu’établissement et communauté scolaires – au travers de plusieurs rétrospectives, et son avenir, en nous intéressant à notre propre transition écologique et énergétique, entre autres. Cela tout en restant festif grâce à nos productions artistiques», précise Nicola Lucifora, doyen et responsable des festivités. Des stands culinaires sont également prévus.




La Tour-de-Peilz, Gymnase de Burier, route de Chailly 170
Samedi 28 octobre (10h-18h)
11h30: cérémonie officielle et ouverture des stands
www.gymnasedeburier.ch

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