Au nord de Vevey, petit à petit, le Nest fait son nid

AttractionLe complexe marquant les 150 ans de Nestlé sera inauguré le 2 juin. Visite en primeur d’un chantier ambitieux et secret.

Une image de synthèse de la Piazza, foyer d’accueil du Nest (nid en allemand). Le centre accueillera entre 200'000 et 250'000 visiteurs annuels dans le quartier des Bosquets, là où Henri Nestlé inventa sa farine lactée, en 1866.

Une image de synthèse de la Piazza, foyer d’accueil du Nest (nid en allemand). Le centre accueillera entre 200'000 et 250'000 visiteurs annuels dans le quartier des Bosquets, là où Henri Nestlé inventa sa farine lactée, en 1866. Image: TINKER IMAGINEERS/DR

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On sait déjà que ce centre s’appellera le Nest (nid en allemand), allusion au célébrissime logo de Nestlé. On sait aussi qu’il sera inauguré le 2 juin prochain derrière la gare CFF de Vevey, là même où, en 1866, Henri Nestlé, pharmacien né à Francfort, inventa sa fameuse farine lactée. On sait toujours que la réhabilitation de ce site historique coûtera quelque 50 millions de francs et que la visite conjuguera approche réflexive et activités ludiques. On sait enfin que son ouverture marquera les 150 ans de la firme veveysanne, qui espère y attirer à terme entre 200'000 et 250'000 visiteurs par an.

Mais on ignore encore, en revanche, les contours exacts de son attraction phare, Visions, qui évoquera la vision de Nestlé sur l’avenir de la nutrition et qui prend forme, ces jours, sous la houlette d’ouvriers spécialisés du pays. La compagnie cultive le mystère à ce sujet et l’architecte David Linford, en charge de l’aménagement du Nest, n’est guère plus disert: «Ce sera totalement inédit et unique», assure le Lausannois avec un immense sourire.

Déjà sous toit

Deux mois et demi avant l’inau­guration, le chantier, dont les 6626 m2 sont investis par 120 ouvriers, est en pleine effervescence. La toiture, à moitié vitrée et en forme d’origami, a été posée à la fin du mois de février. Elle repose sur six piliers seulement, qui, surprise, laissent déjà apparaître quelques traces de rouille. «C’est un choix délibéré. Un dialogue est en train de naître entre la nouvelle structure et l’ancienne, dont nous voulons absolument conserver l’essence», image David Linford.

Trois bâtiments historiques, qui ont fait office de dépôts pendant des décennies, sont ainsi en train d’être ressuscités: la Fabrique, la Boulangerie et la Villa. Le premier est parsemé de poutres séculaires, le deuxième a conservé sa charpente métallique et le troisième ses fenêtres pittoresques. Clin d’œil à l’Histoire, toujours, Nestlé a retrouvé le wagon qui, à l’époque, charriait les boilles de lait depuis Bercher. Il a été restauré et prendra ses quartiers devant le complexe à la fin du mois de mai.

«Un dialogue est en train de naître entre la nouvelle structure et l’ancienne»

Cap sur la Fabrique, où l’espace dédié à l’histoire des lieux est parsemé de maquettes mobiles et de photos d’époque, projetées sur des diapositives. Le laboratoire d’Henri Nestlé a également été reconstitué. Au sol, un magnifique carrelage bleu et blanc. «Il vient de la gare de Montreux, date du début du XXe siècle et était destiné à la décharge. Je l’ai récupéré et conservé dans mon garage avant de me dire qu’il serait tout à fait indiqué ici», glisse David Linford. Plus haut, on pousse la porte d’une salle immaculée; en son centre, une immense table ronde. Bienvenue dans le «forum», où une douzaine de personnes pourront découvrir de concert et de façon inter­active les défis actuels liés à l’alimentation mondiale.

Délais de réalisation serrés

L’architecte ajoute que le calendrier du chantier sera tenu et que tout sera prêt pour l’inauguration, début juin. Mais les délais sont particulièrement serrés en raison de la canicule de l’été dernier. «Ces températures nous ont empêchés de terminer les soudures de la structure porteuse, car l’acier se dilatait. Or nous ne pouvons pas nous permettre la moindre approximation, la pose de la toiture et des façades s’est faite au millimètre près. Nous n’avions pas prévu ce paramètre exceptionnel pour la Suisse, mais, grâce à une planification renforcée, nous avons pu retrouver le planning de départ pour ouvrir dans les temps.»

Niche secrète découverte

Si, en creusant le site, les ouvriers n’ont pas découvert de boîte contenant la farine lactée de 1866, ils ont mis au jour un réseau de galeries souterraines, des plaques scellées dans les murs par les maçons d’antan et même une niche secrète contenant une fontaine à eau dans un mur du bureau d’Henri Nestlé. «Nous avons décidé de la conserver», précise David Linford, qui salue la patience dont font preuve les voisins du complexe depuis le début des travaux. La route d’accès est en effet particulièrement exiguë et les camions n’ont que très peu de place pour manœuvrer. «J’ai construit l’usine Nespresso à Avenches et pensais que c’était un chantier compliqué. Mais là, c’est encore un autre défi», sourit l’architecte. (24 heures)

Créé: 17.03.2016, 07h46

Inventeur, entrepreneur et mécène

La nouvelle a commencé par faire beaucoup de bruit sur la Riviera. Puis elle a très vite franchi les frontières et assuré la prospérité d’Henri Nestlé. En automne 1867, ce pharma­­cien d’origine allemande sauve d’une mort certaine un enfant prématuré qui ne supportait pas le lait maternel grâce à la farine lactée qu’il venait de mettre au point. «Après cet épisode, Henri Nestlé a très vite compris le potentiel de son produit. De petit entrepreneur local, il est devenu entrepreneur mondial», raconte Albert Pfiffner, historien et responsable des archives de la firme. Huit ans plus tard, alors que sa farine est commercialisée dans le monde entier, l’inventeur, âgé de 61 ans, vend déjà son entreprise. Coût de la transaction: 1 million de francs… et une calèche. «Il s’agissait d’un souhait de sa femme», précise Albert Pfiffner.

Henri Nestlé achète une villa à Glion tandis que, derrière la gare CFF de Vevey, le site historique des Bosquets continue à grandir. C’est dans ce mê­me quartier que sont aussi inventés le chocolat au lait (1875) et le Nescafé (1938).

Soucieux de s’intégrer en Suisse, celui qui était né Heinrich Nestle avait francisé son nom peu après son arrivée dans notre pays. Et c’est lui aussi qui a eu l’idée du fameux logo de la compagnie (Nestlé veut dire «petit nid» en allemand). Généreux avec les pouvoirs publics, il a financé une grande partie du Marché couvert de Montreux. Et c’est dans cette ville qu’il est enterré, reposant à Territet, au côté de son épouse.

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