Club Med quitte Villars, le Palace va devoir s’inventer un avenir

TourismeLe géant du tourisme met fin à une relation de cinq décennies. Si la Commune et le propriétaire refusent l’alarmisme, on s’inquiète dans la station.

Club Med estime que le Villars Palace ne correspond plus à ses standards.

Club Med estime que le Villars Palace ne correspond plus à ses standards. Image: Chantal Dervey

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Après cinquante ans d’exploitation – une de ses plus longues histoires d’amour dans le monde – le Club Med va, ces prochains jours, quitter définitivement Villars et son Palace. «Malgré cet attachement, nous partons car l’hôtel ne répond plus aux standards Club Med ainsi qu’aux attentes des clients de la marque. Des travaux de rénovation ont été réalisés pour l’embellir l’hôtel et enrichir ses prestations. Cependant, divers éléments font que l’activité ne peut plus être assurée», pointe le service de presse de l’entreprise.

Fondé en France en 1957, présent à Villars depuis 1968, Club Med commercialise principalement des séjours dans des villages de vacances, et ce dans le monde entier. Depuis 2015, ce paquebot appartient à un conglomérat chinois. Pour expliquer son départ, la société met en avant principalement des coûts d’exploitation trop élevés et l’impossibilité de les répercuter sur les prix de vente des séjours, ces derniers ne permettant plus une rentabilité satisfaisante. L’érosion de l’intérêt pour le ski en Suisse depuis dix ans est aussi avancée.

«Le départ du Club, vitrine mondiale, est une grande perte pour Villars en termes de publicité, de visibilité et de fréquentation de la station», estime Dominique Dietrich, président des hôteliers villardous.

Le Villars Palace, classé quatre étoiles, compte 215 chambres et pas moins de 550 lits. Ce qui représente le tiers de la capacité hôtelière de la station et pas moins de la moitié de ses nuitées. Le bail avec la société propriétaire, Nouvelle Société Villars Palace SA, s’achève mi-2019. D’ici là, Club Med va sous louer le palace à une société italienne comme il l’a déjà fait tout l’été 2017. «Elle va placer des touristes cet été, c’est signé, et peut-être l’hiver prochain, c’est une option», dit une source. Ni le propriétaire, ni Club Med n’ont confirmé cette information.

Sérénité affichée

Après, ce sera la bouteille à l’encre. «Nous avons un an et demi devant nous pour trouver une solution. Tout départ annonce une nouvelle naissance, prophétise Patrick Turrian, syndic d’Ollon. Nous travaillons en étroite collaboration avec le propriétaire, c’est très positif. Je suis optimiste. Avec la vente de trois hôtels dernièrement, notre commune peut envisager l’avenir avec sérénité.»

La location à une entreprise hôtelière, une autre affectation, la vente à un tiers? Nouvelle Société Villars Palace SA ne ferme aucune porte. «Tout est en effet envisageable, déclare Jacques Jeanbart, administrateur de la société. Nous travaillons en bonne entente avec la Commune. On a toujours bon espoir d’aboutir quand on investit. C’est un site exceptionnel à fort potentiel. L’hôtel trône sur une grande parcelle de 75 000 m2 où se trouve également un immeuble pour loger le personnel et encore un restaurant d’altitude, avec un projet de Plan partiel d’affectation en cours.» La société appartient à Hôtels International Genève SA, qui détient aussi l’établissement éponyme dans la Cité de Calvin, ainsi que les Crown Plaza de Genève et de Zurich.

Le PPA évoqué, frappé d’oppositions à l’issue de l’enquête publique l’an dernier, doit augmenter à terme à 800 le nombre de lits. La Commune a préféré ne pas le présenter au Conseil communal pour l’heure car le futur exploitant n’est pas connu.

Des inquiétudes

Le départ du Club Med fait tout de même naître beaucoup d’inquiétudes dans la station. «On le sentait venir depuis longtemps, il n’en reste pas moins que c’est un gros coup dur, relève Michel Dätwyler, qui gère un magasin de sport. Les touristes du Club Med représentaient une clientèle très fidèle pour tous les commerçants et une manne pour les remontées mécaniques.»

Également président de l’École suisse de ski, il regrette le départ d’un énorme client. «Trente à trente-cinq moniteurs sur les 180 que nous employons au plus fort de la saison travaillent exclusivement pour le Club Med. Sans cette clientèle, on pourrait enregistrer une perte annuelle de chiffre d’affaires entre 800 000 et 900 000 francs. Je suis très inquiet, y compris pour l’avenir de l’hôtel.»

La Commune d’Ollon sera aussi touchée au portefeuille via la taxe de séjour, dont la moitié est payée par les résidents secondaires. «Concernant l’autre source, soit les nuitées hôtelières, le Club Med y contribue à hauteur de 20% l’hiver, 10% l’été», précise le municipal Jean-Christophe Lack. «Pour tous ces éléments, notamment l’impact direct sur le tourisme, les finances, voire l’emploi, il est vital que l’on retrouve rapidement un repreneur pour exploiter le Villars Palace», conclut Sergei Aschwanden, directeur de la station et de l’Association touristique de la Porte des Alpes. (24 heures)

Créé: 09.03.2018, 06h52

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