Des élèves se glissent dans le costume de journalistes

JOJ Lausanne 2020Neuf classes des écoles des Ormonts et Leysin couvrent les Jeux à la manière de médias pros. Reportage en forme de mise en abyme.

Les élèves secondaires de l’Établissement des Ormonts-Leysin (ESOL) assurent la couverture des Jeux olympiques de la jeunesse.

Les élèves secondaires de l’Établissement des Ormonts-Leysin (ESOL) assurent la couverture des Jeux olympiques de la jeunesse. Image: CHANTAL DERVEY

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Au pied du half-pipe de Leysin, les interviews s’enchaînent. La bénévole en charge du point info évoque son travail. Le shaper du snowpark olympique raconte comment il a façonné le site. La coach de l’équipe féminine suisse de snowboard, Isabel Jud, résume le programme d’entraînement de ses athlètes. Derrière le micro et la caméra, les élèves secondaires de l’Établissement des Ormonts-Leysin (ESOL) assurent la couverture des Jeux olympiques de la jeunesse. «On essaie d’interviewer des personnes variées: des bénévoles, des touristes, la police, des parents de sportifs, énumère Louise Grandjean-Prian. Mais parler aux athlètes est parfois un peu plus difficile: ils sont dans leur bulle durant les compétitions.»

Quelque 150 élèves (l’ensemble des classes de la 9e à la 11e année) participent au projet, en partenariat avec le programme pédagogique cantonal RadioBus. Une rédaction multimédia a été installée pour la durée des Jeux au centre sportif de Leysin. Équipes radio et télé côtoient les journalistes de presse écrite et les responsables de réseaux sociaux.

Micro rendu inutilisable

Les équipes de terrain bouclent les derniers reportages du jour. Après cinq jours sur les pistes, les élèves semblent dans leur élément. «Ça a été stressant la première semaine, témoigne Alice Chablaix. Ce n’était pas facile de passer devant la caméra. Mais après quelques jours, on s’habitue et on apprend beaucoup.» Et Louise Grandjean-Prian d’ajouter: «On choisit souvent les personnes que nous interviewons en fonction de leur disponibilité. Du coup, on doit parfois improviser des questions. C’est plus stressant.»

Chaque jour, les jeunes journalistes présentent un journal télévisé.

Les jeunes apprennent aussi à composer avec les impératifs techniques: un micro rendu inutilisable par le froid, par exemple. Alors qu’elles bouclent l’interview de Benjamin Ravanel, Robine Deseyn et Emmie Tschäppät se rendent compte que la voix du shaper est noyée dans le bruit ambiant. L'équipe remet l’ouvrage sur le métier.

Dans le stress du bouclage

En début d’après-midi, la rédaction prend des allures de fourmilière. Un groupe d’élèves prépare les pages du journal papier. Un autre édite les sons expédiés par les reporters radio. L’interview d’un skieur russe n’est pas rentrée, il faut trouver un sujet de remplacement; le micro-trottoir réalisé au village arrive à point nommé. Un peu plus loin, d’autres cogitent sur les questions qui seront posées lors du direct radio de 15h30. Il faut encore choisir une photo pour garnir la une du journal, relire les textes, finaliser le sommaire du téléjournal tourné dans le studio installé à côté de la rédaction…

«L'idée était de donner la possibilité de véritablement s’impliquer dans ces JOJ avec un projet pédagogique. C’est aussi un moyen de décloisonner les classes: ici, on ne parle pas de voies et de niveaux», explique Damien Girod, enseignant à l’ESOL. «Je ne sais pas encore si j’en ferai mon métier. Pourquoi pas. C’est en tout cas une expérience de plus», réagit Emmie Tschäppät.

En régie, les élèves veillent à la bonne marche du tournage, sous la conduite des enseignants.

Questionner l’information

Le programme a aussi permis de faire de belles rencontres: «Interviewer le champion de ski freestyle du jour (ndlr: le Canadien Andrew Longino) reste mon meilleur souvenir», confie Naomi Hansen. «Mardi, un cameraman canadien a proposé de faire un reportage sur notre travail, raconte sa sœur Ella. On a découvert en fin de journée seulement qu’il était très connu et a filmé la série TV «Glee», dont je suis fan. C’était assez incroyable.»

Les apprentis journalistes se sont heurtés aux mêmes difficultés que les pros, et notamment à la protection jalouse, par le Comité international olympique, de son image («24 heures» du 15 janvier). «Des petits tracas formateurs, estime Daniel Nikles, doyen au sein de l’ESOL. Le but de cette opération est aussi de sensibiliser et d’éduquer les élèves aux médias: ne pas se contenter d’une information brute glanée sur Facebook, mais essayer de creuser.» Leur travail est visible sur le site eps-lesormonts-leysin.ch.

Créé: 21.01.2020, 19h50

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